Comptines du monde pour enfants

Les comptines du monde pour enfants vous attirent? Vous ne savez pas comment les aborder avec vos enfants?

Dans cet interview Sandra Ellama vous dit tout sur les comptines du monde pour enfants et l’importance qu’elles peuvent avoir dans la vie de votre petit.

Vous pouvez écouter l’interview ci-dessus en cliquant sur play, ou vous pouvez voir la transcription ci-bas.

Bonjour je suis Eirene de Petit Doremi, bienvenue!

E: Bonjour Sandra comment ça va?

S: Bonjour Eirene ça va très bien, bonjour Eirene, et toi, j’espère que tu vas bien?

E: ça va, merci! Sandra Ellama tu es musicienne, tu joues de la flûte traversière. Tu es aussi auteur-compositeur. Est-ce que tu pourrais nous dire les projets que tu as?

S: J’ai en tant que flûtiste traversière j’ai un projet sur la musique réunionnaise. Le style c’est Gamaloya, qui s’appelle Solehya (le groupe). Le deuxième projet qui s’appelle Dez’akor davan qui est un style nawa et réunion.

Puis après j’ai d’autres petits projets comme musique classique et musiques actuelles, avec un quatuor des flûtes traversières, une fanfare de musique réunionnaise. Je joue aussi dans un cirque avec des Colombiens.

Après je suis flûtiste dans d’autres projets, comme la chanson française avec Solveig et musique brésilienne Riviera.

E: Tu es aussi prof de flûte traversière et d’éveil musical.

S: Oui, aussi d’atelier ado et de formation musical.

E: tu travailles où?

S: je travaille à l’EDIM, une école qui est à Cachan? J’ai aussi mon association pour tout ce qui est stage qui s’appelle Kiffer en musique.

E: tu fais des stages de musique du monde pour les petits?

S: Voilà, pour les 3-6 ans. Des stages de musique du monde à l’EDIM et dans les écoles primaires et maternelles.

E: pourquoi te semble important d’enseigner des chansons étrangères ? les comptines du monde?

S: c’est pour permettre aux enfants d’avoir une ouverture sur des styles qui n’entendent pas forcément à la radio ou chez eux. Pour les emmener dans un autre monde, parce que les enfants utilisent beaucoup l’imaginaire. Ils sont très créatifs, donc, pour les emmener dans un pays qui ne connaissent pas par le biais de la musique, le rythme et la langue.

E: est-ce que le fait d’apprendre des chansons étrangères ça donne une ouverture d’esprit en plus, selon toi?

S: oui. Parce qu’en plus d’apprendre la chanson, mon objectif c’est d’expliquer aux enfants d’expliquer comment les enfants vivent là bas. A quoi servent les chansons, qu’est ce qu’elles racontent. Quand je fais des chansons sur la Réunion, qui est mon nid d’origine, j’explique aux enfants pourquoi ils chantaient ça, dans quelle époque c’était chanté. Je trouve que c’est bien qu’ils voient d’autres modes de vie d’enfant, d’autres cultures. 

E: qu’est-ce que c’est la musique du monde? Pourquoi on l’appelle comme ça?

S: pourquoi on l’appelle musique du monde, bonne question. Toutes les musiques sont des musiques du monde, de toutes façons même la musique française c’est de la musique du monde. C’est la musique des différentes cultures, différentes origines, différentes ethnies, différents pays. 

E: est-ce que les petits sont réceptifs à cette musique là, même s’il ne comprennent pas la langue?

S: oui. Très réceptifs. Parce que justement l’enfant, surtout les 3-4 ans, et 5 ans, ils aiment inventer des mots. Ils aiment parler dans leur propre langue parfois. Si on les écoute bien ils aiment inventer des mots, pas parler français. C’est amusant pour eux. Ils sont très réceptifs surtout si on emmène ces chansons par le biais d’histoires qui concernent ces chansons, oui ils sont réceptifs. 

E: comment tu fais pour apprendre ces comptines du monde aux petits justement, quels astuces pourrais tu donner à de non musiciens?

S: Quelques astuces pour apprendre des chansons du monde c’est la danse d’abord. Danser sur ces chansons, faire écouter l’enfant les chansons. Voir leur réactions. Normalement tout ce qui est chanson du monde les enfants, pas tous mais en majorité, adorent danser.  Donc, je fais écouter les chansons, ils dansent dessus. Je raconte l’histoire en français de ce qu’elle raconte cette chanson. Ensuite lentement je chante la chanson. Afin qu’il puissent répéter après moi les mots. 

Des chansons très simples pour les enfants de trois ans. Il ne faut pas aussi que ce soit avec beaucoup de paroles. Des chansons simples qui parlent de l’amitié qui est du Mali. Ça s’appelle Amiyé. Ça fait: ami, ami, amiyé. Donc le fait déjà de dire “ami” c’est déjà français. Donc il faut simplement ramener le yé. C’est facile. Ce sont des astuces de prononciation, d’accentuation et surtout expliquer aux enfants  de quoi parle la chanson. Donc ça, la danse et le rythme.

L’astuce pour le rythme c’est utiliser des mots français. Par exemple quand j’enseigne la musique knawa, la musique Belbère, d’Algérie et Maroc. Quand on dit le rythme (écouter le podcast pour avoir le rythme) tac tacatac, tac tacatac que font les karcabout. Je dis aux enfants: “vous mangez des bonbons? ” “oui!” “vous connaissez les fraises Tagada?” “oui!” “Fraises tagada, fraises tagada”. Pour les 5-6 ans on dit ça, ou même pour les tout petits, on dit des mots qu’ils connaissent, qu’ils voient tous les jours, qu’ils mangent. Surtout les bonbon ça marche bien, très très bien. 

E: est-ce que les langues étrangères ne risquent pas de confondre les petits qui ne maîtrisent pas encore le français? JE pense notamment aux tous petits, ceux qui rentrent à l’ecole en petite section. 

S: Non parce que c’est quelque chose de ponctuel. Ce n’est pas une langue qu’ils vont entendre parler toute la journée chez eux. C’est un problème qu’on rencontre à la Réunion. Pour les enfants Réunionnais. Où chez nous, pas moi parce que mes parents parlent le Français, mais dans les familles purement Réunionnaises qui parlent la langue Réunionnaise, à la maison le Français ce n’est pas du tout la langue que les  parents maîtrisaient, ils parlent que Réunionnais, et à l’école c’est Français. Donc là oui ça crée un déséquilibre pour l’enfant. Mais là comme c’est des stages ponctuels ça ne va déranger ou changer quoi que ce soit, ni influencer, ni déséquilibrer l’enfant dans l’apprentissage de la langue Française. Ce ne sera pas une langue maternelle pour eux. 

Et aussi ça n’aura pas d’influence ni de déséquilibre,  parce que je pense que les enfants sont des éponges. On peut leur apprendre ce qu’on veut, ils vont enregistrer. Mais si ce n’est pas quelque chose de récurrent, ce n’est pas de tous les jours, ils vont même oublier. 

E: Est-ce que les rythmes sont trop difficiles?

S: Pour l’enfant rien n’est difficile si on aborde ça de manière ludique. Sous forme de jeux. Comme je l’ai dit tout à l’heure, apprendre un rythme qui est très complexe pour les adultes, il suffit de mettre un nom de bonbon dessus et les enfants vont avoir ce rythme. Comme les triolets, c’est très dur, il suffit de dire, pas les triolets, j’avais fait un rythme latin: la clave. J’ai dit aux enfants on pense à chocolat, gâteaux, chocolat, gâteaux. Parce que dans la chanson ça parlais de chocolat et des gâteaux. Donc par les biais des mots que les enfants connaissent, qui comprennent, on peut tout leur faire apprendre. Les enfants sont des éponges. 

E: est-ce que l’adulte doit savoir parler la langue pour apprendre à chanter la chanson avec le petit?

S: Non. Moi il y a plein de chansons que je chante que j’ai les traductions, mais je ne parle pas cette langue, je ne maîtrise pas cette langue. Il suffit de pouvoir le prononcer phonétiquement par une transcription phonétique est suffisante. Avoir le texte écris dans la langue. Il n’y a pas besoin d’apprendre cette langue puisque la musique knawa, la musique brésilienne, la musique réunionnaise, il faudrait avoir toutes ces cultures, toutes ces langues. Donc non, non, ce n’est pas obligé. 

E: est-ce que c’est bien de traduire ces chanson pour savoir ce qu’elle disent?

S: oui, c’est bien parce que ça permet de mettre la chanson dans leur contexte. Et puis bien sûr on choisit des chansons pour les enfants, donc ce sont des chansons qui soit racontent une histoire de conte, soit qu’il racontent une vie d’un enfant dans un pays. C’est important qu’ils connaissent. Pour les 3-5 ans, moi ce que je conseille c’est de le faire sous forme d’histoire. 6 ans on peut leur expliquer en disant cette chanson ça raconte cet histoire là, même eux il faut l’introduire sous forme d’histoire. Ça permet de faire une introduction à la chanson.

E: est-ce que c’est fondamentale de traduire les comptines du monde pour apprendre la chanson?

S: de traduire? fondamentale, non. Puisqu’on va utiliser surtout l’oralité, la chanson au niveau auditif, au niveau de l’audition. Pour pouvoir la chanter, pouvoir transmettre les émotions que la chanson donne. Ce n’est pas la traduction qui va à apporter ça. Ce qui est important dans cette traduction c’est de pouvoir faire l’histoire autour de cette chanson. Mais traduire pour apprendre la chanson, non. C’est vraiment pour voir le contexte de la chanson et voir ce qu’elle raconte. 

E: où est-ce qu’on peut te trouver Sandra? où peut-on te trouver en tant que prof et en tant que musicienne?

S: on peut me retrouver sur le site de Solehya. Sur YouTube vous pouvez voir des vidéos, des audios. Sur Facebook, Soundcloud.