A quoi sert la musique dans ma classe?

“Sans musique, il n’y a pas  d’éducation véritablement complète, humaine, informante” selon Etienne SOURIAU, philosophe français. Alors, comment inclure la musique dans la classe?

Il est très intéressant l’écart qui existe entre la réputation de la musique et son rôle omniprésent dans la vie de tout le monde.

Quand on demande à aux ados “pourquoi la musique, à quoi ça sert?” tout de suite ils répondent bouche bée: “mais, c’est impossible vivre sans musique!”. 

Pourtant, quand on pose la même question aux gens “sérieux”, la réponse est “à divertir, à danser“, mais on le lui enlève beaucoup d’importance, voir on la ridiculise.

Combien de fois m’a t-on questionné, après avoir dit que la musique était mon métier, quel était mon “vrai” métier? Comme si c’était impossible qu’un métier musical existe. Et cela est commun à tous les arts…

Puis, il y a les sciences, les neurosciences pour être plus précise, qui prouvent que la musique a une importance crucial chez l’être humain et son développement. A ce moment là, même le ministère de l’Education Nationale commence à reconnaître qu’il faut vite que la musique soit incluse dans l’éducation de nos enfants et organise depuis ces trois derniers ans “la rentrée en musique”.

Ils n’ont pas tort! Vous savez pourquoi?

La musique dans les événements

La musique est très utilisé lors de “lives”, commémorations ou autres. Cela permet à l’organisateur d’accompagner les participants vers des émotions et des sentiments communs.

Evénements patriotiques

En Amérique Latine, dans les écoles de l’Etat (publiques ou privés), il y a ce qu’on appelle des “actes”. 

Ceux-ci consistent à faire une commémoration pour chaque date “patriotique” de l’année: batailles qui ont marqué l’histoire du pays, naissance d’un héro Nationale, etc (bon, on peut se le permettre… dans ces pays l’indépendance date depuis relativement pas très longtemps comparé aux pays Européens…).

Dans ces événements on chante l’hymne National, bien sûr, mais aussi on chante et on danse des musiques traditionnelles, qui ont été empruntés par la plupart à l‘Espagne, mais qu’on a “légèrement” modifié. 

Ces “actes” donnent un sens à la Nation, dans des pays pour la plupart métis et meurtris par la colonisation, certes. Mais aussi donnent une opportunité de cohésion sociale, une culture musicale commune.

Evénements de coaching collectifs

La musique est très bien utilisé dans ces journées. 

Une bonne musique pêchue pour commencer la séance et donner du pep aux participants. 

Des musiques qui vont de la mélancolie à la joie, en passant par des moments de tension, pour bien accompagner des vidéos de témoignages de ceux qui ont eu l’opportunité de suivre cet événement. Ce qui emmène au public d’avoir plus d’intensité dans leurs émotions.

Essayons:

Imaginez que vous rentrez dans une salle où va avoir lieu une conférence très intéressante. Avant de commencer, les lumières s’éteignent, et sur les hauts parleurs sonne ça:

Que sentez-vous?

Forcément un truc de génial va se passer

Maintenant imaginez l’effet que ça donnerais à vos élèves s’ils commençaient la journée comme ça. 🤣 S’ils ne sont pas motivés après ça, je ne sais pas…

Mais bon, les petits sont déjà suffisamment motivés… ils n’ont pas besoin de ça.

Maintenant écoutez ceci:

Que ressentez-vous?

Idéal pour accompagner nos moments de tristesse, de peur, d’indécision, n’est-pas? (Dites le moi en commentaires!).

La musique dans ma classe

Si on résume un peu tout ça, la musique:

  • donne des aptitudes sociales à se rassembler. 
  • aide à apporter une cohésion en terme de culture musicale
  • est un instrument d’autorégulation émotionnelle
  • apporte une esthétique et des vibrations communes

Mais en plus elle peut être utilisé pour servir les propos de celui qui parle ou enseigne, dans notre cas.

Les petits sont très réceptifs à la musique que l’on entend. Cela peut très facilement les faire changer d’émotion ou de sensation. 

Chanter une musique entraînante à l’heure de ranger ou réaliser une tâche qu’ils aiment moins, peut rendre la collaboration tout de suite plus facile (d’ailleurs, je devrais moi aussi l’utiliser à la maison…)

Je me souviens, enfant, de ce film où Jhonny Depp faisait le ménage avec la musique à fond, et le résultat était génial. Depuis, j’adore mettre de la musique entraînante quand je nettoie.

D’ailleurs, je ne suis pas la seule, en YouTube, on peut trouver des dizaines de playlist pour ranger sa chambre… C’est que ça motive!

Cette chanson pourrait être une idée, en adaptant selon l’âge:

Chanter les comptines traditionnelles, mais aussi des artistes plus récents, donnent une culture musicale commune, et une adhésion sociale. Vous pouvez trouver plus d’idées (en plus des vôtres) ici, ici et ici.

Puis, rien ne vous empêche de créer une chanson commune avec toute la classe, sur un sujet qui les tracasse ou leur donne de la curiosité en ce moment. Cela développe la créativité et l’improvisation.

Les moments de concentration utiliser la musique classique, les moments calmes les comptines douces ou balades jazz

Point d’orgue et fin

La musique dans ma classe peut avoir un rôle très constructif et épanouissant pour l’enseignant et l’élève. La fonction de la musique est multiple, et vous mène à plein de possibilités.

Je vous invite à me dire dans les commentaires comment utilisez-vous la musique dans votre classe, qu’est-ce qui vous empêche d’aller plus loin, comment pourriez-vous utiliser la musique pour aborder d’autres matières?

Pour finir cet article, voici ma chanson non pas d’adieu, mais d’au revoir!

Du bonheur, de la sagesse, de la magie et du rythme traditionnel australien.

Idées reçues qui empêchent de faire des activités musicales

Notre obstacle principal est nous-mêmes. Avez-vous des idées reçues qui vous empêchent de mettre en place des ateliers musicaux avec vos enfants?

Tout le monde a des bonnes ou des mauvaises raisons pour ne pas réaliser certaines activités.

Qu’elles soient valables ou pas ce n’est pas le sujet. De toutes façons, ce que vous décidez est bien.

Mais parfois ce sont des idées bien ancrées qui nous empêchent de passer à l’action, et nous ne savons pas qu’elles ne sont pas vraies!

C’est pourquoi, aujourd’hui, j’ai décidé d’écrire cet article, pour démonter quelques affirmations que j’ai entendu par ci et par là au sujet des activités que l’on réalise avec les enfants.

Comment identifier les idées reçues des simples excuses?

Une idée reçue, est une croyance dans une limite qui n’existe peut-être (même très probablement) pas. Par exemple, on pourrait dire qu’une idée reçue est le fait de croire que si on se mouille sous la pluie, on va tomber malade. Cela n’est pas automatique, et pas forcément vrai. Le fait de se mouiller et prendre un coup de vent n’est pas scientifiquement prouvé que c’est LA cause de tous les rhumes et grippes.

Pourtant on le croie, et généralement, quand on le croie, et bien, on fini par tomber malade à chaque fois qu’on se mouille avec la pluie et on prend un coup de vent.

Une excuse, de l’autre côté, est quelque chose qu’on se dit consciemment ou inconsciemment pour ne pas accomplir une telle ou autre tache. Par exemple, un classique: je ne peux pas aller courir tous les matins, je n’ai pas le temps!

Alors, la différence entre les deux c’est la motivation.

La première question à se poser avant d’énoncer toute croyance ou excuse est “ai-je vraiment envie de faire ça?”.

Si la réponse est non, dites tout simplement la vérité, ou mentez consciemment. Vous n’êtes pas motivé, cela arrive, vous êtes dans votre droit. Fin de l’histoire.

Si la réponse est oui, vous pouvez continuer à lire.

Voilà comment on identifie l’une de l’autre!

Top 3 d’idées reçues qui nous empêchent de réaliser des activités musicales avec nos enfants

 

Je n’y connais rien à la musique.

 

C’est vrai? Vraiment rien? Vous écoutez de la musique chez-vous ou dans les transports, ou dans le supermarché lors que vous effectuez vos courses? Vous ne connaissez aucune comptine? Vous ne savez pas distinguer les différentes nuances?

Je vous défie à ne pas connaître ces chansons:

Si vous avez répondu non à toutes les questions, en effet il y a un petit souci… peut-être vous n’avais jamais eu d’enfance… vous êtes né.e adulte. Même pas passé par l’adolescence, rien. Sorti.e du ventre de votre mère comme ça, adulte. 

Autrement, si vous avez répondu oui, c’est sûr que vous pouvez réaliser des activités musicales avec vos enfants. J’ai écrit 70 articles qui peuvent vous aider à trouver des idées. Elles sont simples et très abordables pour toute personne qui a ce minimum de connaissance musicale. Alors je vous invite très chaleureusement à y jeter un œil! 

Je n’ai pas d’instruments a disposition

 

Ce qui est bien, c’est que la musique peut se jouer avec tout. D’ailleurs les premiers hommes, qui ont eux aussi joué de la musique, ont utilisé les choses qui l’entouraient pour ce faire. A l’époque n’existant pas les magasins de musique, c’est le seul choix qu’ils avaient.

D’ailleurs, si vous voulez des idées d’homme/femme de cro-magnon, vous pouvez regarder cette vidéo.

En plus, vous avez un instrument qui ne vous quitte jamais: la voix.

Même si vous trouvez que vous ne l’utilisez pas bien, elle est là, et je vous assure qu’elle marche. Vous pouvez vous convaincre en lisant cet article.

Cela prends trop de temps de mettre en place un atelier

Faux, faux, archi faux! 🤣😜

Alors déjà, c’est limite une excuse, et j’ai fait une vidéo pour y répondre: regardez par ici.

Mais, admettons que vous croyez vraiment que cela prends du temps, et bien, déjà, vous pouvez lire cet article de comment intégrer la musique dans son quotidien. Et vous pouvez également lire comment les neurosciences ont prouvé à quel point l’homme est musical.

Ensuite, tout dépend de vos priorités. Vous pouvez toujours garder un jour de la semaine, une petite demi heure ou une heure où vous vous dites que vous ferez un ou plusieurs jeux musicaux, dont ce que je vous propose toutes les semaines via ce blog.

Alors, plus qu’à!

Rassuré.e?

Cela tombe bien! Vous n’avez plus qu’à vous y mettre.

Si vous avez des questions, ou vous avez besoin d’une séance d’accompagnement, vous pouvez me trouver en cliquant sur les séances de coaching dans le menu.

Je prépare, également, en ce moment une formation pour les professionnels de la petite enfance (de 0 à 6 ans). N’hésitez pas à me contacter à ce propos si vous êtes intéréssé.e.

Je vous souhaite le bonheur, la sagesse, et un rythme mambo.

Eveil musical avec des enfants autistes

La musique est faite pour TOUT le monde. 

Peu importe votre âge, votre culture ou votre classe sociale. Votre QI ou votre niveau d’études. La musique convient à tous, et est utile pour tous.

J’ai eu la chance d’avoir plusieurs “genres” d’élèves: des quartiers et des styles de vie différents, avec des goûts musicaux très variés. Certains n’avaient même pas de culture musical: ils n’écoutaient pas de la musique.

Toutes ces personnes ont réussi a trouver leur bonheur dans la musique.

Un beau jour, j’ai eu l’immense chance et bonheur d’animer un petit groupe d’enfants autistes.

Aujourd’hui j’ai envie de vous partager cette expérience.

Un projet qui démarre

Quand le projet de donner des ateliers d’éveil musical à un petit groupe d’enfants autistes s’est concrétisé, la première chose que je me suis dis, c’est que j’allais me documenter.

En effet je ne suis qu’une prof de musique et musicienne, mais pas une professionnel psychologique ni psychomotricienne, ni rien qui s’apparente. 

Surtout à l’époque, où je n’avais pas encore passé mon certificat pour être coach parental.

Fort heureusement, il y a un truc qui me passionne de faire: c’est de me documenter.

Le hic, quand j’ai commencé mes recherches, c’était qu’il y avait un genre d’autiste par individu. Je me suis rendu compte que me renseigner sur ce “trouble mental” comme apparemment on l’appelle, était un peu comme vouloir me renseigner sur l’humanité. 

J’ai découvert qu’un autiste n’était pas forcément quelqu’un qui est ailleurs, super intelligent, incapable de sociabiliser, et toutes ces idées reçues qu’on a des personnes autistes.

Cette découverte je l’avais déjà faite quand j’ai gardé un enfant autiste des années auparavant, et quand j’ai eu des élèves qui avaient ce trouble.

Comment définir ce trouble?

Selon l’Inserm “les troubles du spectre de l’autisme (TSA) résultent d’anomalies du neurodéveloppement. […] Ils se manifestent par des altérations dans la capacité à établir des interactions sociales et à communiquer, ainsi que par des anomalies comportementales, en particulier une réticence au changement et une tendance à la répétition de comportements ou de discours.”

Dans mon expérience, les enfants présentant ces troubles avaient en commun un moyen d’apprentissage différent que les enfants sans ces troubles.

En approfondissant mes recherches sur le sujet, j’ai découvert également qu’ils ont développé plus l’hémisphère droit du cerveau que le gauche. Du coup ils apprennent mieux à travers des images et sons, que par le langage. 

Comme les tous petits, il faut privilégier le jeux et le langage non parlé pour qu’ils expérimentent et acquièrent l’information. Mais toujours d’après mon expérience, les enfants autistes vont “mémoriser” ce qui a été enseigné plus vite, voir, tout de suite. Bien sûr, à condition que ce soit lié à des images.

J’ai vu la différence, par exemple, quand je leur ai appris les figures rythmiques. 

Depuis quelques années j’avais fait des cartons avec des différentes figures rythmiques, auxquelles j’associé un mot et un mouvement. Cela marchait très bien pour les petits à partir de 3 ans, après quelques séances (1 à 3 mois environs). Mais avec les enfants autistes cela a été mémorisé tout de suite. C’était impressionnant.

Particularités

Je vous avoue que le premier jour d’atelier j’étais hyper nerveuse. Je ne savais pas du tout à quoi m’attendre. Surtout qu’on nous mettent en gare de toutes les choses qu’il peuvent arriver. Mais bien-sûr, ça, c’est juste le pire des tableaux! 

J’avais un garçon avec un sérieux handicap physique et une oreille absolue passionné de la musique, un autre qui ne parlais pas (mais il chantait!) avec une mémoire visuelle hors du commun et l’autre qui avait toutes ses facultés. Cela aussi me stressais, car je ne les connaissais pas, alors je ne savais pas de quoi ils étaient capables. Je ne voulais pas ni qu’ils s’ennuient, ni que ce soit frustrant pour eux.

Mais mon stress était en vain.

Un atelier d’éveil musical normal s’est déroulé sans aucune difficulté.

Les particularités que j’ai rencontré:

  • l’enthousiasme en puissance: quand ils aimaient quelque chose ils l’exprimaient fois dix, et c’était super agréable.
  • la passion: ils étaient très à l’écoute, demandants, même si, dû à leur trouble, ils me demandaient souvent la même chose.
  • des enfants très touchants: qui expriment leurs émotions de manière pure, malgré leur âge. Et je suis consciente que cela ne doit pas être facile à vivre tous les jours. Vu qu’avec les petits c’est difficile, mais ça passe à un moment donné, alors qu’avec eux ça ne passe pas… je ne sais pas s’ils arrivent à gérer leurs émotions un jour… mais ça c’est à voir avec un professionnel.

Le handicap physique n’a jamais posé des soucis. Le manque de langage parlé n’a pas posé des soucis. Le fait que j’ai un surdoué de la musique ça n’a pas posé de soucis.

Surtout on a passé des super moments. 

Quoi faire dans des ateliers de musique pour enfants autistes?

Comme je vous le disais avant, je n’ai pratiquement rien changé à mes habitudes. 

Les enfants que j’ai eu, même ceux que j’avais eu comme élèves auparavant, aiment ce que tous les enfants aiment.

La musique est un super exutoire pour eux, car c’est un moyen de communication non verbal idéal. 

A condition qu’on ne cherche pas de résultats (tout comme avec tous les enfants, d’ailleurs, chacun son rythme), on a des très bons résultats.

Alors si vous voulez mettre en place des ateliers de musique avec des enfants autistes, n’hésitez plus!! Et si vous voulez un coup de pouce, c’est par ici!

Racontez moi vos expériences avec des enfants autistes ou autre handicap dans les commentaires: qu’avez vous mis en place? quels étaient vos difficultés? quelles ont été vos joies? 

Puis à très bientôt!

Je vous souhaite du bonheur, de la sagesse et des rythmes soul.

 

Si j’étais enseignant de PS…

Ce n’est pas toujours évident de gérer une classe de Petite Section de Maternelle à la rentrée. Et si j’étais enseignant de PS pendant la première semaine de rentrée?

Au début on se dit, mais ouiiii, s’ils sont tout petits, tout mignons. C’est trop choux d’avoir une classe de petite section.

Mais ça c’est quand on n’est pas dedans la classe, et qu’on essaye de faire… des trucs. Peu importe quoi…

L’autre jour, en emmenant mon fils à sa classe, alors qu’il ne voulait pas aller à l’école, je regardais les autres enfants, la maîtresse, l’Atsem. Je me disais, wah! chaud!

Des enfants accrochés à leur doudous, qui suivaient partout la maîtresse. Mais alors ils ne la lâchaient pas d’une semelle.

Des nés qui coulent. Des enfants complètement perdus au beau milieu de la classe qui se demandent “mais qu’est ce qu’il faut que je fasse ici?”

Ceux qui étaient plus à l’aise, bah, c’étaient ceux de MS… 

Alors j’ai eu envie de me mettre à la place de la maîtresse. De rêver un petit peu et imaginer: qu’est-ce que je ferais si j’étais enseignant de PS à la rentrée

Pas pareil un cours d’éveil PS qu’une classe… vraiment?

Car oui, j’ai déjà eu des classes de petite section. Mais ils étaient maximum 8 enfants. Une classe de maternelle peut avoir jusqu’à 30 enfants.

Selon l’Académie, après avoir questionné l’inspectrice, c’est parce qu’on a bien survécu à l’époque, on ne voit pas pourquoi on n’y arriverait pas maintenant. Les enseignants, moi-même ainsi que beaucoup d’autres parents, ne sont pas du même avis.

Bref, où en étais-je?

Mes toutes petites classes de petite section, que j’avais une fois par semaine, une heure, me donnaient une toute petite idée de ce qui pouvait ressentir l’enseignant.e, mais vraiment toute petite.

La caractéristique de cet âge était que la plupart du cours je la passais comme si j’étais en train de faire un long spectacle pour enfants interactif, mais où presque personne interagissait.

C’était drôle la première fois que je me suis confronté à ça. 

Les enfants étaient tellement captivés. Ils me regardaient bouche bée, limite avec la bave qui coule, et il y en a eu même un qui est tombé de son siège. Il avait oublié qu’il était dans un cours… et qu’il fallait qu’il garde son équilibre.

Enfin, pas évident.

Les pleurs

Puis, en petite section nous avons droit aux pleurs. Ah là là là! Bénits soient-ils! 

Je me souviens que tous les ans je me demandais, bon, comment je gère cette année?

Les parents ne se doutent pas vraiment de comment ça se passe.

Les pleurs sont comme une maladie contagieuse, voyez? Si en a un qui pleure, et bah, les autres compatissent, et ils se mettent  à pleurer également. Puis, quand vous avez trouvé comment consoler un, et bien, 5 minutes plus tard il y en a un autre qui commence, et rebelote, le premier re-pleure. Cela peut-être un véritable cauchemar.

Un interminable cauchemar.

Enfin, jusqu’à ce que les parents partent.

Après ils se mettent en mode: inhibition d’émotions activé. J’ai su ça plus tard, mais c’est une réaction normale du cerveau “reptilien”.

Quand l’enfant n’est plus dans un terrain où il se sente complètement en sécurité, comme à la maison, il n’exprime plus rien. Enfin, il essaye… Pleurer, crier, ce sont des actions qui attirent l’attention, et cela pourrait le mettre en danger, s’il était encore à l’époque des cromagnons. Mais son cerveau “reptilien” n’est pas mis à jour…

C’est pour cela qui existe ce que le Dr Siegel appelle le cerveau d’en haut. Pour réfléchir et analyser si la situation est vraiment dangereuse ou pas.

 

J’ai une idée!

Il y a quelques points que j’aimerais partager avec les enseignants.es de PS. 

Je sais que je n’en suis pas une, que je ne connais pas tous les enjeux, ni le programme qu’ils/elles doivent suivre. C’est pour cela que j’aurais aimé proposer certains points, sans vouloir critiquer pour autant.

  • Commencer la journée assis. Que l’enseignant.e soit assis, et que les enfants, au fur et à mesure qu’ils arrivent s’assoient autour de lui/elle. Cela permettrait aux enfants de savoir quoi faire. Et ceux qui ont besoin d’un contact physique puissent se mettre à côté de l’adulte pour au moins lui donner la main.
  • Accueillir les enfants avec une musique de fond. La musique détend l’atmosphère, appelle l’attention de l’enfant, et diminue les angoisses qui puissent avoir et de la part des enfants, et de la part des adultes (parents et enseignant.es). Moi par exemple, j’aimais bien recevoir les enfants avec de la musique classique, essayer de reconnaître avec ceux qui étaient déjà arrivés les instruments. Ceux qui arrivent du coup sont poussés à écouter, puis même à participer.
  • Puis une fois que tout le monde arrive, une petite chanson de bonjour où on apprend les prénoms.

Je sais que dans mes petits groupes ces choses là marchaient assez bien, et que les pleurs étaient moins présents.

Des choses que je n’ai pas essayé, mais j’aurais aimé essayer

Ensuite, si j’étais enseignant en PS j’aurais aimé essayer des nouveaux trucs. 

Une journée de la première semaine je commettrais une folie. Quelque chose que personne n’ose jamais faire. Mais qui peut-être serait bénéfique pour la suite…

Je travaillerais la tristesse.

Non, mais ça ne va pas, non?

Si, si. Ça va. Mais je me dis qu’on a déjà essayé moultes fois d’inhiber les pleurs et les signes de tristesse. Pourquoi ne pas aller jusqu’au bout des techniques de la discipline positive, et valider cette émotion, tout en la travaillant?

Du coup, je ferais comme dans l’article sur la tristesse que j’ai écris il y a quelques mois, ici. Ou dans mon article sur la rentrée de la semaine passée.

Je mettrais de la musique triste, et je leur demanderais tout ce qui leur rend tristes. Bien sûr, ils ne répondraient pas tout de suite, alors je commencerais mes propositions: vous êtes tristes quand papa et maman s’en vont? Tout en sortant les mouchoirs. Une fois qu’on aurais déterminé tout ce qui nous rend tristes, je chanterais une chanson sur la tristesse, comme celles proposés ici ou ici.

Ensuite, après cette chanson, je mettrais une musique bien joyeuse. A ce moment là je leur demanderais qu’est ce qui leur rends joyeux ou contents. Normalement je devrais avoir plus de réponses là… car plus détendus. Et ensuite on chanterais des chansons joyeuses qu’ils connaissent: sur le pont d’Avignon, une souris verte, etc.

Pour finalement leur laisser du temps libre, pour qu’ils découvrent, comme d’habitude, les différents espaces de la classe, les ateliers, etc.

Pas d’accord

Bien sûr vous avez le droit de me traiter de vieille hippie, de rêveuse ou de folle.

Sûrement il y a beaucoup de paramètres que j’oublie, et que du coup rend mes propositions impossibles à réaliser.

Peut-être, mais je suis sûr que rien qu’à l’idée de les faire, ça vous a mis le sourire dans votre visage.

J’aimerais bien, dans tous les cas, que vous me disiez quelles sont les contraintes, les obstacles. En quoi cela vous paraît irréalisable.

Vous pouvez bien sûr trouver des variantes qui fassent évoluer les exercices sur les émotions avec des percussions, ou moins musicale, avec la peinture ou les crayons couleurs.

Enfin, j’arrête de m’emballer.

J’attends vos commentaires!

D’ici là, je vous souhaite du bonheur, de la sagesse, et des rythmes de fado.

 

La rentrée musicale

Des enfants qui pleurent accrochés, vainement, aux jambes de leur mère. De l’incompréhension, du manque de compassion. La bienveillance qui manque à l’accueil de l’école. Du malheur, du stress, de l’inquiétude. C’est la rentrée.

Et, avant de continuer, je vais vous demander de faire play. Ça va vous détendre si vous êtes dans un de cas nommés plus haut…

Les enfants étaient bien en vacances. On ne peut pas leur en vouloir. Nous aussi.

Bien sûr il y a des petits qui sont contents d’aller à l’école, mes enfants en font parti. Ils étaient certes stressés pour le premier jour, mais une fois dans la classe ils étaient ravis! Incroyable! 

Puis je dois dire que l’école de mes petits a un super accueil, les maîtresses et Atsem sont souriantes et à l’écoute de l’enfant et du parent. J’ai vraiment de la chance.

Malheureusement j’ai appris que ce n’est pas le cas pour tout le monde…

Pourquoi, pourquoi vous faites ça?

 

Alors j’entends des enfants qui pleurent comme si la déchirure était énorme. Du coup, les pleurs des ces enfants mènent au stress de ceux qui ne pleurent pas, et se demandent, mais, où suis-je? J’entends des parents qui ne comprennent pas l’attitude de leurs enfants.

“Mais, comment ça se fait? Pourtant il allait à la crèche! ” C’est une phrase tellement récurrente. Ou alors: “oui, c’est normal, il était avec l’assistante maternelle, alors il n’a pas l’habitude d’être avec autant d’enfants” ou : ” oui, c’est parce que c’était moi (la maman ou le papa) qui le gardait, il n’a pas l’habitude de nous laisser”…  La vérité est qu’il n’y a pas de recette miracle. 

Enfin, une chose est certaine: la souffrance est là, ressentie de toutes parts.

Du coup, comme je n’aime pas vraiment voir la souffrance, je me pose encore une fois, et me demande quelle solution pourrais-je trouver avec ma miraculeuse et guérisseuse musique?

D’abord: comprendre

Je dépose mes enfants à l’école aujourd’hui. Pour mon plus jeune enfant c’est son deuxième jour. Et il n’a pas envie.

– “Maman, je n’ai pas envie d’aller à l’école, je veux aller à la maison”.

– “Oui, mon coeur, tu as envie d’aller à la maison, tu n’as pas envie de rester. Je comprends. Mais il faut que tu restes.”

– “Non, maman, je veux pas rester!”

– “Mais, tu te souviens? tu m’as dit que tu avais joué avec le train, et avec les voitures, et à la cuisine? que tu t’étais bien amusé?”

Des enfants qui pleurent dans le couloir, qui maintenant se ressemble au couloir de la mort… Je suis tendue comme la corde de mi aiguë à la guitare. Mon fils commence à paniquer.

– ” Je ne veux pas aller à l’école, maman, regarde, ils pleurent!” Dit-il en regardant les enfants d’un air de plus en plus stressé.

“Je sais, mon cœur, tous ces enfants qui pleurent c’est stressant. Mais ne t’inquiète pas, tout va bien se passer.”  On rentre dans la classe, on dit bonjour, et j’essaye de le convaincre de faire ce que l’Atsem lui propose, ou autre chose. Sa sœur essaye de le convaincre également. 

Rien y fait.

La sonnerie nous perce comme une flèche l’aurais fait dans nos coeurs. 

– “Il faut que je te laisse, mon cœur, il faut que j’emmène ta sœur à sa classe. Je dois aller travailler…” Il descend, je souffle, il veut bien aller jouer.

Puis, il nous vois partir. Et là il coure, il pleure, il est en panique. Sa maîtresse le prend.

Je lui crie que je suis désolée, mais je pars emmener ma fille, en me sentant une mère indigne qui n’a pas bien fait son travail.

Bien sûr, avec le recul on pourrait voir dix mil et une manières différentes de réagir et de gérer la situation. Aujourd’hui c’était cela. Voyons juste comment peut-on faire mieux demain?

Comprendre, communiquer, valider. 

La souffrance est là, de toutes parts. Acceptons là.

Se libérer pour trouver des réponses

Avez-vous 5 minutes? Avant que vous partiez au travail? 

L’épreuve de laisser ses enfants à l’école est souvent intense. Surtout à la rentrée. Même quand on la renie. Mais aujourd’hui on va laisser nos émotions s’exprimer.

C’est un exercice que l’on fera aussi avec nos enfants quand les retrouvera.

D’abord, respirez par le ventre. Comme si vous aviez un ballon dans votre ventre qui se gonflait à chaque fois que vous rentrez de l’air à l’intérieur.

Lâchez.

Respirez ainsi 3 fois.

Ensuite, si vous êtes dans une voiture, ou dans les transports communs, vous allez mettre une chanson qui vous évoque de la tristesse. Montez le son. Et vous allez vous lâcher. 

Tout en chantant cette chanson (si vous êtes dans un endroit qui le permet) vous allez détendre chaque muscle de votre corps tendu. Bougez les épaules, votre torse, vos jambes. Soyez conscient.e de tout le poids que vous chargez chaque jour. Débarrassez vous du trop plein.

Une fois que la chanson sera fini, vous allez mettre une qui vous évoque de la joie.

C’est mieux? 😉

Sentez comme votre sourire reviens, comme les soucis laissent de la place à la joie. Comment l’espace dans votre esprit se fait.

Les solutions aux problèmes ne peuvent venir que s’il y a de l’espace pour eux.

Vous avez la musique en vous!

Variante pour les enfants

L’exercice sera le même, mais avec une musique qui leur évoque de la tristesse et de la joie. Même que pour la joie, comme vous serez à la maison, vous allez pouvoir chanter et danser en même temps. Cela est parfait pour une décharge total d’émotions. D’ailleurs, à ce sujet, je vous recommande très fortement ce site pour des astuces méditatives pour vos enfants.

Pour des idées de chansons tristes, vous pouvez aller voir mes articles sur la tristesse: ici.

C’est à vous!

Racontez-nous votre rentrée, comment ça s’est passé? comment avez vous géré? Et vos enfants? Partageons nos astuces ensemble!

D’ici là, je vous souhaite du bonheur, de la sagesse et des rythmes boléro.