Musicothérapie et émotions


Interview Violetta Donini

Bienvenue à un nouvel podcast sur la musicothérapie et les émotions.

Pour écouter le podcast clikez sur play. Pour le télécharger il suffit de faire clic droit et enregistrer.

En dessous la transcription de l’interview.

Bonjour, je suis Eirene de Petit Doremi, aujourd’hui je vais vous présenter ma première interview de la musicothérapeute Violetta Donini qui est également professeur de piano et d’éveil musical. En espérant que cela vous plaise!

E: Déjà je voulais savoir un petit peu ta présentation? Qui tu es? Qu’est- ce que tu fais?

V: Je m’appelle Violetta, je suis pianiste, professeur de musique et musicothérapeute. J’ai la double casquette éducative et thérapeutique.

E: ça fait longtemps que tu es professeur d’éveil musical?

V: Oui, une dixaine  d’années.

E: D’accord. Est- ce que depuis que tu fais les deux (musicothérapie et éveil musical) ça t’arrive de mélanger les deux?

V: Non, justement ça a clarifié dans ma tête les différences entre l’éducatif et le thérapeutique. Les objectifs éducatifs et thérapeutiques ne sont pas les mêmes. Donc, évidemment selon l’endroit où je suis et selon ce que je fais, si je suis dans un cours d’éveil musical je vais être appelé à enseigner la musique , enseigner les bases de la musique et tout ça dans un esprit ludique  et bien être aussi. Mais mon but ne sera pas thérapeutique. C’est à dire que je n’aurais pas pensé à chaque élève dans un but thérapeutique. 

Alors que dans les institutions, quand je travaille en tant que musico-thérapeute, un vrai projet thérapeutique est pensé, et on n’est pas sur des objectifs éducatifs ni sur des objectifs d’apprentissage. Au contraire on utilise les instruments comme un médiateur thérapeutique, mais en aucun cas on utilise l’instrument pour leur apprendre des bases musicales.

Evidemment les deux peuvent se regrouper par moments mais pour moi ça a plus clarifié la différence entre les deux situations finalement.

Après il se peut, il est déjà arrivé qu’on demande qu’il y est de la confusion entre les deux. Par exemple en thérapie souvent les parents me disent “ah! ils vont en cours de musique!” et la je dois clarifier que ce n’est pas un cours. Pareil en éveil musical dès fois on peut demander “ce serait bien qui ait un objectif de bien être, etc”. Je dis oui, mais, ce ne sera pas de la thérapie.

E: justement, est-ce que tu pourrais nous donner une petite définition de la musicothérapie

V:  parce-que justement c’est important de clarifier qu’est-ce que c’est la musicothérapie,  parce qu’il y a tellement de confusion dans le domaine. Et des charlatans aussi.

Donc pour la définition de la musicothérapie je pense que le mieux c’est d’en lire une, qui a mon avis est assez complète. C’est la définition qui se trouve sur le site de la Fédération Française de la Musicothérapie.

La Musicothérapie est une pratique de soin, de relation d’aide, d’accompagnement, de soutien ou de rééducation, utilisant le son et la musique sous tous leurs formes comme moyen d’expression, de communication, de structuration et d’analyse de la relation. 

Donc ce qui est le plus important à retenir c’est vraiment aussi que, donc on est dans le soin bien sûr, et qu’on utilise le son et pas que la musique, en fait.  La musique ce serait presque restrictif. On utilise le son, le sonore dans toutes ses formes. Cela peut être  avec des instruments bien sûr, mais ça peut être aussi avec la table, le mur, la chaise. Cela ce sont des choses, que même en éveil musical on peut utiliser. Pas besoin d’avoir des super instruments pour faire de l’éveil musical. Par exemple.

E: Je voulais savoir aussi, car on est dans le cadre de comment aborder les émotions à travers la musique, et je voulais profiter de ta présence  pour savoir quelle était la différence entre aborder et gérer.

V: A mon sens, gérer une émotion c’est quelque chose qui se fait sur le long terme, quelque chose qui  ne s’apprend pas forcément dans le cadre éducatif d’un éveil musical.  On n’a pas le temps en tant que prof d’éveil musical de s’occuper de chaque émotion de chaque enfant surtout si c’est dans les écoles (maternelles). Je sais que nous avons eu toutes les deux cette expérience là, où on avait quinze enfants par classe. Bien sûr apprendre à gérer une émotion dans un cadre éducatif c’est compliqué.

Mais, évidemment on peut les aborder. Mais, à mon sens, si l’enfant a vraiment un problème de gestion d’une émotion ça se travaillera plutôt d’un setting thérapeutique plus qu’à l’école. A l’école on est dans une optique d’apprentissage. Je dis école mais ça peut être aussi des cours d’éveil musical privés.

Après on peut aborder les émotions aussi bien dans le cadre thérapeutique que dans le cadre éducatif. Aborder ce serait faire des activités autour des émotions pour pouvoir travailler, dans notre cas, avec des instruments. 

E: Comment, en musicothérapie, on aborde les émotions, et comment est-ce qu’en éveil musical on aborde les émotions?

V: Dans le premier cas ce sera un objectif thérapeutique, pensé dans un suivi avec une équipe disciplinaire en général. Alors qu’à l’école ou dans un cadre éducatif en général ce sera: pour aborder les émotions, on va faire quelque chose aussi. Evidemment on les aborde dans les deux cas. C’est juste pas le même objectif.

E: Est-ce que, ça t’arrive, depuis que tu as fait des études de musicothérapie, de, par exemple quand tu trouves un groupe qui est agité de trouver des exercices nouveaux qui pourrait leur faire décharger ce qu’ils ont, pour pouvoir après mieux suivre ton cours.

V: Je ne sais pas. Ce que je peux dire, qu’en tant que prof j’ai changé, parce que j’ai changé moi aussi de part ma formation. Peut-être que j’essaye plus d’intégrer les problématiques des enfants, malgré moi, je ne peux pas m’en empêcher. Peut-être je suis un peu moins exigeante si je vois quelque chose que j’aurais identifié, et qui n’aurait pas été identifié par l’entourage. 

Par exemple, je donne des cours de piano actuellement, et dans le passé il m’est arrivé de découvrir que j’avais une élève qui était dyslexique, alors que ça ne m’avait pas été dit par l’entourage, par la famille, et là j’étais un peu plus armé pour pouvoir adapter mon enseignement à cet enfant. Mais c’est vraiment au cas par cas. Dans son cas je savais que si je mettais une partition en plus grand ça l’aiderait. Je pense pas qu’avant j’aurais eu accès à ce genre de  technique.

Dans ma tête j’essaie vraiment de différencier le thérapeutique de l’éducatif. Avant je pense, bon, ça c’est personnel, j’avais plus tendance à tout mélanger, et je ne pense pas que ce soit bon pour l’enfant ou l’élève d’être trop dans le thérapeutique malgré eux.  Donc, maintenant j’essaie plus de différencier ma place et selon les circonstances.

E: est-ce que la musique pourrait être un bon moyen d’évacuation des émotions réprimés ou des choses réprimés qu’on aurait dans la journée même?

V: Je suis tout pour l’expression musical et l’expression même dans le corporel, ou quelque chose qui mélange l’expression en général. Je pense qu’il y a beaucoup à faire avec ça. Effectivement il y a l’éducation musical: l’idée d’emmener la musique et l’expression musical, entre autres, à l’école. Je pense que c’est une très très bonne chose et effectivement si on pouvait avoir des cours d’expression musicale, plutôt que des cours. Même le terme d’éveil musical, c’est bien déjà, parce qu’on éveil. Mais l’éveil musical existe (que) à la maternelle. 

Le but c’est de l’expression. Est-ce que ça permettrait de résoudre tout ce qu’il se passe en ce moment, toutes les tensions? Je ne pense pas. Parce que je pense que c’est un problème de fond, d’organisation scolaire, des moyens financiers, des profs qui n’ont pas suffisamment de moyens, d’aide, etc. Donc ça c’est autre chose. C’est un autre discours.

Mais je pense que bien sûr si on pouvait déjà une idée d’assouplir l’enseignement musical je pense que ce serait une bonne chose. Il ne faut pas oublier que la musique est quelque chose d’accessible à tous. Et pas tous les enfants qui font de la musique vont être concertistes.  Et ce n’est pas parce qu’ils ne vont pas être concertistes qui ne vont pas avoir non plus un bon niveau.

Après au Conservatoire c’est autre chose, parce qu’il y a une sélection. Car il y a des moyens, là aussi, limités, donc il faut bien qu’ils sélectionnent d’une certaine façon pour pouvoir avoir les élèves qu’ils ont. Mais il y a une telle demande que c’est un peu, et c’est subventionnée par ailleurs, donc c’est compréhensible qu’il y ait des critères d’excellence.   

Je ne pense pas que ce soit bon pour la musique qu’il y ait que ça.

Après, pour répondre à ta question sur la décharge, c’est aussi tout une question. Est-ce qu’on se défoulant on va résoudre quelque chose? Je ne sais pas non plus. Parce que la décharge c’est une chose, mais après il y a ce qu’il y a derrière. Cela peut être apaisant un certain temps, mais ça dépends pour qui, et ça dépends comment. 

Plus dans l’histoire de parler d’expression musicale j’aime bien cette idée là.  Où justement un travail des émotions peut être possible. Et d’autres choses aussi, mais c’est de ça qu’on parlait aussi. L’histoire de se défouler et que ça apaiserait les tensions, je pense que oui.

Je pense qu’à l’école, et au fur et à mesure des niveaux la place pour l’expression individuelle de chaque personne est réduite, faute de moyens, faute de temps, faute de plein de choses. Mais c’est vrai que s’il y avait des temps plus marqués, d’expression ou avec des gens qui sont formés, pas forcément des musicothérapeutes. Ce n’est pas du tout de la musicothérapie, encore une fois. Mais, oui, a ne peut être que bon, je pense, pour les enfants.

E: est-ce que tu aurais un conseil à donner aux parents?

V: pour le travail autour des émotions? tu veux que je te parle de ça?

E: oui. Comment aborder les émotions pour les parents des enfants de 0 à 6 ans.

V: A mon sens, ce qui est important sur un travail autour des émotions c’est de pouvoir les nommer. Identifier les émotions serait une première étape. Si c’est possible bien sûr. Si ce n’est pas possible, justement, ça peut être un axe possible qui peut être intéressant aussi. 

En utilisant les instruments on peut se dire: sur quel instrument on pourrait représenter la colère? Avec le tambour? Alors, comment on fait la colère avec cet instrument?  ah, on tape très fort. Et sinon, la joie, comment tu ferais? Ah, bah, tiens, les cymbales pour toi c’est très fort, c’est très gai. Ou un autre instrument, ce sont des exemples, bien sûr.

Et le calme, comment tu ferais un état de calme? Tu le montrerais avec quel instrument? Et bah, tiens, avec le bâton de pluie, pourquoi pas? etc.

On peut utiliser différents instruments, pour dire, cet instrument là peut représenter telle émotion. C’est un exercice.

Après on pourrait se dire, tiens, on va se raconter une histoire avec ces instruments. Qu’est-ce qu’on pourrait faire en premier? Donc, c’est calme, après c’est la colère, après c’est de la joie et c’est de la peur, enfin, toutes les émotions qui auront été identifiés au préalable. Cela peut être aussi une façon de les aborder sans utiliser uniquement les mots.

Une autre chose intéressante que j’ai déjà faite aussi c’est d’utiliser le même instrument, pour exprimer des émotions différentes. On pourrait dire bah, tiens, le tambour, si je tape dessus très fort qu’est-ce que ça représente, par contre si je le caresse doucement, qu’est-ce que ça fait? Par contre si je tapote? Voilà, il y a plein de choses qu’on peut faire avec le même instrument.

Cela peut aussi  aborder des aspects plus créatifs. Avec un instrument qu’est-ce qu’on peut faire? C’est intéressant. Finalement c’est comme une personne, la même personne peut avoir différentes émotions. Je schématise bien sûr. C’est juste pour donner quelques exemples de détournement par les instruments pour pouvoir mieux parler des émotions. Les aborder.

Je pense que l’important c’est de pouvoir les identifier et pouvoir en parler. Déjà si on pouvait arriver à faire ça avec son propre enfant ou l’enfant qu’on garde si c’est une assistante maternelle, ça peut être très intéressant. Et après avoir des moments ludiques, où on s’amuse tout simplement avec les instruments. Ou ça peut être tout simplement, si c’est un enfant très petit de 3-4 ans qui tape très fort sur un instrument, on peut dire: “ah je vois que tu es en colère,  et puis tiens, ça qu’est-ce que c’est?”. Enfin, voilà.  Ce sont quelques pistes, quelques idées. 

E: super! Merci beaucoup Violetta.

N’hésitez pas à commenter ce que vous en avez pensé, à liker et à partager.

Du bonheur, de la sagesse, et un tempo allegro.

La confiance en soi chez les petits et la musique

Est-ce possible de travailler la confiance en soi à travers la musique? On a connu beaucoup de vies de musiciens finissant tragiquement. Pourquoi n’ont-ils pas eu cette confiance? Les enfants pourraient-ils retrouver l’amour de soi à travers cet art?

Cet article participe à l’évènement “La confiance en soi » du blog les-enfants-avenir.com. J’apprécie beaucoup ce blog, et en fait mon article préféré est celui-ci

Quand Marion, a lancé ce carnaval d’articles avec le sujet de la confiance en soi, je me suis posé la question.

interrogationPhoto d’Alan Levin

En effet, arriver à trouver cette perception est vital:

  • quand on éprouve la confiance en soi, on se sent bien
  • pour citer le XVIIème Karmapa Trinley Thaye Dorje: “cela donne joie à mon cœur, et quand on a de la joie, on fait du bien aux autres”
  • elle emmène la sagesse, l’intelligence, la paix intérieure, le bonheur

Toutes les religions du monde la recherchent avec leurs différents outils: prière, méditation, confession, refuge spirituel, etc.

Toutes les philosophies ont étudié le pourquoi et le comment la trouver.

Les psychologues y travaillent tous les jours afin que leurs patients s’en approchent ne serait-ce qu’un peu.

Si elle n’est pas là, nous ressentons très souvent la peur. On pense ne pas mériter les bonnes choses. On est incapable de s’aimer, par conséquence, il est très difficile d’aimer quelqu’un d’autre. Nous ne pouvons pas donner ce qu’on n’a pas! On se sent inutile, bon à rien.

Et, ne parlons pas des soucis de santé que cela entraîne. Esprit sain, mental sain et corps sain. Le contraire est tout aussi vrai.

Voilà pourquoi cela me semble important de savoir si la musique peut apporter son petit grain de sable.

Je m’aime? C’est quoi s’aimer?

diamonds on the inside

Photo by Yann Coeuru

Un enfant ou un adulte qui s’aime a un Petit Prince à l’intérieur de lui.

Quelqu’un qui est capable de voir ce qui est “invisible aux yeux”.

Il n’arrête pas le dessin quand les autres voient un chapeau à la place du boa qui digère l’éléphant.  Il continue, il s’exprime, il accroche ses dessins dans une galerie d’art, et laisse les autres les interpréter comme ils veulent.

Lui, l’artiste, sait parfaitement ce qu’il a peint et pourquoi.

S’aimer c’est:

  • s’accepter tel qu’on est.
  • accepter de se tromper, car il n’y a que comme ça qu’on apprend.
  • se pardonner les mauvaises actions qu’on aurait pu avoir dans le passé.
  • savoir qu’on mérite toutes les choses bonnes de ce monde malgré les erreurs que l’on puisse commettre
  • prendre soin de l’équilibre de son triangle: mental, corps et esprit

On s’aime quand on a tous les réservoirs remplis

réservoirs

Photo by Pedro Ribeiro Simões

 

Les voitures ont besoin d’huile, d’eau et de l’essence. Si un de ces réservoirs n’est pas rempli, la voiture ne marchera pas correctement, voir pas du tout. Nous devons nous aussi nous assurer que tout soit en équilibre chez-nous.

  • Que l’on ait confiance dans le monde extérieur. Pouvons-nous bouger et voyager et oublier qu’on puisse nous blesser, nous voler ou tuer?
  • Qu’on puisse oser faire ce qu’on aime. Méritons-nous toutes les bonnes choses qui nous arrivent? Et ce malgré toutes les erreurs qu’on ait pu commettre? Ceci me rappelle une phrase très connue de la Bible. Il disait “que celui qui n’a jamais pêché, jette la première pierre”.
  • Etre dans la capacité de nous écouter et écouter les autres.
  • Enfin, savoir que l’on vaut. La quantité, la qualité, ce n’est pas ce qui compte. Juste parce qu’on est né, on vaut.

Chez les enfants cela se traduit dans des comportements d’amour à l’autre, jouer, crier, sauter, rire, oser l’interdit et les nouvelles choses. Un enfant qui s’aime et a confiance en lui mange bien (on ne compte pas les périodes de maladies ou de dents, bien sûr), joue avec les autres (à partir de 3 ans), demande les choses dont il a besoin ou veut, refuse les choses dont il n’a pas besoin ou pas envie, exprime librement ses émotions (avant 7 ans vraiment librement au détriment des autres, après ils commencent à pouvoir s’exprimer dans des lieux sûrs, à condition qu’on le lui ait appris à le faire).

Un enfant qui s’aime ne cherche pas à plaire constamment, car il se plaît, et cela lui suffit. Un adulte qui s’aime aussi, d’ailleurs.

Comment développer cette confiance en soi?

Les psychologues sont assez d’accord sur un point: donner des responsabilités aux enfants.

En effet, leur donner des tâches précises à la maison ou dans la classe, non seulement les aide à développer la motricité fine et autres capacités selon la tâche. En ayant un rôle à jouer dans l’univers des adultes, l’enfant ressent une sensation d’appartenance, d’utilité. Il sent qu’il est le bienvenu dans ce monde, et qu’on compte sur lui.

enfant heureux

Photo by Guillaume

Avez-vous vu à quel point les petits sont heureux d’emmener leur assiette à table, ou de le remettre dans l’évier? Quelle joie leur procure de balayer, jeter des choses à la poubelle, ou même de ranger?

On voit dans leurs yeux à quel point ils se sentent aimés, car on leur fait confiance.

Et un enfant qui a confiance en lui est avant tout un enfant à qui on a fait confiance.

Du coup, comment appliquer tout ça dans le sujet qui nous concerne: la musique?

Au delà de l’activité rangement, ou participation à la mise en place de l’activité, y a-t-il d’autres choses que l’on puisse réaliser?

Que le spectacle commence!

spectacle

Photo by Jonathan Dinh

 

En tant que professeur d’éveil musical, on me demandait tous les ans de présenter un spectacle de fin d’année. Alors je préparais les chansons que l’on apprenait durant l’année, je créais une histoire à bruiter avec les instruments, et je montrais un ou deux exercices de rythmes appris pendant la période scolaire.

Mais souvent les enfants n’étaient pas motivés. Les uns car ils n’aimaient pas une de chansons, les autres car ils ne voulaient rien présenter devant les parents. Puis il y avait les “bons élèves” qui acceptaient tout, de toute façon, le jour J, ils ne bougeraient pas d’un poil sur scène.

Du coup je me suis posé cette question de confiance et de responsabilité. C’est vrai que créer le super spectacle pour en mettre plein la vue aux parents était bien beau. Mais cela ne concernait que mon égo…

Alors, l’idée d’écrire le spectacle ensemble m’est venu.

Ecrire une histoire à bruiter

Nous avons utilisé la technique de surréalistes en moins compliqué et plus “réaliste”. Je commence l’histoire en présentant le héros, puis je laisse la parole à l’enfant qui se trouve à mon côté, ensuite au suivant. Chacun doit ajouter un événement dans la continuité de l’action.

Je les aide quand ils partent un peu trop loin, que le nombre d’enfants diminue, et que la fin de l’histoire n’arrive toujours pas.

Cela donne… une histoire assez particulière.

Mais.

Les enfants adorent. Le public enfant aussi adore. Et les parents adorent quoiqu’il se passe sur scène car leur enfant participe. C’est là tout l’intérêt! Que tous les enfants participent avec joie.

En effet c’est leur histoire, ce sont eux qui choisissent tout! Le déroulement, les personnages rencontrés par le héros, les difficultés, les solutions, les instruments utilisés pour bruiter tout ça. Cela leur donne une motivation.

Pour la suite du spectacle, c’est la même chose: ils choisissent les chansons, voire on en apprend des nouvelles en urgence car le sujet abordé ne figure pas dans celles apprises dans le courant de l’année.

A vous de jouer!

Que vous soyez parent ou professionnel de la petite enfance ou maternelle, profitez des  différents événements de l’année pour créer un petit spectacle!

Celui-ci ne dure pas plus de 10 minutes. Même moins pour les plus petits.

Vous pouvez fêter les saisons, les fêtes religieuses, les païennes, les anniversaires. Tout est motif de spectacle.

Vous pouvez également choisir un sujet spécifique quand il s’agit de consolider l’apprentissage d’un concept particulier comme le respect, la paix, le partage, etc.

N’hésitez pas à nous raconter vos spectacles dans notre groupe Facebook ou dans les commentaires ci-dessous. Puis likez et partagez, cela fait toujours plaisir!

 

 

 

Aborder les instruments: les cordes (suite 2)

 

Ceci est la suite de l’article “aborder les instruments: les percussions”, que vous pouvez lire ici.

Comment était le voyage dans le monde des percussions? Cela a-t-il plu aux enfants? Prêts pour aller dans le monde des cordes?

Cette famille est, elle aussi, très variée en formes et couleurs. Mais aussi en manière de jouer. D’ailleurs il existe de sous familles: les instruments à cordes pincées, à cordes frottées, et les frappées.

Et oui! encore une famille composée!

“Que c’est compliqué!” vous allez me dire…

Mais attendez!

Ne vous inquiétez pas!

Cette famille est très connue. Vous allez reconnaître la plupart de ses intégrants.

Alors venez, ne soyez pas timides, nous allons entrer dans le monde des stars!

 

33790240900_ed3bc2c20d_k36680516901_2fca0585a7_n26264795475_12b8ee2e45_n

Les cordes pincées

Pourquoi elles s’appellent ainsi? Car on doit pincer les cordes pour qu’elles sonnent. On peut les pincer une à une, ou plusieurs en même temps.

Nous avons des instruments à cordes pincées qu’on peut porter, grâce à leur taille moyenne ou petite, comme la guitare classique, la guitare folk, le ukulélé, la cithare, le luth, le banjo, etc. Selon leur confection et la matière utilisée, nous allons distinguer un timbre ou un autre. Je pense que vous êtes d’accord avec moi que le son d’une guitare classique n’a rien à voir avec le banjo.

En effet, le corps de la guitare, ainsi que le ukulélé et le luth par exemple, sont faits en bois. Pour écouter la guitare classique c’est ici, la folk ici, le ukulélé ici et le luth ici et sa version chinoise ici. Le banjo, lui, est fait en bois ou en métal, mais la partie de devant, là où on a les cordes, est faite d’une membrane, qui va donner un son très particulier. Ecoutez ici!

Ensuite nous avons la harpe. Ah! la belle harpe! L’instrument des anges et des êtres purs! Enfin, c’est ce que nous évoque cet instrument, mais parfois ça donne ça. Il y a différentes sortes: la celtique (celle utilisée par le métalleux par exemple), la diatonique et autres comme la chromatique, la mexicaine, la éolienne, etc. La diatonique est grande, avec deux rangées de cordes, qui sont pour la plupart en boyau, sauf les deux plus graves qui sont en métal, et les aiguës en nylon. Les cordes sont asymétriques, leur taille varie selon la note qu’elle produisent.  La diatonique a des pédales qui permettent de faire les dièses et les bémols (les touches noires du piano!).

 

Les cordes frottées

Comme le nom l’indique, ce sont des instruments dont on doit frotter les cordes pour que celles-ci sonnent.

En réalité ce n’est pas tout à fait vrai.

On pourrait aussi pincer les cordes de ces artefacts, mais, ça n’a pas du tout la même intensité, ni le même son.  Ce sont des instruments qu’on va utiliser pour jouer des mélodies, alors que les cordes pincées sont aussi utilisés pour jouer l’harmonie (des accords, jouer plusieurs notes en même temps).

Cette famille est composée de quatre membres. Ils sont majestueux, ils sont beaux, ils sont en bois et on adore les entendre jouer ensemble. Même si ce n’est pas toujours le cas… je vous montrerai plus tard…

Voici le quatuor des cordes!

11448801946_6d06a5922a

Le violon: Le plus petit, et le plus aigüe du quatuor. On le joue donc avec un archet, tout comme les autres composants de la famille. Il a quatre cordes. Pour jouer on le met sur l’épaule, et on le tient avec le menton. Ecoutez! Non, je plaisante, écoutez ici! Il semble simple, mais c’est un instrument assez difficile à jouer, si vous ne me croyez pas, je vous invite à passer voir un cours de débutant… même de deuxième année… Nous pouvons l’entendre dans les orchestres classiques, mais il est très utilisé dans le jazz manouche où vous le verrez avec ses copains contrebasse et guitare, et maintenant dans la chanson.

Le alto: c’est un violon qui joue dans une tessiture plus grave. Il ressemble au violon. On peut l’apercevoir dans les orchestres ou lors des quatuor classiques.

Cello

Le violoncelle: est un instrument beaucoup plus gros, il est plus grand qu’une guitare. On en joue assis. Comme les autres, il a quatre cordes, et on joue avec un archet.  Comme vous pourrez l’entendre ici, il a un son beaucoup plus grave également.

7008637481_6e2c921f50_z

La contrebasse: le plus gros des quatre, se joue debout et fait les sons graves. Cet instrument se joue à l’archet dans les orchestres classiques, mais il a décidé de tester d’autres sonorités. Alors il est allé voir dans le jazz et la chanson française, pour se faire pincer les cordes, et ça a donné quelque chose comme ça.

Les cordes frappées

L’un d’eux est très connu, et vu sa popularité, je vais jouer aux devinettes.

Pour commencer, si on ne regarde pas bien, on ne pense pas qu’il s’agit d’un instrument à cordes. C’est le plus grand des instruments à corde et il a en commun avec les instruments à vent des touches, même si elle ne sont pas les mêmes. Il en existe des droits et à queue. Ses touches sont noires et blanches. C’est bon? Vous avez deviné?

Le piano!

1101754813_caa3dbce51_b 3139497195_d733723cee_b

C’est un instrument à cordes frappées car les touches du piano viennent frapper les cordes pour les faire sonner. C’est un système qu’on peut voir très clairement quand on ouvre le piano, comme la photo ci-dessus. Il a aussi deux ou trois pédales pour faire varier la durée ou la nature de la note. Voici un exemple classique et jazz.

Puis nous avons son ancêtre: le clavecin

16141232890_a357a5988c  16141161658_43a42ee398_n

Avec ses deux rangées de touches, et pas de pédales. Il diffère du piano car les cordes ne sont pas frappées, mais pincées. Mais c’est lui qui a inspiré le créateur du piano, qui d’ailleurs travaillait comme facteur de clavecins. Vous pouvez l’écouter ici pour vous faire une idée du son, très différent de celui du piano.

Les cordes branchées

Cette famille je l’ai inventée! Je trouvais qu’il n’y en avait pas assez alors… Non! C’est juste que je voulais vous donner un aperçu des mêmes instruments mais électriques. Leur son est très différent, et du coup ces instruments peuvent s’inviter dans d’autres styles de musique.

Guitare électrique par Tibam

Clavier par Nicolas Dérand

Basse par Marcus Miller (oui, lui il est vraiment connu par contre Winking smile)

entre autres…

Sur ce, messieurs, dames, je vous laisse continuer à vous délecter avec ce dernier, et je vous dis à la semaine prochaine pour la suite et dernier article!

N’oubliez pas de commenter et partager!