Apprendre la musique aux enfants

Apprendre la musique lorsque l’on est enfant est beaucoup plus simple que lorsque l’on est adulte, et ce pour un tas de raisons. Cependant, un adulte pourra assimiler des notions beaucoup plus facilement et rapidement qu’un enfant pourra le faire.

Mais d’un côté comme de l’autre, il y aura des avantages et des inconvénients, même s’il faut avouer qu’il est préférable de commencer à apprendre la musique avant ses 15 ans

Et c’est tout l’objet de cet article, puisqu’aujourd’hui je vais vous présenter pourquoi apprendre la musique aux enfants et comment le faire pour que cela reste captivant et intéressant du point de vue de l’éveil de l’enfant. 🙂

D’ailleurs, cet article est un article invité écrit par Antoine du blog Enseigner La Musique, blog spécialisé dans l’apprentissage de la musique au travers de la guitare, du piano ainsi que de la composition et de l’enseignement de la musique. De plus, il apporte également un œil nouveau sur les nouvelles techniques apparues ces dernières années au niveau de la Musique Assistée par Ordinateur, ce qui est très intéressant pour développer de nouvelles facettes artistiques chez chacun afin que le plus de monde possible y trouve son compte. 🙂

Allez, sans plus tarder, rentrons dans le vif du sujet !

POURQUOI APPRENDRE LA MUSIQUE AUX ENFANTS ?



Beaucoup de personnes rêvent d’apprendre la musique et de jouer d’un instrument depuis leur plus jeune âge, mais plus de la moitié d’entre elles n’en ont pas forcément eu le temps, la motivation ou ont des parents qui n’en avaient pas forcément les moyens.

De ce fait, beaucoup d’adultes désirent commencer l’apprentissage d’un instrument une fois « installés » dans la vie et qu’ils savent qu’ils peuvent dorénavant passer plusieurs heures par semaines pour s’entraîner de façon régulière.

Cependant, bien que l’on puisse apprendre la musique à tout âge, il est néanmoins plus simple de faire apprendre la musique aux enfants plutôt qu’aux adultes.

Tout d’abord, apprendre la musique lorsque l’on est un enfant est une excellente activité qui aide à développer la créativité et la sensibilité artistique.

De plus, la musique a un aspect plaisant puisque, quel que soit l’âge que l’on ait, la musique est omniprésente tout autour de nous et elle nous aide à nous remonter le moral, à nous accompagner dans les moments difficiles mais également à nous faire prendre la vie du bon côté, à nous faire chanter et danser, sourire… bref, à jouer énormément sur nos émotions, quelles qu’elles soient !

Écouter de la musique reste donc plaisant pour tousmême si on n’est pas adepte d’un style en particulier – et nous apprend à mieux écouter ce que l’on joue pour mieux le « savourer », même pour un enfant de 6 ans.

De plus, la musique est un domaine qui concilie à la fois une vision artistique et littéraire, basée sur le ressenti des émotions et à la fois un aspect « mathématico-cartésien » intéressant pour l’enfant.

Cela lui permet ainsi de stimuler ses différentes fonctions cognitives, mémorielles et l’aident à mieux intégrer les notions logiques de répartition, de gymnastique arithmétique et de géométrie dans l’espaceen évoquant ce dernier point, je pense surtout aux différentes façons de battre la mesure en 2, 3 ou 4 temps :).

Ensuite, là où il est intéressant d’apprendre la musique lorsque l’on est bambino, c’est que la difficulté d’apprentissage n’est pas du tout la même qu’avec les adultes. Voyons donc pourquoi :

UNE PLUS GRANDE OUVERTURE D’ESPRIT POUR APPRENDRE

 

Effectivement, lorsque l’on est enfant, il y a un tas de questions que l’on ne se pose pas comme on pourrait le faire lorsque l’on est adulte. Par exemple, si l’on doit expliquer l’ordre des notes à un enfant, celui-ci les apprendra par cœur comme une comptine qu’on lui demandera d’apprendre à l’école alors qu’un adulte pourra potentiellement demander « Mais pourquoi ces notes s’appellent-elles de cette façon ? », alors que ce n’est pas indispensable pour commencer à apprendre un instrument. 😉

D’ailleurs, j’en profite pour dire que vous pouvez réellement découvrir l’origine des notes de musique, des clés et des premières bases de la musique à travers l’article « Les Notes De Musique Sur La Portée » qui vous expliquera tout ce qu’il faut savoir sur le sujet si cela vous intéresse ! 🙂

Alors, comme dit précédemment, l’origine des choses n’est pas forcément nécessaire pour bien débuter la musique, mais si vous êtes un peu curieux et que cela peut vous intéresser, je vous invite fortement à y faire un tour, surtout que j’évoque quand même toutes les premières notions indispensables en musique. 🙂

Comme vous êtes adulte, je vous recommande donc de ne pas vous attarder sur de petites choses futiles qui n’en valent pas la peine, gardez votre esprit ouvert et agissez comme si vous n’aviez que 8 ans ! (Ceci dit, c’est plus simple pour certains que pour d’autres 😉 )

Si vous ne comprenez pas le pourquoi du comment pour le moment, ce n’est pas grave, le principal est de retenir ce que l’on vous enseigne et de le restituer de la façon la plus fidèle possible. 🙂

DAVANTAGE DE TEMPS DISPONIBLE POUR APPRENDRE LA MUSIQUE

 

En effet, ce n’est pas négligeable mais être un enfant implique ne pas avoir autant de responsabilités qu’un adulte et donc du temps pour faire ce qu’on veut à côté des devoirs scolaires.

C’est pour cette raison que la période de l’enfance est le moment idéal pour s’initier à plein de nouvelles activités afin que les parents aident à mieux cibler les centres d’intérêts de l’enfant et l’aident à mieux s’épanouir par la suite. 🙂

Ainsi, si votre enfant est intéressé par l’apprentissage d’un instrument, alors ne l’en privez surtout pas. C’est d’ailleurs valable pour tous les autres centres d’intérêt d’ailleurs ! 😉

Du coup, en ayant choisi cette activité extra-scolaire, il pourra s’y consacrer régulièrement à la maison car il pourra facilement dégager 30 min tous les jours afin de s’y adonner suffisamment pour pouvoir progresser !

DES ENFANTS ACCOMPAGNÉS POUR MIEUX APPRENDRE

 

Au départ, l’apprentissage de la musique était réservée aux gens privilégiés de la noblesse. Avec le temps, de plus en plus de gens ont eu la possibilité d’apprendre la musique avec des professeurs privés, mais le fait est que ces cours coûtaient cheret c’est encore le cas aujourd’hui – et que tout le monde n’avait pas les moyens de s’en payer, de s’acheter un instrument et d’être assez aisé en société pour libérer du temps pour eux et ainsi pouvoir réellement s’y consacrer.

Aujourd’hui encore, de nombreuses personnes me disent d’avoir toujours eu envie d’apprendre à jouer du piano mais qu’ils étaient épris d’une autre passion et que leurs parents n’avaient pas les moyens pour leur payer des cours en supplément de ce qu’ils faisaient déjà, sans compter l’achat de l’instrument en lui-même.

C’est pourquoi les enfants « chanceux » comme moi qui ont découvert la musique grâce à un synthétiseur – comme avait mon père depuis 1993 – ont vu leurs parents heureux de leur offrir des cours de musique !

Et à partir de ça, à la moindre baisse de motivation, à la moindre feignardise de l’enfant, les parents vont essayer dès que possible de faire ce qui est en leur pouvoir afin de lui redonner envie de se remettre au travail pour arriver, au final, à plusieurs années de pratique qui l’amèneront à maîtriser correctement son instrument… sans n’avoir jamais abandonné. 😉

Or, chez un adulte, si l’on perd cette motivation, c’est à nous-même de trouver des solutions afin de la retrouver et de se redonner des objectifs qui vont nous sortir de ce gouffre irréversible.

D’ailleurs, si vous souhaitez savoir comment retrouver cette motivation qui vous manque au quotidien afin de mieux remonter la pente et pouvoir atteindre vos objectifs plus facilement, n’hésitez pas à consulter mon article sur le sujet : Garder La Motivation En Musique. 😉



Pour conclure, n’oublions pas que le cerveau est plus réactif en début de vie qu’il ne l’est avec l’âge. Apprendre un instrument est donc plus facile lorsque l’on est enfant, mais ce n’est pas pour autant qu’il est impossible de le faire plus tard, et il est important de prendre conscience de ça. 🙂

COMMENT APPRENDRE LA MUSIQUE AUX ENFANTS

 

Maintenant que l’on a vu pourquoi apprendre la musique quand on est en jeune âge, voyons comment faire pour faire apprendre la musique aux enfants et ce que pourrait être un cours de musique-type bénéfique. 😉

DÉROULÉ D’UN COURS DE MUSIQUE POUR ENFANTS

 

Un cours de musique de façon générale ne doit pas excéder 1 h lorsque l’on est adulte ou lorsque l’on a un excellent niveau. 1 h de musique tous les jours est d’ailleurs nécessaire pour progresser très rapidement ! Lorsque l’on est adolescent, 45 min est amplement suffisant comme durée de cours.

Mais lorsque l’on enseigne la musique aux enfants, il ne faut pas dépasser 30 min de cours au maximum !

Au-delà de ce temps, l’enfant se sentira fatigué et vous ne pourrez plus rien lui apprendre. Alors, même si vous avez l’impression qu’il vous écoute, sachez vous arrêter avant qu’il ne soit trop tard.

Avec les enfants, il vaut mieux en enseigner un peu moins mais faire en sorte qu’il vous écoutera TOUJOURS avec attention, qu’il travaillera correctement chez lui et qu’il aura toujours envie de revenir vous voir pour un nouveau cours.

Dans ce cours de 30 min, vous avez bien entendu le droit de parler un petit peu en supplément sur d’autres sujets que le cours en lui-même sans que cela ne soit pris en compte dans le temps réservé à l’élève.

Mais ce que vous devez faire par-dessus tout dans ce cours, c’est de proposer plusieurs ateliers afin que l’enfant ne voit le temps passer pour aucun de ces ateliers et qu’il considère le cours comme « Déjà fini ? On s’amusait bien pourtant. » Si vous entendez cette phrase, vous aurez tout gagné ! 😉

Mais « Quels types d’ateliers pouvons-nous proposer ? » me demanderez-vous ?

Tout d’abord, faites en sorte d’apprendre une nouvelle notion à chaque cours ou de revenir sur la dernière notion apprise qui n’a pas été totalement acquise. Par exemple, si l’élève ne se souvient plus ce qu’est exactement un demi-ton et un ton, faites de nouvelles démonstrations en vous aidant du clavier de piano et faites-lui faire cet exercice plusieurs fois pour qu’il l’assimile mieux !

Ensuite, pratiquez pendant une dizaine de minutes un petit peu de « solfège d’entraînement » comme je l’appelle, c’est-à-dire l’entraînement à la lecture de Clé de Sol, à celle de Clé de Fapour les plus avancés – et à la lecture rythmique, avec métronome bien entendu !

Cette partie sera sûrement la partie la moins amusante, mais elle est pourtant nécessaire, d’autant plus qu’un enfant nous écoutera plus facilement qu’un adulte ne le fera et ne rechignera pas autant.

Après tout, un enfant reçoit des ordres tous les jours de la part de ses parents, de son maître d’école ainsi que de tous les adultes à qui il a affaire au quotidien. Vous ne serez que le 10ème de la liste et c’est pour cela que vous devez profiter de cette situation pour exiger qu’il pratique du solfège dans l’unique but d’être tranquille par la suite quand il grandira. 🙂

Après, beaucoup de mes élèves trouvent un certain plaisir à me lire leurs lectures de notes puisqu’ils se mettent directement au travail pour me montrer qu’ils ont bien travaillé à la maison et je pense que c’est la fierté de ce à quoi ils ont pu aboutir qui les rend si motivés. 🙂

Enfin, passez les 10/15 minutes restantes au piano avec 2 exercices courts mais néanmoins indispensables :

Tout d’abord, apprenez à l’enfant à bien se positionner devant le piano, à placer ses mains correctement, à ne pas se crisper, à réaliser des passages de pouces propres et à lui inculquer l’indépendance des mains. Et pour cela, vous l’aurez peut-être compris, le travail de la montée et descente de la gamme est un incontournable !

De plus, c’est un travail modulable puisque l’on peut travailler main par main, puis mains ensembles, sur une seule octave comme sur toute la longueur du clavier, ce qui permet donc d’ajuster la difficulté en fonction des capacités de chacun. 🙂

D’ailleurs, si la gamme de Do Majeur est acquise à 2 mains sur plusieurs octaves en montant et en descendant de façon régulière avec une bonne position des doigts, des mains et du corps, alors le travail n’est pas fini puisqu’il reste par la suite l’apprentissage des différentes autres gammes Majeures ! En effet, tout comme il existe 12 notes différentes, il existera 12 gammes Majeures à étudier avant de pouvoir dire que l’on maîtrisera totalement le travail des gammes. 😉

Enfin, après un travail de la gamme qui ne prendra à l’enfant que quelques minutes, il est important de lui faire apprendre ses premiers morceaux dans une méthode appropriée afin qu’il découvre les méandres du solfège concrètement sur une partition détaillée et créée tout spécialement pour le faire progresser pas à pas.

Les premières semaines de cours peuvent s’avérer laborieuses puisqu’il faut savoir tout mettre en place avec l’élève, l’obliger à prendre des habitudes de travail mais une fois que tout ceci est rentré dans l’engrenage, le travail s’effectue tout naturellement de cours en cours et chaque atelier se résume à 10 min à chaque fois, ce qui nous fait donc un total de 30 min avec 3 ateliers différents et un cours réussi pour chaque élève ! 🙂

LES MÉTHODES UTILISÉES DANS L’APPRENTISSAGE DE LA MUSIQUE AUX ENFANTS

 

Entendons-nous bien : par « méthodes », je veux désigner les différents livres qui sont utilisés pour l’apprentissage de la musique chez les enfants et les techniques qu’elles enseignent à l’intérieur !

Et en effet, pour apprendre la musique, il existe différents ouvrages afin de s’initier à la lecture de notes, au rythme et bien sûr à la pratique de son instrument. Mais ces méthodes sont bien entendues différentes que l’on soit enfant ou adulte !

Pour commencer, un enfant devra simplement apprendre la Clé de Sol bien avant de commencer la Clé de Fa et en n’apprenant que des notes simples et répétées que l’on trouve au milieu de la portée afin que cela soit simple à repérer pour lui.

Une méthode qui a su faire ses preuves depuis des années est la méthode rythmique ABC d’Ernest Van De Velde qui intègre l’apparition des différentes figures de notes pour s’initier au rythme très simplement et rapidement avec des notes très simples à lire.

Cette méthode demandera à l’enfant de savoir battre la mesure avec sa main afin de mieux comprendre la signature rythmiquequ’il apprendra en profondeur bien plus tard – et de savoir lire les notes en même temps. Ce travail est donc très intéressant afin de faire adopter au cerveau une distinction de 2 travaux différents simultanés, chose indispensable pour jouer de n’importe quel instrument. Par exemple, un guitariste aura forcément besoin de ses 2 mains ne faisant pas du tout la même chose en même temps pour jouer des notes et un pianiste devra savoir rendre ses mains totalement indépendantes !

Lorsque l’on grandit, je préconise ensuite de se procurer le Manuel pratique pour la lecture des Clés de Dandelot qui permet de se spécialiser en lecture de Clé de Sol et de Clé de Faet qui intègre également les 4 Clés d’Ut – mais qui est trop complexe pour qu’un enfant l’aborde dès son début d’apprentissage sans qu’il n’en soit dégoûté.

Vous pourrez la rajouter avec le temps, au bout de quelques mois après que la routine de travail se soit mise en place et que les premières notes soient bien intégrées par l’élève.

Enfin, le livre de piano que je conseille à tous les jeunes pianistes en herbe ayant entre 6 et 10 ans est la 1ère Année De Piano par Charles Hervé et Jacqueline Pouillard qui permet d’aborder progressivement l’indépendance des 2 mains en rendant ça ludique avec des dessins enfantins d’animaux jouant de la musique sur l’ensemble des pages. En général, les enfants aiment beaucoup ce livre et disent souvent qu’ils ont « travaillé la girafe »…. 😉

En bonus, des morceaux à 4 mains avec le professeur sont présents dès le début de cette méthode, ce qui permet aux enfants de découvrir l’originalité de ce genre de pratiques et qui lui permet de commencer à faire travailler son oreille et l’adaptation au fait de jouer avec d’autres musiciens ce qui, en somme, est le but final de la musique. 🙂

LA MISE EN PRATIQUE APRÈS L’APPROCHE THÉORIQUE

 

Enfin, il ne faut jamais oublier de rendre le cours bien vivant et de ne pas le laisser à l’état de cours théorique pur.

Toute la journée, les enfants sont assis derrière un bureau sur lequel ils ne font qu’écrire afin d’apprendre des notions abstraites.

Rendez-leur le cours de musique plus intéressant : faites-leur écouter un rendu de tout ce que vous leur expliquez ou même, mieux : pour vérifier qu’ils ont bien compris, demandez-leur de mettre eux-mêmes en pratique la leçon du jour !

Par exemple, si la notion apprise le jour même est l’étude des différentes altérations, demandez à votre élève de trouver, sur le clavier, les différentes touches en fonction de la note que vous lui demanderez et inversement !

Vous devez trouver des exemples musicaux pour tout ce que vous leur apprenez de façon théorique, c’est la base absolue. Ils viennent pour un cours de musique et non pour un cours de science. 😉

Voilà, sur ce, je pense avoir fait le tour de tout ce que vous devez savoir sur comment apprendre la musique aux enfants, que ce soit en cours ou que ce soit la façon dont vous devez réagir vis-à-vis de votre enfant qui a envie de découvrir ce merveilleux domaine. 🙂

Je rappelle que cet article invité a été écrit par Antoine du blog Enseigner La Musique qui propose d’ailleurs de découvrir l’intégralité du solfège résumé dans un guide complet et illustré via le lien suivant : Les Bases De La Musique Au Piano Et À La Guitare. 🙂

À bientôt sur le blog !

A quoi me sert la musique dans ma classe?

“Sans musique, il n’y a pas  d’éducation véritablement complète, humaine, informante” selon Etienne SOURIAU, philosophe français. Alors, comment inclure la musique dans la classe?

Il est très intéressant l’écart qui existe entre la réputation de la musique et son rôle omniprésent dans la vie de tout le monde.

Quand on demande aux ados “pourquoi la musique, à quoi ça sert?” tout de suite ils répondent bouche bée: “mais, c’est impossible de vivre sans musique!”. 

Pourtant, quand on pose la même question aux gens “sérieux”, la réponse est “pour divertir, pour danser“, mais on le lui enlève beaucoup d’importance, voir on la ridiculise.

Combien de fois m’a t-on questionné, après avoir dit que la musique était mon métier, “Mais quel est ton “vrai” métier?” Comme si c’était impossible qu’un métier musical existe. Et cela est commun à tous les arts…

Puis, il y a les sciences, les neurosciences pour être plus précise, qui prouvent que la musique a une importance crucial chez l’être humain et dans son développement. A ce moment là, même le ministère de l’Education Nationale commence à reconnaître qu’il faut vite que la musique soit incluse dans l’éducation de nos enfants et organise depuis ces trois dernières années “la rentrée en musique”.

Ils n’ont pas tort! Vous savez pourquoi?

La musique dans les événements

La musique est très utilisé lors de “lives”, commémorations ou autres. Cela permet à l’organisateur d’accompagner les participants vers des émotions et des sentiments communs.

Evénements patriotiques

En Amérique Latine, dans les écoles de l’Etat (publiques ou privés), il y a ce qu’on appelle des “actes”. 

Ceux-ci consistent à faire une commémoration pour chaque date “patriotique” de l’année: batailles qui ont marqué l’histoire du pays, naissance d’un héro Nationale, etc (bon, on peut se le permettre… dans ces pays l’indépendance date depuis relativement pas très longtemps comparé aux pays Européens…).

Dans ces événements on chante l’hymne National, bien sûr, mais aussi on chante et on danse des musiques traditionnelles, qui ont été empruntés pour la plupart à l‘Espagne, mais qu’on a “légèrement” modifié. 

Ces “actes” donnent un sens à la Nation, dans des pays pour la plupart métis et meurtris par la colonisation, certes. Mais aussi donnent une opportunité de cohésion sociale, une culture musicale commune.

Evénements de coaching collectifs

La musique est très bien utilisé dans ces journées. 

Une bonne musique pêchue pour commencer la séance et donner du peps aux participants. 

Des musiques qui vont de la mélancolie à la joie, en passant par des moments de tension, pour bien accompagner des vidéos de témoignages de ceux qui ont eu l’opportunité de suivre cet événement. Ce qui apporte au publique des émotions plus intenses.

Imaginez que vous rentrez dans une salle où va avoir lieu une conférence très intéressante. Avant de commencer, les lumières s’éteignent, et sur les hauts parleurs sonne ça:

Que sentez-vous?

Forcément un truc de génial va se passer

Maintenant imaginez l’effet que ça donnerais à vos élèves s’ils commençaient la journée comme ça. 🤣 S’ils ne sont pas motivés après ça, je ne sais pas…

Mais bon, les petits sont déjà suffisamment motivés… ils n’ont pas besoin de ça.

Maintenant écoutez ceci:

Que ressentez-vous?

Idéal pour accompagner nos moments de tristesse, de peur, d’indécision, n’est-pas? (Dites le moi en commentaires!).

La musique dans ma classe

Si on résume un peu tout ça, la musique:

  • donne des aptitudes sociales à se rassembler. 
  • aide à apporter une cohésion en terme de culture musicale
  • est un instrument d’autorégulation émotionnelle
  • apporte une esthétique et des vibrations communes

Mais en plus elle peut être utilisé pour servir les propos de celui qui parle ou enseigne, dans notre cas.

Les petits sont très réceptifs à la musique que l’on entend. Cela peut très facilement les faire changer d’émotion ou de sensation. 

Chanter une musique entraînante à l’heure de ranger ou réaliser une tâche qu’ils aiment moins, peut rendre la collaboration tout de suite plus facile (d’ailleurs, je devrais moi aussi l’utiliser à la maison…)

Je me souviens, enfant, de ce film où Jhonny Depp faisait le ménage avec la musique à fond, et le résultat était génial. Depuis, j’adore mettre de la musique entraînante quand je nettoie.

D’ailleurs, je ne suis pas la seule, sur YouTube, on peut trouver des dizaines de playlist pour ranger sa chambre… C’est que ça motive!

Cette chanson pourrait être une idée, en l’adaptant selon l’âge:

Chanter des comptines traditionnelles, mais aussi des chansons d’artistes plus récents, donnent une culture musicale commune, et une adhésion sociale. Vous pouvez trouver plus d’idées (en plus des vôtres) ici, ici et ici.

Puis, rien ne vous empêche de créer une chanson avec toute la classe, sur un sujet qui les tracasse ou dont ils sont curieux. Cela développe la créativité et l’improvisation.

Pour les moments de concentration utilisez la musique classique, pour les moments calmes, les comptines douces ou les balades de jazz

Point d’orgue et fin

La musique en classe peut avoir un rôle très constructif et épanouissant pour l’enseignant et l’élève. La fonction de la musique est multiple, et vous mène à plein de possibilités.

Je vous invite à me dire dans les commentaires comment utilisez-vous la musique dans votre classe, qu’est-ce qui vous empêche d’aller plus loin, comment pourriez-vous utiliser la musique pour aborder d’autres matières?

Pour finir cet article, voici ma chanson, non pas d’adieu, mais d’au revoir!

Du bonheur, de la sagesse, de la magie et du rythme traditionnel australien.

Comment survivre à l’hiver en musique

Winter is coming! Et avec lui: les grippes, les bronchites, les rhumes, la fatigue, les grèves. Comment survivre à l’hiver?

Avez-vous remarqué à quel point on se les pèle?

Cela donne envie de s’enfermer chez-soi, au chaud, face à une cheminé si on la chance d’en avoir une, sous la couette. La nature tout entière vous invite à vous reposer, à vous recueillir: les animaux qu’hivernent, les arbres qui sont tout nus (sauf, bien sûr, notre beau sapin), les journées qui sont extrêmement courtes.

Rajoutons à cela les grèves, les maladies d’hiver, et vous avez votre super combo.

La mortalité augmente en automne et en hiver.

Il y a plus de victimes de la dépression dû à un manque de lumière et vitamine D.

Pour couronner le tout, il faut travailler plus, il faut être plus attentif à l’école, les enfants étant fatigués vous demandent plus d’attention. Les fêtes qui arrivent. Vous êtes exigés de toutes parts.

Même si vous aimez cette saison (pourquoi déjà? ), vous êtes d’accord avec moi quand je dis que l’hiver est dure.

Alors comment faire? Comment survivre à cette saison où tout vous invite à vous abandonner à l’oisiveté la plus profonde?

D’abord connaître l’ennemi

Pour gagner une guerre, tout bon stratège commence par connaître son ennemi.

Malgré tout, l’hiver, n’est pas notre ennemi. 

C’est une saison par laquelle la nature doit passer. Même dans les pays tropicaux, il y a des moments de pause. C’est le rythme naturel des choses. 

Le hic étant que nous préférons avoir nos vacances en été à la plage, du coup, on se déconnecte de l’essence même de cette saison. Et nous devons travailler plus dur, car, en plus du travail normal que nous effectuons, on lutte contre notre propre nature.

De là une perte d’énergie innécessaire. 

Les enfants, eux, plus proches de leur nature, ils suivent ce même rythme. Ils ont tendance à dormir plus (enfin, les vôtres, les miens sont extraterrestres… ils dorment pas…), à se fatiguer plus vite.

Et qui dit fatigue, dit moins de capacité à gérer les frustrations, les émotions, etc. Déjà qu’à la base ils ne sont pas trop capables de le faire, en hiver c’est encore plus difficile! Et nous ne sommes pas toujours le bon exemple…

Tout n’est pas perdu!

Mais bon, tout de même, l’homme depuis toujours a travaillé dans toutes les saisons de l’année. Et une grande partie de son existence l’a passé dehors…

Alors, sûrement étant sa version moderne, nous sommes également capables de le faire! 

Ou pas?

Certes, pour ceux qui travaillent et étudient (enfin, si en maternelle on peut appeler le travail étudier… j’aurais mieux dit: investiguer, expérimenter, apprendre) à l’intérieur, vous êtes bien au chaud. Pourquoi quitter quelque chose qui vous conviens très bien.

J’avoue également que je ne sais pas trop comment vivent l’hiver ceux qui travaillent dehors… Mais, j’imagine qu’une fois rentrés chez-eux le soir ils sont plus que contents. (Vous me confirmerez dans les commentaires si c’est votre cas!)

Quoi qu’il en soit, dans la majorité des cas, vous survivez tous plus ou moins bien à l’hiver.

Je ne veux pas survivre, je veux vivre!

Oui, messieurs, dames, la question est là: veut-on survivre l’hiver ou bien vivre l’hiver?

Comment faire pour que vos petits, et vous mêmes soyez le mieux possible dans cette saison qui nous demande de ralentir dans un monde qui est tout sauf calme?

Prenez bien le temps d’écouter la chanson avant de lire la suite.

Car je ne sais pas encore quoi vous répondre.

Allez, allez, vous pouvez le faire! Cela dure 4 minutes, je sais, ça peut être long… mais respirez, et essayez d’aller jusqu’au bout.

Ça y est? Déjà? Ce serait trop vous demander de l’écouter encore une fois? Ou alors les autres deux chansons… Ça me ferait gagner du temps…

Non?

Pourtant il s’agit de ça: prendre le temps. 

Avez-vous dégusté aujourd’hui le rire de votre enfant? L’avez-vous dévoré à bisous? Avez-vous pris le temps de chanter une petite chanson de Noël avec lui? (Psssst! D’ailleurs, connectez-vous sur la page Petit Doremi Facebook, je vous réserve une surprise pour ce soir!)

Se faire plaisir, c’est vivre!

Je pense que l’hiver est une bonne occasion pour remettre la pendule à l’heure (si ce n’est pas ça l’expression, veuillez m’en excuser). D’ailleurs, nous vivons dans la “bonne” heure, ce n’est peut-être pas pour rien!

Jour de grève? Faisons un spectacle! Mes enfants appelant “pestacle” à chaque intervention hors du commun qui vienne de moi, de leur père, d’eux mêmes… 

Hier, par exemple, nous avons mis la playlist que Spotify a fait en fonction de ce qu’on a écouté dans l’année. Puis, comme ce n’était pas toujours au goût de mademoiselle (ma fille de 5 ans), j’ai décidé de leur faire un spectacle avec cette musique (que moi, par contre, j’adoooore). J’ai imité les musiciens, j’ai dansé, j’ai couru, je me suis caché et apparu plusieurs fois, et eux, assis dans le canapé, étaient morts de rire!

Jour de pluie? Créons la bande de son d’une histoire, avec l’instrument de votre choix. Pour nous c’est le clavier. Récemment nous avons changé le notre, et donné l’ancien aux enfants. De cette manière je peux donner des leçons de piano à ma fille, et ils peuvent s’amuser.

Car  c’est un synthétiseur des années 80: imaginez le délire! Je me souviens que moi, quand j’étais enfant, et j’allais chez quelqu’un qui avait un clavier ou un piano, j’adorais me faire des histoires avec! 

Les enfants sont malades? Racontez-leur une histoire d’hiver bruité. Pour ce faire, vous pouvez regarder cette vidéo.

Vous êtes malade? Dites leur d’aller écouter de la musique dans leur chambre, pendant que vous restez couché dans le canapé. :mrgreen:   Ou alors, mettez-leur du classique, pendant qu’ils dessinent, pendant que vous êtes à côté en train de vous reposer.

Ce n’est pas du classique, mais c’est calme...

Vive le vent d’hiver!

Puis, l’hiver n’est pas que de l’obscurité et de la froideur. Il y a pas mal de fêtes dans cette saison!

Noël, la chandeleur, la galette des rois, mardi gras: il y a de quoi devenir gras et joyeux!

Fêtons l’hiver différemment cet année, en prenant le temps de déguster les instants, en allant se coucher plus tôt, et accompagner le tout d’une musique festive ou relaxante, selon le moment de la journée.

Du plus profond de mon cœur, je vous souhaite du pur bonheur! Et des rythmes de pas de renne…

Eveil musical avec des enfants autistes

La musique est faite pour TOUT le monde. 

Peu importe votre âge, votre culture ou votre classe sociale. Votre QI ou votre niveau d’études. La musique convient à tous, et est utile pour tous.

J’ai eu la chance d’avoir plusieurs “genres” d’élèves: des quartiers et des styles de vie différents, avec des goûts musicaux très variés. Certains n’avaient même pas de culture musical: ils n’écoutaient pas de la musique.

Toutes ces personnes ont réussi a trouver leur bonheur dans la musique.

Un beau jour, j’ai eu l’immense chance et bonheur d’animer un petit groupe d’enfants autistes.

Aujourd’hui j’ai envie de vous partager cette expérience.

Un projet qui démarre

Quand le projet de donner des ateliers d’éveil musical à un petit groupe d’enfants autistes s’est concrétisé, la première chose que je me suis dis, c’est que j’allais me documenter.

En effet je ne suis qu’une prof de musique et musicienne, mais pas une professionnel psychologique ni psychomotricienne, ni rien qui s’apparente. 

Surtout à l’époque, où je n’avais pas encore passé mon certificat pour être coach parental.

Fort heureusement, il y a un truc qui me passionne de faire: c’est de me documenter.

Le hic, quand j’ai commencé mes recherches, c’était qu’il y avait un genre d’autiste par individu. Je me suis rendu compte que me renseigner sur ce “trouble mental” comme apparemment on l’appelle, était un peu comme vouloir me renseigner sur l’humanité. 

J’ai découvert qu’un autiste n’était pas forcément quelqu’un qui est ailleurs, super intelligent, incapable de sociabiliser, et toutes ces idées reçues qu’on a des personnes autistes.

Cette découverte je l’avais déjà faite quand j’ai gardé un enfant autiste des années auparavant, et quand j’ai eu des élèves qui avaient ce trouble.

Comment définir ce trouble?

Selon l’Inserm “les troubles du spectre de l’autisme (TSA) résultent d’anomalies du neurodéveloppement. […] Ils se manifestent par des altérations dans la capacité à établir des interactions sociales et à communiquer, ainsi que par des anomalies comportementales, en particulier une réticence au changement et une tendance à la répétition de comportements ou de discours.”

Dans mon expérience, les enfants présentant ces troubles avaient en commun un moyen d’apprentissage différent que les enfants sans ces troubles.

En approfondissant mes recherches sur le sujet, j’ai découvert également qu’ils ont développé plus l’hémisphère droit du cerveau que le gauche. Du coup ils apprennent mieux à travers des images et sons, que par le langage. 

Comme les tous petits, il faut privilégier le jeux et le langage non parlé pour qu’ils expérimentent et acquièrent l’information. Mais toujours d’après mon expérience, les enfants autistes vont “mémoriser” ce qui a été enseigné plus vite, voir, tout de suite. Bien sûr, à condition que ce soit lié à des images.

J’ai vu la différence, par exemple, quand je leur ai appris les figures rythmiques. 

Depuis quelques années j’avais fait des cartons avec des différentes figures rythmiques, auxquelles j’associé un mot et un mouvement. Cela marchait très bien pour les petits à partir de 3 ans, après quelques séances (1 à 3 mois environs). Mais avec les enfants autistes cela a été mémorisé tout de suite. C’était impressionnant.

Particularités

Je vous avoue que le premier jour d’atelier j’étais hyper nerveuse. Je ne savais pas du tout à quoi m’attendre. Surtout qu’on nous mettent en gare de toutes les choses qu’il peuvent arriver. Mais bien-sûr, ça, c’est juste le pire des tableaux! 

J’avais un garçon avec un sérieux handicap physique et une oreille absolue passionné de la musique, un autre qui ne parlais pas (mais il chantait!) avec une mémoire visuelle hors du commun et l’autre qui avait toutes ses facultés. Cela aussi me stressais, car je ne les connaissais pas, alors je ne savais pas de quoi ils étaient capables. Je ne voulais pas ni qu’ils s’ennuient, ni que ce soit frustrant pour eux.

Mais mon stress était en vain.

Un atelier d’éveil musical normal s’est déroulé sans aucune difficulté.

Les particularités que j’ai rencontré:

  • l’enthousiasme en puissance: quand ils aimaient quelque chose ils l’exprimaient fois dix, et c’était super agréable.
  • la passion: ils étaient très à l’écoute, demandants, même si, dû à leur trouble, ils me demandaient souvent la même chose.
  • des enfants très touchants: qui expriment leurs émotions de manière pure, malgré leur âge. Et je suis consciente que cela ne doit pas être facile à vivre tous les jours. Vu qu’avec les petits c’est difficile, mais ça passe à un moment donné, alors qu’avec eux ça ne passe pas… je ne sais pas s’ils arrivent à gérer leurs émotions un jour… mais ça c’est à voir avec un professionnel.

Le handicap physique n’a jamais posé des soucis. Le manque de langage parlé n’a pas posé des soucis. Le fait que j’ai un surdoué de la musique ça n’a pas posé de soucis.

Surtout on a passé des super moments. 

Quoi faire dans des ateliers de musique pour enfants autistes?

Comme je vous le disais avant, je n’ai pratiquement rien changé à mes habitudes. 

Les enfants que j’ai eu, même ceux que j’avais eu comme élèves auparavant, aiment ce que tous les enfants aiment.

La musique est un super exutoire pour eux, car c’est un moyen de communication non verbal idéal. 

A condition qu’on ne cherche pas de résultats (tout comme avec tous les enfants, d’ailleurs, chacun son rythme), on a des très bons résultats.

Alors si vous voulez mettre en place des ateliers de musique avec des enfants autistes, n’hésitez plus!! Et si vous voulez un coup de pouce, c’est par ici!

Racontez moi vos expériences avec des enfants autistes ou autre handicap dans les commentaires: qu’avez vous mis en place? quels étaient vos difficultés? quelles ont été vos joies? 

Puis à très bientôt!

Je vous souhaite du bonheur, de la sagesse et des rythmes soul.

 

Si j’étais enseignant de PS…

Ce n’est pas toujours évident de gérer une classe de Petite Section de Maternelle à la rentrée. Et si j’étais enseignant de PS pendant la première semaine de rentrée?

Au début on se dit, mais ouiiii, s’ils sont tout petits, tout mignons. C’est trop choux d’avoir une classe de petite section.

Mais ça c’est quand on n’est pas dedans la classe, et qu’on essaye de faire… des trucs. Peu importe quoi…

L’autre jour, en emmenant mon fils à sa classe, alors qu’il ne voulait pas aller à l’école, je regardais les autres enfants, la maîtresse et l’Atsem. Je me disais, wah! chaud!

Des enfants accrochés à leur doudous, qui suivaient partout la maîtresse. Mais alors, ils ne la lâchaient pas d’une semelle.

Des nez qui coulent. Des enfants complètement perdus au beau milieu de la classe qui se demandent “mais qu’est ce qu’il faut que je fasse ici?”

Ceux qui étaient plus à l’aise, bah, c’étaient ceux de MS… 

Alors j’ai eu envie de me mettre à la place de la maîtresse. De rêver un petit peu et imaginer: qu’est-ce que je ferais si j’étais enseignant de PS à la rentrée?

Pas pareil un cours d’éveil PS qu’une classe… vraiment?

Car oui, j’ai déjà eu des classes de petite section. Mais ils étaient maximum 8 enfants. Une classe de maternelle peut avoir jusqu’à 30 enfants.

Selon l’Académie, après avoir questionné l’inspectrice, c’est parce qu’on a bien survécu à l’époque, on ne voit pas pourquoi on n’y arriverait pas maintenant. Les enseignants, moi-même ainsi que beaucoup d’autres parents, ne sont pas du même avis.

Bref, où en étais-je?

Mes toutes petites classes de petite section, que j’avais une fois par semaine, une heure, me donnaient une toute petite idée de ce qui pouvait ressentir l’institutrice, mais vraiment toute petite.

La caractéristique de cet âge était que la plupart du cours je la passais comme si j’étais en train de faire un long spectacle pour enfants interactif, mais presque personne interagissait.

C’était drôle la première fois que je me suis confrontée à ça. 

Les enfants étaient tellement captivés.

Ils me regardaient bouche bée, limite avec la bave qui coule, et il y en a eu même un qui est tombé de son siège. Il avait oublié qu’il était dans un cours… et qu’il fallait qu’il garde son équilibre.

Enfin, pas évident.

Les pleurs… des enseignants de PS?

Puis, en petite section nous avons droit aux pleurs. Ah là là là! Bénits soient-ils! 

Je me souviens que tous les ans je me demandais: “bon, comment vais-je gérer cette année?”

Les parents ne se doutent pas vraiment de comment ça se passe.

Les pleurs sont comme une maladie contagieuse, voyez? Si en a un qui sanglote, et bah, les autres compatissent, et ils se mettent  à larmoyer également. Puis, quand vous avez trouvé comment consoler un, et bien, 5 minutes plus tard il y en a un autre qui commence, et rebelote, le premier recommence à pleurer. Cela peut-être un véritable cauchemar.

Un interminable cauchemar.

Enfin, jusqu’à ce que les parents partent.

Après ils se mettent en mode: inhibition d’émotions activé. J’ai su ça plus tard, mais c’est une réaction normale du cerveau “reptilien”.

Quand l’enfant n’est plus dans un terrain où il se sente complètement en sécurité, comme à la maison, il n’exprime plus rien. Enfin, il essaye… Pleurer, crier, ce sont des actions qui attirent l’attention, et cela pourrait le mettre en danger, s’il était encore à l’époque des cromagnons. Mais son cerveau “reptilien” n’est pas mis à jour…

C’est pour cela qui existe, ce que le Dr Siegel appelle, le cerveau d’en haut. Pour réfléchir et analyser si la situation est vraiment dangereuse ou pas.

Mais cette partie là du cerveau d’un petit de 3 ans est en pleine construction. Ils en sont qu’aux ciments…

Comment faire pour faciliter la rentrée, alors?

 

Des idées pour enseignants de PS

Il y a quelques points que j’aimerais partager avec les enseignants.es de PS. 

Je sais que je n’en suis pas une, que je ne connais pas tous les enjeux, ni le programme qu’ils/elles doivent suivre. C’est pour cela que j’aurais aimé proposer certains points, sans vouloir critiquer pour autant.

  • Commencer la journée assis. Que l’enseignant.e soit assis, et que les enfants, au fur et à mesure qu’ils arrivent s’assoient autour de lui/elle. Cela permettrait aux enfants de savoir quoi faire. Et ceux qui ont besoin d’un contact physique puissent se mettre à côté de l’adulte pour au moins lui donner la main.
  • Accueillir les enfants avec une musique de fond. La musique détend l’atmosphère, appelle l’attention de l’enfant, et diminue les angoisses qui puissent avoir et de la part des enfants, et de la part des adultes (parents et enseignant.es). Moi par exemple, j’aimais bien recevoir les enfants avec de la musique classique, essayer de reconnaître avec ceux qui étaient déjà arrivés les instruments. Ceux qui arrivent du coup sont poussés à écouter, puis même à participer.
  • Puis une fois que tout le monde arrive, une petite chanson de bonjour où on apprend les prénoms.

Je sais que dans mes petits groupes ces choses là marchaient assez bien, et que les pleurs étaient moins présents.

Des choses que je n’ai pas essayé, mais j’aurais aimé essayer

Ensuite, si j’étais enseignant en PS j’aurais aimé essayer des nouveaux trucs. 

Une journée de la première semaine je commettrais une folie. Quelque chose que personne n’ose jamais faire. Mais qui peut-être serait bénéfique pour la suite…

Je travaillerais la tristesse.

Non, mais ça ne va pas, non?

Si, si. Ça va. Mais je me dis qu’on a déjà essayé moultes fois d’inhiber les pleurs et les signes de tristesse. Pourquoi ne pas aller jusqu’au bout des techniques de la discipline positive, et valider cette émotion, tout en la travaillant?

Du coup, je ferais comme dans l’article sur la tristesse que j’ai écris il y a quelques mois, ici. Ou dans mon article sur la rentrée de la semaine passée.

Je mettrais de la musique triste, et je leur demanderais tout ce qui leur rend tristes. Bien sûr, ils ne répondraient pas tout de suite, alors je commencerais mes propositions: vous êtes tristes quand papa et maman s’en vont? Tout en sortant les mouchoirs. Une fois qu’on aurais déterminé tout ce qui nous rend tristes, je chanterais une chanson sur la tristesse, comme celles proposés ici ou ici.

Ensuite, après cette chanson, je mettrais une musique bien joyeuse. A ce moment là je leur demanderais qu’est ce qui leur rends joyeux ou contents. Normalement je devrais avoir plus de réponses là… car plus détendus. Et ensuite on chanterais des chansons joyeuses qu’ils connaissent: sur le pont d’Avignon, une souris verte, etc.

Pour finalement leur laisser du temps libre, pour qu’ils découvrent, comme d’habitude, les différents espaces de la classe, les ateliers, etc.

Pas d’accord

Bien sûr vous avez le droit de me traiter de vieille hippie, de rêveuse ou de folle.

Sûrement il y a beaucoup de paramètres que j’oublie, et que du coup rend mes propositions impossibles à réaliser.

Peut-être, mais je suis sûr que rien qu’à l’idée de les faire, ça vous a mis le sourire dans votre visage.

J’aimerais bien, dans tous les cas, que vous me disiez quelles sont les contraintes, les obstacles. En quoi cela vous paraît irréalisable.

Vous pouvez bien sûr trouver des variantes qui fassent évoluer les exercices sur les émotions avec des percussions, ou moins musicale, avec la peinture ou les crayons couleurs.

Enfin, j’arrête de m’emballer.

J’attends vos commentaires!

D’ici là, je vous souhaite du bonheur, de la sagesse, et des rythmes de fado.