A quoi sert la musique dans ma classe?

“Sans musique, il n’y a pas  d’éducation véritablement complète, humaine, informante” selon Etienne SOURIAU, philosophe français. Alors, comment inclure la musique dans la classe?

Il est très intéressant l’écart qui existe entre la réputation de la musique et son rôle omniprésent dans la vie de tout le monde.

Quand on demande à aux ados “pourquoi la musique, à quoi ça sert?” tout de suite ils répondent bouche bée: “mais, c’est impossible vivre sans musique!”. 

Pourtant, quand on pose la même question aux gens “sérieux”, la réponse est “à divertir, à danser“, mais on le lui enlève beaucoup d’importance, voir on la ridiculise.

Combien de fois m’a t-on questionné, après avoir dit que la musique était mon métier, quel était mon “vrai” métier? Comme si c’était impossible qu’un métier musical existe. Et cela est commun à tous les arts…

Puis, il y a les sciences, les neurosciences pour être plus précise, qui prouvent que la musique a une importance crucial chez l’être humain et son développement. A ce moment là, même le ministère de l’Education Nationale commence à reconnaître qu’il faut vite que la musique soit incluse dans l’éducation de nos enfants et organise depuis ces trois derniers ans “la rentrée en musique”.

Ils n’ont pas tort! Vous savez pourquoi?

La musique dans les événements

La musique est très utilisé lors de “lives”, commémorations ou autres. Cela permet à l’organisateur d’accompagner les participants vers des émotions et des sentiments communs.

Evénements patriotiques

En Amérique Latine, dans les écoles de l’Etat (publiques ou privés), il y a ce qu’on appelle des “actes”. 

Ceux-ci consistent à faire une commémoration pour chaque date “patriotique” de l’année: batailles qui ont marqué l’histoire du pays, naissance d’un héro Nationale, etc (bon, on peut se le permettre… dans ces pays l’indépendance date depuis relativement pas très longtemps comparé aux pays Européens…).

Dans ces événements on chante l’hymne National, bien sûr, mais aussi on chante et on danse des musiques traditionnelles, qui ont été empruntés par la plupart à l‘Espagne, mais qu’on a “légèrement” modifié. 

Ces “actes” donnent un sens à la Nation, dans des pays pour la plupart métis et meurtris par la colonisation, certes. Mais aussi donnent une opportunité de cohésion sociale, une culture musicale commune.

Evénements de coaching collectifs

La musique est très bien utilisé dans ces journées. 

Une bonne musique pêchue pour commencer la séance et donner du pep aux participants. 

Des musiques qui vont de la mélancolie à la joie, en passant par des moments de tension, pour bien accompagner des vidéos de témoignages de ceux qui ont eu l’opportunité de suivre cet événement. Ce qui emmène au public d’avoir plus d’intensité dans leurs émotions.

Essayons:

Imaginez que vous rentrez dans une salle où va avoir lieu une conférence très intéressante. Avant de commencer, les lumières s’éteignent, et sur les hauts parleurs sonne ça:

Que sentez-vous?

Forcément un truc de génial va se passer

Maintenant imaginez l’effet que ça donnerais à vos élèves s’ils commençaient la journée comme ça. 🤣 S’ils ne sont pas motivés après ça, je ne sais pas…

Mais bon, les petits sont déjà suffisamment motivés… ils n’ont pas besoin de ça.

Maintenant écoutez ceci:

Que ressentez-vous?

Idéal pour accompagner nos moments de tristesse, de peur, d’indécision, n’est-pas? (Dites le moi en commentaires!).

La musique dans ma classe

Si on résume un peu tout ça, la musique:

  • donne des aptitudes sociales à se rassembler. 
  • aide à apporter une cohésion en terme de culture musicale
  • est un instrument d’autorégulation émotionnelle
  • apporte une esthétique et des vibrations communes

Mais en plus elle peut être utilisé pour servir les propos de celui qui parle ou enseigne, dans notre cas.

Les petits sont très réceptifs à la musique que l’on entend. Cela peut très facilement les faire changer d’émotion ou de sensation. 

Chanter une musique entraînante à l’heure de ranger ou réaliser une tâche qu’ils aiment moins, peut rendre la collaboration tout de suite plus facile (d’ailleurs, je devrais moi aussi l’utiliser à la maison…)

Je me souviens, enfant, de ce film où Jhonny Depp faisait le ménage avec la musique à fond, et le résultat était génial. Depuis, j’adore mettre de la musique entraînante quand je nettoie.

D’ailleurs, je ne suis pas la seule, en YouTube, on peut trouver des dizaines de playlist pour ranger sa chambre… C’est que ça motive!

Cette chanson pourrait être une idée, en adaptant selon l’âge:

Chanter les comptines traditionnelles, mais aussi des artistes plus récents, donnent une culture musicale commune, et une adhésion sociale. Vous pouvez trouver plus d’idées (en plus des vôtres) ici, ici et ici.

Puis, rien ne vous empêche de créer une chanson commune avec toute la classe, sur un sujet qui les tracasse ou leur donne de la curiosité en ce moment. Cela développe la créativité et l’improvisation.

Les moments de concentration utiliser la musique classique, les moments calmes les comptines douces ou balades jazz

Point d’orgue et fin

La musique dans ma classe peut avoir un rôle très constructif et épanouissant pour l’enseignant et l’élève. La fonction de la musique est multiple, et vous mène à plein de possibilités.

Je vous invite à me dire dans les commentaires comment utilisez-vous la musique dans votre classe, qu’est-ce qui vous empêche d’aller plus loin, comment pourriez-vous utiliser la musique pour aborder d’autres matières?

Pour finir cet article, voici ma chanson non pas d’adieu, mais d’au revoir!

Du bonheur, de la sagesse, de la magie et du rythme traditionnel australien.

Comment survivre à l’hiver en musique

Winter is coming! Et avec lui: les grippes, les bronchites, les rhumes, la fatigue, les grèves. Comment survivre à l’hiver?

Avez-vous remarqué à quel point on se les pèle?

Cela donne envie de s’enfermer chez-soi, au chaud, face à une cheminé si on la chance d’en avoir une, sous la couette. La nature tout entière vous invite à vous reposer, à vous recueillir: les animaux qu’hivernent, les arbres qui sont tout nus (sauf, bien sûr, notre beau sapin), les journées qui sont extrêmement courtes.

Rajoutons à cela les grèves, les maladies d’hiver, et vous avez votre super combo.

La mortalité augmente en automne et en hiver.

Il y a plus de victimes de la dépression dû à un manque de lumière et vitamine D.

Pour couronner le tout, il faut travailler plus, il faut être plus attentif à l’école, les enfants étant fatigués vous demandent plus d’attention. Les fêtes qui arrivent. Vous êtes exigés de toutes parts.

Même si vous aimez cette saison (pourquoi déjà? ), vous êtes d’accord avec moi quand je dis que l’hiver est dure.

Alors comment faire? Comment survivre à cette saison où tout vous invite à vous abandonner à l’oisiveté la plus profonde?

D’abord connaître l’ennemi

Pour gagner une guerre, tout bon stratège commence par connaître son ennemi.

Malgré tout, l’hiver, n’est pas notre ennemi. 

C’est une saison par laquelle la nature doit passer. Même dans les pays tropicaux, il y a des moments de pause. C’est le rythme naturel des choses. 

Le hic étant que nous préférons avoir nos vacances en été à la plage, du coup, on se déconnecte de l’essence même de cette saison. Et nous devons travailler plus dur, car, en plus du travail normal que nous effectuons, on lutte contre notre propre nature.

De là une perte d’énergie innécessaire. 

Les enfants, eux, plus proches de leur nature, ils suivent ce même rythme. Ils ont tendance à dormir plus (enfin, les vôtres, les miens sont extraterrestres… ils dorment pas…), à se fatiguer plus vite.

Et qui dit fatigue, dit moins de capacité à gérer les frustrations, les émotions, etc. Déjà qu’à la base ils ne sont pas trop capables de le faire, en hiver c’est encore plus difficile! Et nous ne sommes pas toujours le bon exemple…

Tout n’est pas perdu!

Mais bon, tout de même, l’homme depuis toujours a travaillé dans toutes les saisons de l’année. Et une grande partie de son existence l’a passé dehors…

Alors, sûrement étant sa version moderne, nous sommes également capables de le faire! 

Ou pas?

Certes, pour ceux qui travaillent et étudient (enfin, si en maternelle on peut appeler le travail étudier… j’aurais mieux dit: investiguer, expérimenter, apprendre) à l’intérieur, vous êtes bien au chaud. Pourquoi quitter quelque chose qui vous conviens très bien.

J’avoue également que je ne sais pas trop comment vivent l’hiver ceux qui travaillent dehors… Mais, j’imagine qu’une fois rentrés chez-eux le soir ils sont plus que contents. (Vous me confirmerez dans les commentaires si c’est votre cas!)

Quoi qu’il en soit, dans la majorité des cas, vous survivez tous plus ou moins bien à l’hiver.

Je ne veux pas survivre, je veux vivre!

Oui, messieurs, dames, la question est là: veut-on survivre l’hiver ou bien vivre l’hiver?

Comment faire pour que vos petits, et vous mêmes soyez le mieux possible dans cette saison qui nous demande de ralentir dans un monde qui est tout sauf calme?

Prenez bien le temps d’écouter la chanson avant de lire la suite.

Car je ne sais pas encore quoi vous répondre.

Allez, allez, vous pouvez le faire! Cela dure 4 minutes, je sais, ça peut être long… mais respirez, et essayez d’aller jusqu’au bout.

Ça y est? Déjà? Ce serait trop vous demander de l’écouter encore une fois? Ou alors les autres deux chansons… Ça me ferait gagner du temps…

Non?

Pourtant il s’agit de ça: prendre le temps. 

Avez-vous dégusté aujourd’hui le rire de votre enfant? L’avez-vous dévoré à bisous? Avez-vous pris le temps de chanter une petite chanson de Noël avec lui? (Psssst! D’ailleurs, connectez-vous sur la page Petit Doremi Facebook, je vous réserve une surprise pour ce soir!)

Se faire plaisir, c’est vivre!

Je pense que l’hiver est une bonne occasion pour remettre la pendule à l’heure (si ce n’est pas ça l’expression, veuillez m’en excuser). D’ailleurs, nous vivons dans la “bonne” heure, ce n’est peut-être pas pour rien!

Jour de grève? Faisons un spectacle! Mes enfants appelant “pestacle” à chaque intervention hors du commun qui vienne de moi, de leur père, d’eux mêmes… 

Hier, par exemple, nous avons mis la playlist que Spotify a fait en fonction de ce qu’on a écouté dans l’année. Puis, comme ce n’était pas toujours au goût de mademoiselle (ma fille de 5 ans), j’ai décidé de leur faire un spectacle avec cette musique (que moi, par contre, j’adoooore). J’ai imité les musiciens, j’ai dansé, j’ai couru, je me suis caché et apparu plusieurs fois, et eux, assis dans le canapé, étaient morts de rire!

Jour de pluie? Créons la bande de son d’une histoire, avec l’instrument de votre choix. Pour nous c’est le clavier. Récemment nous avons changé le notre, et donné l’ancien aux enfants. De cette manière je peux donner des leçons de piano à ma fille, et ils peuvent s’amuser.

Car  c’est un synthétiseur des années 80: imaginez le délire! Je me souviens que moi, quand j’étais enfant, et j’allais chez quelqu’un qui avait un clavier ou un piano, j’adorais me faire des histoires avec! 

Les enfants sont malades? Racontez-leur une histoire d’hiver bruité. Pour ce faire, vous pouvez regarder cette vidéo.

Vous êtes malade? Dites leur d’aller écouter de la musique dans leur chambre, pendant que vous restez couché dans le canapé. :mrgreen:   Ou alors, mettez-leur du classique, pendant qu’ils dessinent, pendant que vous êtes à côté en train de vous reposer.

Ce n’est pas du classique, mais c’est calme...

Vive le vent d’hiver!

Puis, l’hiver n’est pas que de l’obscurité et de la froideur. Il y a pas mal de fêtes dans cette saison!

Noël, la chandeleur, la galette des rois, mardi gras: il y a de quoi devenir gras et joyeux!

Fêtons l’hiver différemment cet année, en prenant le temps de déguster les instants, en allant se coucher plus tôt, et accompagner le tout d’une musique festive ou relaxante, selon le moment de la journée.

Du plus profond de mon cœur, je vous souhaite du pur bonheur! Et des rythmes de pas de renne…

Eveil musical avec des enfants autistes

La musique est faite pour TOUT le monde. 

Peu importe votre âge, votre culture ou votre classe sociale. Votre QI ou votre niveau d’études. La musique convient à tous, et est utile pour tous.

J’ai eu la chance d’avoir plusieurs “genres” d’élèves: des quartiers et des styles de vie différents, avec des goûts musicaux très variés. Certains n’avaient même pas de culture musical: ils n’écoutaient pas de la musique.

Toutes ces personnes ont réussi a trouver leur bonheur dans la musique.

Un beau jour, j’ai eu l’immense chance et bonheur d’animer un petit groupe d’enfants autistes.

Aujourd’hui j’ai envie de vous partager cette expérience.

Un projet qui démarre

Quand le projet de donner des ateliers d’éveil musical à un petit groupe d’enfants autistes s’est concrétisé, la première chose que je me suis dis, c’est que j’allais me documenter.

En effet je ne suis qu’une prof de musique et musicienne, mais pas une professionnel psychologique ni psychomotricienne, ni rien qui s’apparente. 

Surtout à l’époque, où je n’avais pas encore passé mon certificat pour être coach parental.

Fort heureusement, il y a un truc qui me passionne de faire: c’est de me documenter.

Le hic, quand j’ai commencé mes recherches, c’était qu’il y avait un genre d’autiste par individu. Je me suis rendu compte que me renseigner sur ce “trouble mental” comme apparemment on l’appelle, était un peu comme vouloir me renseigner sur l’humanité. 

J’ai découvert qu’un autiste n’était pas forcément quelqu’un qui est ailleurs, super intelligent, incapable de sociabiliser, et toutes ces idées reçues qu’on a des personnes autistes.

Cette découverte je l’avais déjà faite quand j’ai gardé un enfant autiste des années auparavant, et quand j’ai eu des élèves qui avaient ce trouble.

Comment définir ce trouble?

Selon l’Inserm “les troubles du spectre de l’autisme (TSA) résultent d’anomalies du neurodéveloppement. […] Ils se manifestent par des altérations dans la capacité à établir des interactions sociales et à communiquer, ainsi que par des anomalies comportementales, en particulier une réticence au changement et une tendance à la répétition de comportements ou de discours.”

Dans mon expérience, les enfants présentant ces troubles avaient en commun un moyen d’apprentissage différent que les enfants sans ces troubles.

En approfondissant mes recherches sur le sujet, j’ai découvert également qu’ils ont développé plus l’hémisphère droit du cerveau que le gauche. Du coup ils apprennent mieux à travers des images et sons, que par le langage. 

Comme les tous petits, il faut privilégier le jeux et le langage non parlé pour qu’ils expérimentent et acquièrent l’information. Mais toujours d’après mon expérience, les enfants autistes vont “mémoriser” ce qui a été enseigné plus vite, voir, tout de suite. Bien sûr, à condition que ce soit lié à des images.

J’ai vu la différence, par exemple, quand je leur ai appris les figures rythmiques. 

Depuis quelques années j’avais fait des cartons avec des différentes figures rythmiques, auxquelles j’associé un mot et un mouvement. Cela marchait très bien pour les petits à partir de 3 ans, après quelques séances (1 à 3 mois environs). Mais avec les enfants autistes cela a été mémorisé tout de suite. C’était impressionnant.

Particularités

Je vous avoue que le premier jour d’atelier j’étais hyper nerveuse. Je ne savais pas du tout à quoi m’attendre. Surtout qu’on nous mettent en gare de toutes les choses qu’il peuvent arriver. Mais bien-sûr, ça, c’est juste le pire des tableaux! 

J’avais un garçon avec un sérieux handicap physique et une oreille absolue passionné de la musique, un autre qui ne parlais pas (mais il chantait!) avec une mémoire visuelle hors du commun et l’autre qui avait toutes ses facultés. Cela aussi me stressais, car je ne les connaissais pas, alors je ne savais pas de quoi ils étaient capables. Je ne voulais pas ni qu’ils s’ennuient, ni que ce soit frustrant pour eux.

Mais mon stress était en vain.

Un atelier d’éveil musical normal s’est déroulé sans aucune difficulté.

Les particularités que j’ai rencontré:

  • l’enthousiasme en puissance: quand ils aimaient quelque chose ils l’exprimaient fois dix, et c’était super agréable.
  • la passion: ils étaient très à l’écoute, demandants, même si, dû à leur trouble, ils me demandaient souvent la même chose.
  • des enfants très touchants: qui expriment leurs émotions de manière pure, malgré leur âge. Et je suis consciente que cela ne doit pas être facile à vivre tous les jours. Vu qu’avec les petits c’est difficile, mais ça passe à un moment donné, alors qu’avec eux ça ne passe pas… je ne sais pas s’ils arrivent à gérer leurs émotions un jour… mais ça c’est à voir avec un professionnel.

Le handicap physique n’a jamais posé des soucis. Le manque de langage parlé n’a pas posé des soucis. Le fait que j’ai un surdoué de la musique ça n’a pas posé de soucis.

Surtout on a passé des super moments. 

Quoi faire dans des ateliers de musique pour enfants autistes?

Comme je vous le disais avant, je n’ai pratiquement rien changé à mes habitudes. 

Les enfants que j’ai eu, même ceux que j’avais eu comme élèves auparavant, aiment ce que tous les enfants aiment.

La musique est un super exutoire pour eux, car c’est un moyen de communication non verbal idéal. 

A condition qu’on ne cherche pas de résultats (tout comme avec tous les enfants, d’ailleurs, chacun son rythme), on a des très bons résultats.

Alors si vous voulez mettre en place des ateliers de musique avec des enfants autistes, n’hésitez plus!! Et si vous voulez un coup de pouce, c’est par ici!

Racontez moi vos expériences avec des enfants autistes ou autre handicap dans les commentaires: qu’avez vous mis en place? quels étaient vos difficultés? quelles ont été vos joies? 

Puis à très bientôt!

Je vous souhaite du bonheur, de la sagesse et des rythmes soul.

 

Si j’étais enseignant de PS…

Ce n’est pas toujours évident de gérer une classe de Petite Section de Maternelle à la rentrée. Et si j’étais enseignant de PS pendant la première semaine de rentrée?

Au début on se dit, mais ouiiii, s’ils sont tout petits, tout mignons. C’est trop choux d’avoir une classe de petite section.

Mais ça c’est quand on n’est pas dedans la classe, et qu’on essaye de faire… des trucs. Peu importe quoi…

L’autre jour, en emmenant mon fils à sa classe, alors qu’il ne voulait pas aller à l’école, je regardais les autres enfants, la maîtresse, l’Atsem. Je me disais, wah! chaud!

Des enfants accrochés à leur doudous, qui suivaient partout la maîtresse. Mais alors ils ne la lâchaient pas d’une semelle.

Des nés qui coulent. Des enfants complètement perdus au beau milieu de la classe qui se demandent “mais qu’est ce qu’il faut que je fasse ici?”

Ceux qui étaient plus à l’aise, bah, c’étaient ceux de MS… 

Alors j’ai eu envie de me mettre à la place de la maîtresse. De rêver un petit peu et imaginer: qu’est-ce que je ferais si j’étais enseignant de PS à la rentrée

Pas pareil un cours d’éveil PS qu’une classe… vraiment?

Car oui, j’ai déjà eu des classes de petite section. Mais ils étaient maximum 8 enfants. Une classe de maternelle peut avoir jusqu’à 30 enfants.

Selon l’Académie, après avoir questionné l’inspectrice, c’est parce qu’on a bien survécu à l’époque, on ne voit pas pourquoi on n’y arriverait pas maintenant. Les enseignants, moi-même ainsi que beaucoup d’autres parents, ne sont pas du même avis.

Bref, où en étais-je?

Mes toutes petites classes de petite section, que j’avais une fois par semaine, une heure, me donnaient une toute petite idée de ce qui pouvait ressentir l’enseignant.e, mais vraiment toute petite.

La caractéristique de cet âge était que la plupart du cours je la passais comme si j’étais en train de faire un long spectacle pour enfants interactif, mais où presque personne interagissait.

C’était drôle la première fois que je me suis confronté à ça. 

Les enfants étaient tellement captivés. Ils me regardaient bouche bée, limite avec la bave qui coule, et il y en a eu même un qui est tombé de son siège. Il avait oublié qu’il était dans un cours… et qu’il fallait qu’il garde son équilibre.

Enfin, pas évident.

Les pleurs

Puis, en petite section nous avons droit aux pleurs. Ah là là là! Bénits soient-ils! 

Je me souviens que tous les ans je me demandais, bon, comment je gère cette année?

Les parents ne se doutent pas vraiment de comment ça se passe.

Les pleurs sont comme une maladie contagieuse, voyez? Si en a un qui pleure, et bah, les autres compatissent, et ils se mettent  à pleurer également. Puis, quand vous avez trouvé comment consoler un, et bien, 5 minutes plus tard il y en a un autre qui commence, et rebelote, le premier re-pleure. Cela peut-être un véritable cauchemar.

Un interminable cauchemar.

Enfin, jusqu’à ce que les parents partent.

Après ils se mettent en mode: inhibition d’émotions activé. J’ai su ça plus tard, mais c’est une réaction normale du cerveau “reptilien”.

Quand l’enfant n’est plus dans un terrain où il se sente complètement en sécurité, comme à la maison, il n’exprime plus rien. Enfin, il essaye… Pleurer, crier, ce sont des actions qui attirent l’attention, et cela pourrait le mettre en danger, s’il était encore à l’époque des cromagnons. Mais son cerveau “reptilien” n’est pas mis à jour…

C’est pour cela qui existe ce que le Dr Siegel appelle le cerveau d’en haut. Pour réfléchir et analyser si la situation est vraiment dangereuse ou pas.

 

J’ai une idée!

Il y a quelques points que j’aimerais partager avec les enseignants.es de PS. 

Je sais que je n’en suis pas une, que je ne connais pas tous les enjeux, ni le programme qu’ils/elles doivent suivre. C’est pour cela que j’aurais aimé proposer certains points, sans vouloir critiquer pour autant.

  • Commencer la journée assis. Que l’enseignant.e soit assis, et que les enfants, au fur et à mesure qu’ils arrivent s’assoient autour de lui/elle. Cela permettrait aux enfants de savoir quoi faire. Et ceux qui ont besoin d’un contact physique puissent se mettre à côté de l’adulte pour au moins lui donner la main.
  • Accueillir les enfants avec une musique de fond. La musique détend l’atmosphère, appelle l’attention de l’enfant, et diminue les angoisses qui puissent avoir et de la part des enfants, et de la part des adultes (parents et enseignant.es). Moi par exemple, j’aimais bien recevoir les enfants avec de la musique classique, essayer de reconnaître avec ceux qui étaient déjà arrivés les instruments. Ceux qui arrivent du coup sont poussés à écouter, puis même à participer.
  • Puis une fois que tout le monde arrive, une petite chanson de bonjour où on apprend les prénoms.

Je sais que dans mes petits groupes ces choses là marchaient assez bien, et que les pleurs étaient moins présents.

Des choses que je n’ai pas essayé, mais j’aurais aimé essayer

Ensuite, si j’étais enseignant en PS j’aurais aimé essayer des nouveaux trucs. 

Une journée de la première semaine je commettrais une folie. Quelque chose que personne n’ose jamais faire. Mais qui peut-être serait bénéfique pour la suite…

Je travaillerais la tristesse.

Non, mais ça ne va pas, non?

Si, si. Ça va. Mais je me dis qu’on a déjà essayé moultes fois d’inhiber les pleurs et les signes de tristesse. Pourquoi ne pas aller jusqu’au bout des techniques de la discipline positive, et valider cette émotion, tout en la travaillant?

Du coup, je ferais comme dans l’article sur la tristesse que j’ai écris il y a quelques mois, ici. Ou dans mon article sur la rentrée de la semaine passée.

Je mettrais de la musique triste, et je leur demanderais tout ce qui leur rend tristes. Bien sûr, ils ne répondraient pas tout de suite, alors je commencerais mes propositions: vous êtes tristes quand papa et maman s’en vont? Tout en sortant les mouchoirs. Une fois qu’on aurais déterminé tout ce qui nous rend tristes, je chanterais une chanson sur la tristesse, comme celles proposés ici ou ici.

Ensuite, après cette chanson, je mettrais une musique bien joyeuse. A ce moment là je leur demanderais qu’est ce qui leur rends joyeux ou contents. Normalement je devrais avoir plus de réponses là… car plus détendus. Et ensuite on chanterais des chansons joyeuses qu’ils connaissent: sur le pont d’Avignon, une souris verte, etc.

Pour finalement leur laisser du temps libre, pour qu’ils découvrent, comme d’habitude, les différents espaces de la classe, les ateliers, etc.

Pas d’accord

Bien sûr vous avez le droit de me traiter de vieille hippie, de rêveuse ou de folle.

Sûrement il y a beaucoup de paramètres que j’oublie, et que du coup rend mes propositions impossibles à réaliser.

Peut-être, mais je suis sûr que rien qu’à l’idée de les faire, ça vous a mis le sourire dans votre visage.

J’aimerais bien, dans tous les cas, que vous me disiez quelles sont les contraintes, les obstacles. En quoi cela vous paraît irréalisable.

Vous pouvez bien sûr trouver des variantes qui fassent évoluer les exercices sur les émotions avec des percussions, ou moins musicale, avec la peinture ou les crayons couleurs.

Enfin, j’arrête de m’emballer.

J’attends vos commentaires!

D’ici là, je vous souhaite du bonheur, de la sagesse, et des rythmes de fado.

 

Résoudre les conflits à travers la musique

Comment faire quand on n’est pas d’accord avec l’autre? Nos enfants se disputent entre eux, et ils sont parfois très violents. Mais nous, comment sommes-nous quand on se dispute? Peut-on résoudre des conflits à travers la musique?

Combien de fois vous êtes-vous senti à fleur de peau quand vous visitez vos beaux-parents, ou pire, vos parents? Vous êtes-vous déjà disputé avec votre frère ou sœur pour un désaccord

Selon votre histoire, vous avez envie de quitter les lieux le plus vite possible, vous avez envie d’être agressif avec eux, ou carrément tous les tuer

Les relations entre les êtres sont tellement complexes. 

Tellement nécessaires pourtant.

Toutefois, les techniques de communication, de relation avec l’autre, ne sont pas au point.

Nous avons beau avoir internet, le téléphone, Skype et Whatsapp, nous ne savons toujours pas communiquer

Selon le Bouddhisme, l’autre est notre miroir: quand on voit quelque chose de négatif chez l’autre, c’est le négatif qu’on n’aime pas en nous. A condition que nous osions regarder ce miroir. Pour les points positifs c’est tout aussi vrai.

Cela fait un moment que je vois dans les forums et groupes de discussions, les mauvaises ententes entre les familles, les différentes générations, entre les fratries, entre voisins, entre syndicats et gouvernement, etc.

Mais aujourd’hui j’ai décidé de regarder un peu plus profondément ce miroir.

Juste pour voir…

Miroir, miroir, qui est la plus belle du royaume?

Tout a commencé avec la violence de mon plus jeune enfant.

Il n’a que deux ans et demie, donc sa gestion de la colère est vraiment très mauvaise. Puis, il a un modèle extra qui est sa sœur, qui lui a montré des trucs qui ne lui seraient pas venus à l’esprit s’il avait été le premier… Les avantages d’être le deuxième.

Le fait est qu’il n’arrête pas de traiter de méchant à tout le monde, il refuse tout d’un bloc tout le temps. Il crie quand il est contrarié, il donne des coups de pieds, frappe, mord et griffe

La total quoi…

Et vous savez quoi?

Nous en avons marre.

Alors ça explose à tout va, partout. Il y a des reproches à gauche et à droite. “Que tu l’éduques mal. Que tu ne l’éduques pas. Que tu es trop agressif. Que tu fais mal les choses.” Et bla bla bla et bla.

Vous connaissez la chanson. Je suis sûr que vous la connaissez.

Du coup je pris distance de la situation, et je me suis mise à réfléchir. Car il vaut mieux prendre une respiration et avoir un peu de distance pour y voir plus clair.

Résoudre les conflits en se regardant

Les enfants sont le plus grand et magnifique miroir que nous avons. Et quand ils sont petits c’est encore plus flagrant.

Alors je me pose avec mon stylo, et j’écris tout ce qui me gène chez les autres. Tout ce que je perçois comme négatif. Les conflits que j’ai à l’intérieur qui sont reflétés à l’extérieur. Cette violence qui sort de mon enfant doit aussi sortir de moi. J’observe. Même si je n’aime pas.

Car pour trouver une solution l’observation s’impose.

Suite à l’écriture de toutes les causes de mes émotions, en utilisant une technique Gestalt de décharge, les idées s’éclaircissent.

Et si la violence de mon enfant venait de tout ce désaccord profond?

La confusion qui peut causer le fait d’avoir des adultes qui ne sont pas d’accord entre eux. Les repères qui sont diffuses. Cela peut devenir insupportable. Surtout pour un petit de deux ans.

C’est ainsi que je respire, et je cherche une réponse dans la matière qui m’a plus accompagnée dans ma vie: la musique.

Heal my world

Peu d’artistes ont réussi mieux à réunir autant de personnes et autant d’origines ou philosophies ou pensées politiques que Michael Jackson.

Je me souviens qu’un jour j’étais à Haussmann-Saint Lazare en train d’attendre le RER E. Il y avait plein de monde, comme toujours à Paris, mais pas comme en heure de pointe. Juste comme d’habitude.

Puis, tout d’un coup Heal the world résonne dans les hauts parleurs de la gare.

Au départ j’étais obnubilée par la chance que j’avais d’entendre cette chanson encore une fois. Ensuite je levais la tête et… TOUT LE MONDE CHANTAIT

Il n’y avait pas de visage qui ne chantait pas! Alors, chacun pour soi. Et personne n’avait l’air de s’en rendre compte. Mais on était tous ensemble, tous d’accord.

C’était tellement beau.

Du coup aujourd’hui je me suis souvenu de cette anecdote. Une solution pourrait venir de là. Car nous pouvons nous focaliser sur les désaccords. Mais nous pouvons aussi nous focaliser sur ce que nous sommes d’accord.

La chose dont nous sommes tous d’accord est qu’on veut le bonheur de nos enfants et le nôtre. Ce sont les méthodes qui différent

Chanter pour résoudre les conflits

Je vous ai déjà parlé de cette technique de chanter pour chaque événement conflictuel avec votre enfant. Méthode qui fonctionne très bien, mais j’avoue, nous ne sommes pas toujours dans le “mood” (l’humeur) de chanter. D’ailleurs si vous voulez en savoir plus sur cette astuce, vous pouvez lire mon article sur le quotidien ou sur une journée en musique.

Mais, même si on est fatiguée ou énervés, nous pouvons chanter alors ce que l’on ressent. Cela a double fonction: se défouler et casser la lutte de pouvoir qui peut s’organiser entre vous et votre enfant. 

Cela peut marcher avec les conflits que vous pouvez avoir avec les membres de votre famille ou belle-famille. Non pas de leur chanter ce que vous ressentez, mais de vous isoler et vous exprimer en entonnant vos émotions de plein cœur.

Si vous êtes instrumentiste vous pouvez faire de même avec votre instrument. Si c’est la danse ou la peinture que vous préférez, allez-y. Le tout est de “cracher le venin” en sûreté, dédramatisant la situation.

J’ai remarqué que quand je le fais, mes enfants se calment avec moi. Comme un bon miroir…

Frapper en rythme

Les musiciens les plus calmes sont souvent les batteurs. Bah oui, pas besoin de s’énerver eux… ils ont des battons et des tams tams sur qui se défouler! 🤣

Blague appart, il y a un exercice de communication avec des percussions qui adorent les enfants, et éclatent les adultes.

On s’assoie en ronde, chacun avec une percussion quelconque, et on joue d’abord au chef d’orchestre pour bien se centrer dans le groupe. Un chef joue quelque chose, et les autres doivent suivre. Le chef tourne jusqu’à ce que tout le monde ait été chef.

La suite est de jouer les émotions que l’on ressent. Un chef joue, et les autres essayent de l’accompagner. Cette fois-ci ce n’est pas de l’imitation, mais de l’accompagnement. A nouveau, le chef change jusqu’à ce que tout le monde ait passé.

Je ne pense pas que ce soit un exercice bienvenu au repas de Noël, mais vous pouvez toujours essayer. Résoudre les conflits familiaux à travers la musique dans les réunions de famille doit être trop beau. Mais perso, je n’ose pas du tout le proposer. Par contre, si jamais vous le faites, n’hésitez pas à l’enregistrer et nous l’envoyer. Cela va nous inspirer très certainement! 

Conclusion (oui, je n’ai pas trouvé de titre plus cool… désolée)

💖 Nous voulons tous le bonheur, mais nous avons tous de différents concepts du bonheur, et de voies différentes pour y arriver.

💖 La musique peut calmer ou énerver les masses, mais c’est un excellent moyen de communication non verbale pour s’exprimer en toute sûreté.

💖 Les enfants reflètent vos états d’âme. Si jamais ils ne vont pas bien sans raison apparente (cela ne vient pas de l’école, d’une maladie ou situations qui leur est arrivé), regardez-vous: ça va bien, vous?

💖 Si jamais vous avez vraiment besoin d’aide extérieur, je peux peut-être vous aider. Contactez-moi ici.

Surtout, n’hésitez pas à partager ce que vous avez pensé de l’article, vos techniques pour résoudre des conflits, et les chansons qui vous aident à prendre du recul pour y voir plus clair!

D’ici là, je vous souhaite du bonheur, de la sagesse, et du rythme samba.