Gérer les émotions à travers la musique: la colère (3/6)

Gérer les émotions d’une manière alternative? Oui! Mais comment?

Bonjour! Nous sommes dans le jour 3 du défi où j’explore comment aborder les émotions à travers la musique pendant 30 jours. 

Hier je vous racontais comment pendant une crise de colère de ma fille, j’avais mis un extrait d’Orlando furioso de Vivaldi, et comment celui-ci l’avait aidé dans l’expression de l’émotion. Ceci dans sur le lit où elle ne pouvait blesser personne. Si vous voulez en savoir plus regardez l’article d’hier ici.

Après la sieste, ma fille était encore perturbée par la frustration de ne pas avoir été à l’école due à l’absence de sa maîtresse. Conclusion: elle était irritable. N’importe quelle situation qui la contredisait était un petit drame. Elle n’arrivait pas à gérer ses émotions. Normal: elle doit apprendre… tout comme moi.

“Je veux que tu me construises une cabane maman!” – dit-elle alors que je l’avais déjà fait quatre fois dans la journée. Je ne travaille pas, mais je construis des cabanes messieurs, dames. Le prochain qui pense qu’être femme au foyer est l’équivalent de ne rien faire je le défierai à rester chez lui avec deux enfants en bas âge!

“Non, je suis désolée. A chaque fois que je construis la cabane, elle dure cinq minutes, puis elle est détruite. Alors non, je suis fatiguée. Je te construirai une autre demain. Maintenant, jouons à autre chose”.- lui ai je répondu.

Après avoir répété deux ou trois fois “oui, je comprends que tu veuilles que je te construise une autre cabane” et un “essaye de la construire toi même pour voir?”, et le ton de ma fille qui devient de moins en moins poli.

Gérer les émotions: Crise

C’est normal. Dur à gérer tout ça à quatre ans.

C’est à ce moment là que je décide de mettre à nouveau la musique, mais cette fois-ci non pas pour qu’elle s’exprime et reste dans cette colère, mais pour l’en sortir. Alors que la première fois je lui avait mis la musique dans un but de défoulement, je trouvais que cette fois-ci il serait plus juste de la détourner de ses pensées négatives. Qu’elle puisse passer à autre chose. J’ai mis une musique dansante.

Au début elle continuait dans sa frustration, car, ce n’était pas la musique qu’elle voulait!!!

Mais, petit à petit, me voyant danser des chorégraphies marrantes (enfin, moi dans ma tête j’étais Michael Jackson, mais apparemment ce n’était pas le cas…), elle pleurait et elle commençait à rire en même temps.

Mmm, intéressant!” j’ai pensé. Et j’ai continué. Une fois qu’elle a été calmée, j’ai mis leurs chansons préférées.

Et là…

 

Et là…

 

On a dansé toute la nuit!!!

 

Enfin, une bonne partie de la soirée du moins. Cela s’est fini en cache cache chatouilles assez rapidement. Puis l’heure de la routine du soir est vite arrivée.

Les résultats donc sont assez bons, du moins, je suis contente de tenter l’expérience!

Du coup, j’ai envie d’aller plus loin. Ok, la musique, en tant qu’accompagnatrice, ça marche. Mais, y aurait-il d’autres moyens de gérer les émotions, dans le cas par exemple que nous n’ayons pas de moyen d’écouter de la musique?

A la recherche d’autres méthodes

D’abord j’ai cherché dans la psychologie. Il y a plusieurs courants, et plusieurs avis sur la chose. Mais je vais tenter en faire un résumé, et le lier à la musique.

Oui, je sais, ça a l’air lourd comme mission pour aujourd’hui. Même moi je suis en train de me dire que je vais un peu trop loin…

Enfin, je n’essaye pas de faire le travail d’une recherche entière en quelques heures. Non, non.

Je vais juste résumer, très vite, ce que j’ai lu au cours de ma vie, et aujourd’hui, au sujet de la colère et la manière de la gérer. Concernant la liaison à la musique, je ne donnerai pas de résultat aujourd’hui. Je m’aiderais de l’art thérapie et de la musicothérapie pour trouver d’autres méthodes musicales.

Dans la thérapie comportementale et cognitive

on va travailler cette émotion à travers la pensée. En effet, on y dit que:

[La colère] est toujours le résultat d’une interaction entre un désir, une attente et un événement contraire.

Je me demande, en appliquant ce constat avec les enfants en bas âge, et au contexte de la musique, si ce ne serait pas un bon investissement de mettre à plusieurs reprises dans la journée, des musiques de fond qui ont des messages positifs. Cet expérience demanderai, toutefois, une longue période d’essai, car ce n’est pas en quelques jours que l’on va s’en rendre compte. Mais je vais quand même essayer d’y penser.

Alexander Lowen

Un des fondateurs de la psychanalyse bioénergétique disait que la colère était une émotion souvent réprimé lors de la petite enfance, et que notre corps en soufre les conséquences. Si nous sommes trop irritables, ou trop colériques, c’est comme quand nous avons la vessie pleine. Si nous n’avons pas un endroit approprié pour décharger, et bien, on se fait pipi dessus.

Il a écrit un tas d’exercices pour décharger toute cette colère cumulé avec les années dirigé aux adultes. Mais ces techniques, si bien peuvent apprendre aux enfants à comment exprimer leur agressivité d’une manière sure, en général, ils n’ont pas trop le temps de cumuler. Ils expriment, puis c’est tout.

Peut-être ici ce serait intéressant d’associer un mouvement à un son, pour rendre l’exercice de décharge pour l’enfant comme un jeux. Je testerai ça aussi. Cette mission sera un plus facile à déterminer si ça marche ou pas dans le court terme!

Je vous laisse découvrir la suite demain!

Puis laissez-moi vos commentaires ici bas! Je me ferai un plaisir de le lire!

Comment gérer les émotions à travers la musique: J2 la colère

Voici le deuxième jour de mon défi!

Celui-ci durera 30 jours, et abordera une émotion par semaine.

Hier je vous parlais de la définition officielle de la colère, et de mon expérience en tant qu’adolescente avec cette émotion. Vous pouvez voir cet article ici.

Je vous expliquais que lors de situations que je trouvais injustes, et que je me mettais en colère, j’aimais bien écouter une musique qui réponde à cette colère. Dans mon cas c’étaient Marylin Manson ou Rage Against The Machine, entre autres. Et je me demandais si, avec les enfants, cette technique marcherait. Du coup, je me suis donné 24 heures pour tester!

Colère jour 2

Jusqu’à 13h20 aujourd’hui, j’ai cru que j’allais vous parler uniquement de ma colère, car aucun de mes enfants n’avait éprouvé cette émotion…

Je me disais, bon, ce n’est pas grave, le but n’est pas que mes enfants ressentent la ire à tout va.

Du coup, comme en ce qui me concerne, je l’avais vécu à plusieurs reprises, et bah, j’ai appliqué la technique sur moi-même! Juste pour voir.

Il est vrai que si la neuroscience a prouvé que la musique était un très bon moyen de développement du cerveau, il y a ce vieux mythe comme quoi le rock rend agressif. Dans les faits, après avoir fait une petite recherche , je trouve aujourd’hui dans un article de France Culture cette phrase:

c’est la musique que l’on aime qui améliorera nos facultés cognitives, parce qu’elle nous procure du plaisir, explique Isabelle Peretz, chercheuse québécoise en neurosciences, dans son livre Apprendre la musique, nouvelles des neurosciences.

Mais encore hier je croyais au mythe des mauvais résultats du rock sur les petits cerveaux, et je ne faisais pas écouter ce genre de musique à mes enfants. Je privilégie le jazz, le classique ou la musique pour enfants: traditionnelle française, du monde et des créations nouvelles. Mais bon, j’étais furieuse, et il fallait que je décharge. De plus, il me fallait une excuse pour mener mon expérience, vu que mes enfants ne se mettaient toujours pas en colère. Puis, y en avait assez de toujours faire attention aux petits cerveaux de nos enfants, alors c’était parti pour un tour de Marylin!!

Résultat de l’expérience 1

Oh! que cela fait du bien! De la décharge totale: danse, chant, mouvements saccadés, le soulagement total.

Mon enfant, le plus jeune, a décidé de me rejoindre assez vite. Il adore danser avec moi en général. D’ailleurs on dit que les enfants jusqu’à l’âge de 3 ans sont dans les mêmes états émotionnels que les mamans, par conséquence, cela était un soulagement également pour lui.

La grande a continué son activité lecture comme si de rien n’était. Cela ne l’a pas perturbé, ni en bien, ni en mal. Elle s’en fichait complètement.

Conclusion, je me suis dit que franchement je ne mettais pas assez la musique que j’aime. Que je ne me donnais pas assez de liberté en général, et pourtant… Les enfants reçoivent très bien ce qui nous fait du bien, au pire, ils sont trop concentrés dans leur monde pour nous prêter attention. Et nous les adultes nous avons besoin de profiter, de nous lâcher, de nous sentir libres. Alors, je répèterai souvent l’expérience.

Bien.

Mais tout n’est pas fini!

Je vous disais bien au début que mes enfants n’ont pas goûté la colère jusqu’à aujourd’hui 13h20.

Résultat de l’expérience 2

A 13h20 était l’heure d’aller se coucher. Ma fille n’aime pas trop ça, entre autres parce que je sépare mes deux enfants pour qu’ils ne se réveillent pas mutuellement… pourtant, elle n’aime pas dormir toute seule.

Croyez-moi, je la comprends, je valide ses sentiments et angoisses. Mais, comprenez-moi, quand ils dorment bien la sieste tout les deux, ils sont de bonne humeur, alors que quand ils se font réveiller… MAMA MIA!!

C’est pour ma santé mentale et la leur que je le fais!

Bref.

En tout cas, ma fille n’était pas contente, et comme elle était fatiguée, elle s’est mise en colère. Génial!! (ce n’est pas vrai, ce n’était pas génial du tout, mais enfin…) Je vais pouvoir mener à bien ma quête!!!

Une fois au lit, sous les menaces de coups de pieds de la part de ma fille, j’ai décidé de lui mettre de la musique qui pourrait l’aider à se défouler. Je lui ai mis Argippo, RV 697/Act 1 d’Orlando Furioso de Vivaldi interprété par Cecilia Bartoli. Les premières secondes s’écoulèrent sans réaction. Mais ensuite, la magie a opéré. Ma fille s’est mis a donner des coups de pieds au lit, elle a crié dans le coussin (comme je le lui répété moultes fois dans le passé), et tout ça d’une manière fluide. Je n’avais besoin de rien dire. J’observais juste, et constatais à quel point elle se soulageait. Puis, sa colère est passé, elle était souriante, et prête à dormir sa sieste. Magistral. A recommencer!

Cela marchera-t-il à chaque fois, je ne le sais pas. Je pense qu’il vaut le coup que j’essaye toute la semaine pour voir. Vous serez au courant des résultats!

Voilà tout pour la deuxième journée de mon défi de 30 jours!

N’oubliez pas de liker et commenter la vidéo!

Comment gérer les émotions à travers la musique: J1 la colère

enojada

Bonjour! Je suis Eirene, chanteuse, auteur compositeur et professeur de musique, et notamment d’éveil musical. Je viens de créer un projet qui s’appelle Petit Doremi, même nom que le personnage que j’ai créé pour animer mes ateliers d’éveil musical. J’ai commencé cet aventure car j’aimerais  vraiment que la musique soit accessible à tous les enfants. Je pense que c’est un excellent moyen de communication et de connexion entre adultes et enfants. Les neurosciences ont prouvé son efficacité lors du développement de l’intelligence émotionnelle, la motricité, la créativité, et la connexion entre les hémisphères droit et gauche.

Du coup, je voudrais commencer l’année en lançant mon projet à travers un défi: chercher et dévoiler comment aborder les émotions de nos enfants et de nous mêmes à travers la musique, en réalisant 1 article par jour pendant 30 jours, traitant un sentiment par semaine.

Je vais débuter avec l’émotion la plus à la mode en ce moment: la colère.

Pourquoi la colère?

En ce que me concerne, j’ai deux enfants: une fille de 4 ans et un garçon de 2 ans, et la colère c’est quelque chose que je vis à travers eux, mais aussi à travers moi-même, tout les jours. Si vous êtes parents de petits ou professionnels de petite enfance ou maternelle, vous voyez bien de quoi je parle, n’est-ce pas? Pour moi la colère est assez dévastatrice, et non pas par le sentiment en lui même, si non par le control qu’elle peut prendre sur nous, et du coup ressentir une haine qui a envie que de vengeance. Alors, la quête de comment faire pour gérer le mieux cette émotion sans faire du mal à l’autre est vraiment très important chez moi. Car j’aimerai le plus grand respect et bienveillance au sein de ma famille!

Ensuite, la conjoncture actuelle: la colère est par tout, dans les différentes manifestations en France, dans les réseaux sociaux, à la télé, dans les journaux. Et si tout ça ce n’était qu’une mauvaise gestion de cette émotion qui a été pendant si longtemps réprimée? Et si l’éveil musical dans les crèches, chez les assistantes maternelles et dans les écoles maternelles donnait des outils de gestion des émotions pour les générations futures? Est-ce que cela permettrait ces générations de construire un monde plus serein?

Sans prétendre changer le monde avec ce défi, je suis quand même très curiose de trouver plusieurs outils qui pourraient servir à ma famille, et à vous, qui regardez ce défi!

Allons-y!

Pour ce premier jour de défi, j’ai décidé de démarrer par la définition: qu’est ce que c’est la colère?

La suite dans la vidéo