Méthode Suzuki (première partie)

Une méthode qui apprend aux enfants de 3 ans à jouer d’un instrument?

 

 

J’étais sceptique, je ne vais vous dire que non.

 

 

Car, je me disais, pfff, encore une méthode pour faire des enfants “génies” en dépit de leur rythme, psyché, etc…?

 

J’avais tellement, mais tellement d’à priori…

 

Que quand je me suis résolue à connaître un peu plus sur la méthode Suzuki, j’y mettais plein d’obstacles. J’avais toujours quelque chose de mieux à faire que de lire le bouquin…

 

Si bien je suis pour que la musique soit dans le quotidien des enfants dès leur plus jeune âge, si possible dès qu’ils sont dans le ventre de maman, de là à leur apprendre un instrument… avec la motricité que cela implique, la discipline, et j’en passe.

 

 

Non, je n’y croyais pas du tout à une méthode pareille…

 

 

Et bien… je me suis complètement trompée…

 

 

Pour commencer, voici un élève de cette pédagogie, un de meilleurs violonistes actuels: Joshua Bel

Développer le talent dès la naissance

 

 

Ainsi s’appelle le livre que je vais vous résumer ici.

 

Son auteur: Shinichi Suzuki, violoniste Japonais, fondateur de la Talent Education et inventeur de la méthode Suzuki.

 

 

Et je vous préviens: ce livre est bien plus que l’explication de comment développer le talent artistique d’un petit. Cet ouvrage est un acte d’amour envers tous les enfants, tous les parents, et le monde entier.

 

Ce texte m’a bouleversé et m’a donné envie d’appliquer tout de suite les conseils de ce sage monsieur.

 

J’ai hâte de savoir comment allez-vous réagir. Car il n’est pas forcément simple à “entendre”, si on peut parler d'”entendre” un livre…

 

 

Vous êtes prêt?

 

 

Voici le résumé du livre “Développer le talent dès la naissance” de Shinichi Suzuki.

 

 

Méthode Suzuki: le talent n’est pas inné

 

Suzuki dit qu’on confond souvent le résultat d’une éducation avec le talent inné. Il dit qu’on ne peut pas dire d’un nouveau né qu’il a un talent inné, et un enfant de 5 ans a déjà reçu une éducation.

Pour lui nous devrions faire une nouvelle réflexion par rapport à ça.

 

Il part de la base de que tous les enfants ont le talent d’apprendre une langue: les Japonais le japonais, les Américains l’anglais. Et pourtant, personne leur donne des leçons de cette langue maternelle. Ils l’apprennent naturellement.

C’est comme ça qu’il a eu l’idée de la “Mother tongue approach”

 

Pour lui c’est la meilleure méthode d’apprentissage. 

Un bébé démarre de zéro et vers 5 ans il s’est approprié de la langue, donc il pense que les enfants ont une excellente aptitude de recevoir une bonne éducation.

 

Une personne grandit de la façon dont elle a été élevée.

 

Donc il dit que d’abord un bébé va entendre un nombre incalculable de fois le mot “papa” avant de le prononcer. Et que c’est ainsi qu’il apprend à parler. D’abord il a l’aptitude de dire un mot, puis trois, puis une phrase.

Et c’est ainsi qu’une aptitude emmène à une autre.

 

Il dit que l’enseignement jusque là consiste en apprendre un morceau par morceaux. Mais que l’apprentissage de la langue maternelle, elle se fait en apprenant une aptitude qui en emmène à une autre.

Alors si on emploie cette méthode, on aura des excellents résultats.

 

Cette méthode consiste en faire entendre de manière répété une gamme juste ou une musique joué par le meilleur musicien.

 

Il dit que les parents qui pensent que leur enfant n’a pas de talent ou qu’il est nul en quelque chose sont ignorants. 

Pour lui, dire que l’enfant n’a pas de talent, revient à dire qu’on n’a pas éduqué notre enfant à développer ses aptitudes.

 

Mozart n’est pas né talentueux

 

Si Mozart n’avait pas eu un père qui soit un très bon musicien, et il avait écouté un mauvais disque à la place, il ne serait pas aussi bon compositeur et musicien qu’il est devenu.

 

Du coup il insiste sur le fait de faire entendre dès la naissance des œuvres, sans se préoccuper de la complexité de la musique.

 

Choisir une œuvre de 5 minutes et la faire passer au bébé quand il pleure.

Il dit que ses essais ont démontré que bébé a une capacité de mémoriser l’œuvre dans les cinq mois. Si on fait le test de lui passer un nouveau morceau et après la pièce dont il a l’habitude d’écouter, avec le nouveau morceau il sera surpris, avec celui qu’il connait il sourit et il bouge en tempo.

 

Le nourrisson absorbe la voix et toutes les autres caractéristiques de la mère. Souvent on dit qu’une fille a la voix de sa mère, car elle l’imite.

Bébé absorbe tout son environnement. Chaque chose qui se passe à côté de lui va affecter son développement. Si on chante faux à côté de lui, il n’aura pas l’oreille musicale.

 

La musique c’est de l’air qui vibre. Un bébé a la capacité de ressentir la musique, si la musique environnante est belle il absorbera la musique belle, et le contraire est aussi vrai.

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Donc il faut faire attention à ce qu’on fait entendre à bébé…

 

L’enfant reflète ses parents

 

Un enfant a tout aussi la capacité de mémoriser un concerto que les disputes de ses parents. Si les parents haussent la voix à côté de lui, il gardera en mémoire l’événement pour se disputer plus tard avec son/sa conjoint.e.

 

Bébé s’adapte à son environnement, s’il naît au sein d’un couple heureux et généreux, l’enfant développera un visage attrayant. Si au contraire l’enfant né dans un environnement triste, il rira peu, son visage n’aura pas beaucoup d’expression. 

 

Suzuki dit que si on place nos enfants en rang, on verra notre histoire peinte dans le visage des enfants. 

 

Il donne également l’exemple de la prononciation de R roulé. Pour un Japonais adulte il est pratiquement impossible de reproduire ce son. Mais tous les enfants Allemands savent le faire. Cela est parce que tous les enfants ont des aptitudes à apprendre.

 

Quand on sait que les enfants ont une force extraordinaire de vie, il est presque inexcusable de ne pas l’utiliser pour en faire une merveilleuse éducation. 

 

C’est pour cela que la méthode d’obliger l’enfant à travailler son violon n’est pas efficace.

Qui peut avoir envie de faire du violon quand on nous gronde et on nous exige?

Pourtant l’enfant est obéissant, et il en fait quand même.

Mais il dit que le mieux est de développer l’enfant d’une manière heureuse.

 

Dans l’école qu’il a fondé, Talent Education, la mère fait écouter les chansons à jouer dans le futur de nombreuses fois.

Elle apprend à jouer une chanson, et la joue à côté de l’enfant.

Ensuite l’enfant exprime le désir d’en jouer aussi. La mère lui fait comprendre qu’il lui faudra travailler dur, et après consentement de l’enfant, un professeur pourra lui apprendre à en jouer à l’âge de 3 ans.

 

Il suggère d’organiser un concert toutes les semaines pour inciter l’enfant à travailler dur pour faire le concert face au papa. Et que même s’il joue faux, le papa doit le féliciter et l’inciter à jouer encore mieux la prochaine fois, pour que l’enfant reste motivé.

 

Comment développer le talent: méthode Suzuki

 

Tout d’abord Suzuki, partant de la base de que les enfants mémorisent de bonnes et de mauvaises choses, suggère aux parents de toujours viser à développer de bonnes choses.

Ceci doit être fait par la répétition, encore et encore, car en une seule fois ça ne marchera pas.

 

Il donne un exemple dans une classe de son Académie, où les enfants apprennent la lecture et les mathématiques par la répétition, en faisant l’éducation physique, et que cela donne un résultat de 100%.

Mais une petite fille avait de problèmes de concentration par rapport aux autres. Son aptitude à faire les problèmes augmentait depuis qu’elle était arrivée à l’école, mais sa concentration n’était pas suffisante.

Du coup Suzuki pense que l’aptitude est lié à la durée de concentration.

Il dit que même si on croit que c’est une caractéristique des enfants à ne pas avoir beaucoup de concentration, c’est juste qu’on n’a pas développé cette aptitude à se concentrer.

 

En retournant dans l’école quelques mois après, M Suzuki constata que la petite fille avait développé la même aptitude à se concentrer que les autres enfants et qu’elle avait, par la même occasion, les mêmes résultats.

 

Il constata également que ces enfants avaient la capacité de rester concentré pendant deux heures et demie (note personnelle: 😱) à faire des problèmes de mathématiques.

 

M. Suzuki explique qu’ils peuvent le faire car les problèmes sont intéressants, et tout ça parce que le directeur de l’école avait réussi à leur donner de la confiance en eux.

Les enfants s’amusaient énormément à répondre les problèmes, et ils étaient fiers de le faire car ils savaient les résoudre.

 

Un talent qui se développe sous la joie

 

Ces enfants n’avaient pas été choisis, ils étaient un mélange normal d’enfants. C’est juste que les enfants se développent mieux quand ils s’amusent.

 

Utiliser cette arme le plus possible et les féliciter de ce qu’ils sont arrivés à faire est ce qui est recommandé dans cette méthode. Si pendant les félicitation on demande à l’enfant: “peux-tu faire encore mieux?” L’enfant aura les yeux qui s’illuminent et voudra aller plus loin. (Note personnelle: je l’ai fait avec mes enfants pour voir, ça marche à condition qu’ils ne soient pas fatigués… et plus sur la durée… surtout quand on commence un peu tard, car ma fille a presque 6 ans)

 

Les tâches accomplies avec joie sont mieux assimilées, et de cette manière le talent est cultivé. Développer l’aptitude que l’enfant possède déjà va promouvoir le fait de faire les choses encore mieux. Énormément d’aptitudes peuvent être développées quand l’enfant et le parent s’amusent ensemble.

 

Un autre exemple donné était celui d’un enfant et sa mère qui avait du mal à qu’il apprenne à compter jusqu’à 10 en écrivant les chiffres.

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L’enfant confondait souvent le 4 avec le 7, et cela agaçait la maman.

 

Alors, M Suzuki a fait un dé avec les chiffres 4 et 7 uniquement. Il le jeta et dit à l’enfant “4!”. Et demande à l’enfant s’il peut dire les chiffres aussi vite que lui. Au début l’enfant ne dit rien, puis, il arrive à dire en même temps que M. Suzuki, ensuite M. Suzuki le laisse gagner de temps en temps, puis, l’enfant devient plus rapide que M. Suzuki.

 

Dix minutes plus tard, M. Suzuki demande à la mère de refaire l’exercice de compter jusqu’à 10 avec l’enfant. Celui-ci dit très bien tous les chiffres, même qu’il dit plus fort les chiffres 4 et 7, car il est certain de ne pas se tromper.

 

Ce qui est difficile est de joindre l’intérêt à l’enseignement. Si l’enfant se fait disputer à chaque fois qu’il commet l’erreur, l’aptitude ne se développera pas, et il perdra confiance en lui.

 

Se mettre à la place de l’enfant

 

Les adultes veulent apprendre à lire et écrire aux enfants. Ceux-ci veulent être câlinés et s’amuser. Si on associe les deux, les enfants vont apprendre très facilement.

 

Pour pouvoir éduquer un enfant il faut connaître et ressentir ce qu’il y a dans son cœur.

 

Voici les conditions dont M. Suzuki parle:

  1. Commencer dès que possible
  2. Créer le meilleur environnement possible
  3. Utiliser la meilleure méthode d’enseignement
  4. Fournir un entraînement soutenu
  5. Employer les meilleurs professeurs

Il dit que si l’enfant ne développe pas ses aptitudes c’est parce qu’il reçoit un mauvais enseignement (désolée à tous les parents… cette phrase est un joli coup de pied dans le cœur…). Ce sont les adultes, pas les enfants, qui sont à blâmer.

 

Nous pouvons toujours trouver l’aptitude que l’enfant a, même si c’est une aptitude à faire des bêtises. Utilisez cette aptitude pour en développer d’autres. Si on le gronde, il va vouloir s’améliorer dans le mauvais sens…

 

L’importance de la neutralité

 

Un enfant s’entraînait avec sa mère à jouer une variation de “Ah vous dirai-je maman” au violon.

Sa maman lui indiquait en lui disant le chiffre un et trois, quand il devait mettre ses doigts dans la corde. 

Du coup, quand l’enfant a joué devant le prof il a dit un et trois au moment où il devait placer ces doigts.

 

Le professeur lui a dit qu’il avait bien travaillé, et que maintenant devait jouer sans parler. Cela a pris deux semaines à enlever la mauvaise habitude. D’où l’importance à être le plus neutre possible. Car l’enfant absorbe tout…

 

La sensibilité

 

Celle-ci doit être prise en compte, surtout dans l’enseignement de la musique. 

M. Suzuki préfère faire écouter à l’enfant les meilleurs violonistes, pendant qu’il leur apprend la technique. Comme ça les enfants intégreront la sensibilité du meilleur musicien, et peut-être même qu’il l’a surpasseront.

 

Faire écouter le morceau que l’enfant est en train de travailler, joué par les meilleurs musiciens est très bénéfique. Le meilleur musicien devient ainsi le professeur de l’enfant. 

 

Les enfants qui ont été élevés de cette manière, dit Suzuki, sont maintenant (à l’époque de l’auteur) premiers violonistes dans différentes orchestres. Ex: Kenji Kobayashi, Toshiya Eto.

 

De la même manière doit réfléchir le parent quand il éduque son enfant. Est-ce qu’il est le meilleur musicien pour son enfant? Ceci extrapolé à tout ce qui concerne la vie quotidienne: les mots que l’on emploie, l’attitude, le ton, notre comportement.

 

Des enfants élevés dans l’amour

 

M. Suzuki trouve que l’humanité au XXème siècle continue à avoir le même problèmes de vouloir s’entretuer qu’aux début de l’humanité. Seules les armes ont évolué.

Alors pour y remédier pour le XXIème siècle, il dit qu’il faut élever les enfant dans l’amour. Des êtres attentionnés envers les autres, avec la joie de vivre et voulant travailler pour le bonheur des autres.

 

Pourtant les parents disputent souvent leurs enfants. Alors il recommande que pour éviter les plaintes envers les enfants on prie pour le bonheur et la santé de nos bambins. Cela prends 10 minutes, et après on regarde nos petits (ou grands) autrement (Note personnelle: cela marche aussi pour nos conjoint.es, amis ou autres).

 

Il faudrait réfléchir à l’environnement de l’enfant à chaque fois que celui-ci a quelque chose qui ne va pas. Et surtout le parent doit revoir sa manière d’agir. 

Si un père ouvre la porte avec son pied, le lendemain l’enfant ouvrira la porte avec son pied. Quand la maman le voit, elle dispute l’enfant. Mais celui-ci n’a fait qu’imiter son père.

A l’envers c’est également valable, bien sur.

 

Si les parents changent, les enfants aussi. (Oui, je vous l’accorde, plus facile à dire qu’à faire… m’enfin… cela ne reste moins vrai…)

 

Voici la première partie donc du résumé du livre de Shinichi Suzuki “Développer le talent dès la naissance”.

Bientôt je publierai également son podcast pour que vous puissiez l’écouter en même temps que vous faites autre chose (conduire, cuisiner, ménage..)

 

Pendant ce temps là, je vous souhaite du bonheur, de la sagesse et des rythmes bohèmes.

 

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