La rentrée musicale

Des enfants qui pleurent accrochés, vainement, aux jambes de leur mère. De l’incompréhension, du manque de compassion. La bienveillance qui manque à l’accueil de l’école. Du malheur, du stress, de l’inquiétude. C’est la rentrée.

Et, avant de continuer, je vais vous demander de faire play. Ça va vous détendre si vous êtes dans un de cas nommés plus haut…

Les enfants étaient bien en vacances. On ne peut pas leur en vouloir. Nous aussi.

Bien sûr il y a des petits qui sont contents d’aller à l’école, mes enfants en font parti. Ils étaient certes stressés pour le premier jour, mais une fois dans la classe ils étaient ravis! Incroyable! 

Puis je dois dire que l’école de mes petits a un super accueil, les maîtresses et Atsem sont souriantes et à l’écoute de l’enfant et du parent. J’ai vraiment de la chance.

Malheureusement j’ai appris que ce n’est pas le cas pour tout le monde…

Pourquoi, pourquoi vous faites ça?

 

Alors j’entends des enfants qui pleurent comme si la déchirure était énorme. Du coup, les pleurs des ces enfants mènent au stress de ceux qui ne pleurent pas, et se demandent, mais, où suis-je? J’entends des parents qui ne comprennent pas l’attitude de leurs enfants.

“Mais, comment ça se fait? Pourtant il allait à la crèche! ” C’est une phrase tellement récurrente. Ou alors: “oui, c’est normal, il était avec l’assistante maternelle, alors il n’a pas l’habitude d’être avec autant d’enfants” ou : ” oui, c’est parce que c’était moi (la maman ou le papa) qui le gardait, il n’a pas l’habitude de nous laisser”…  La vérité est qu’il n’y a pas de recette miracle. 

Enfin, une chose est certaine: la souffrance est là, ressentie de toutes parts.

Du coup, comme je n’aime pas vraiment voir la souffrance, je me pose encore une fois, et me demande quelle solution pourrais-je trouver avec ma miraculeuse et guérisseuse musique?

D’abord: comprendre

Je dépose mes enfants à l’école aujourd’hui. Pour mon plus jeune enfant c’est son deuxième jour. Et il n’a pas envie.

– “Maman, je n’ai pas envie d’aller à l’école, je veux aller à la maison”.

– “Oui, mon coeur, tu as envie d’aller à la maison, tu n’as pas envie de rester. Je comprends. Mais il faut que tu restes.”

– “Non, maman, je veux pas rester!”

– “Mais, tu te souviens? tu m’as dit que tu avais joué avec le train, et avec les voitures, et à la cuisine? que tu t’étais bien amusé?”

Des enfants qui pleurent dans le couloir, qui maintenant se ressemble au couloir de la mort… Je suis tendue comme la corde de mi aiguë à la guitare. Mon fils commence à paniquer.

– ” Je ne veux pas aller à l’école, maman, regarde, ils pleurent!” Dit-il en regardant les enfants d’un air de plus en plus stressé.

“Je sais, mon cœur, tous ces enfants qui pleurent c’est stressant. Mais ne t’inquiète pas, tout va bien se passer.”  On rentre dans la classe, on dit bonjour, et j’essaye de le convaincre de faire ce que l’Atsem lui propose, ou autre chose. Sa sœur essaye de le convaincre également. 

Rien y fait.

La sonnerie nous perce comme une flèche l’aurais fait dans nos coeurs. 

– “Il faut que je te laisse, mon cœur, il faut que j’emmène ta sœur à sa classe. Je dois aller travailler…” Il descend, je souffle, il veut bien aller jouer.

Puis, il nous vois partir. Et là il coure, il pleure, il est en panique. Sa maîtresse le prend.

Je lui crie que je suis désolée, mais je pars emmener ma fille, en me sentant une mère indigne qui n’a pas bien fait son travail.

Bien sûr, avec le recul on pourrait voir dix mil et une manières différentes de réagir et de gérer la situation. Aujourd’hui c’était cela. Voyons juste comment peut-on faire mieux demain?

Comprendre, communiquer, valider. 

La souffrance est là, de toutes parts. Acceptons là.

Se libérer pour trouver des réponses

Avez-vous 5 minutes? Avant que vous partiez au travail? 

L’épreuve de laisser ses enfants à l’école est souvent intense. Surtout à la rentrée. Même quand on la renie. Mais aujourd’hui on va laisser nos émotions s’exprimer.

C’est un exercice que l’on fera aussi avec nos enfants quand les retrouvera.

D’abord, respirez par le ventre. Comme si vous aviez un ballon dans votre ventre qui se gonflait à chaque fois que vous rentrez de l’air à l’intérieur.

Lâchez.

Respirez ainsi 3 fois.

Ensuite, si vous êtes dans une voiture, ou dans les transports communs, vous allez mettre une chanson qui vous évoque de la tristesse. Montez le son. Et vous allez vous lâcher. 

Tout en chantant cette chanson (si vous êtes dans un endroit qui le permet) vous allez détendre chaque muscle de votre corps tendu. Bougez les épaules, votre torse, vos jambes. Soyez conscient.e de tout le poids que vous chargez chaque jour. Débarrassez vous du trop plein.

Une fois que la chanson sera fini, vous allez mettre une qui vous évoque de la joie.

C’est mieux? 😉

Sentez comme votre sourire reviens, comme les soucis laissent de la place à la joie. Comment l’espace dans votre esprit se fait.

Les solutions aux problèmes ne peuvent venir que s’il y a de l’espace pour eux.

Vous avez la musique en vous!

Variante pour les enfants

L’exercice sera le même, mais avec une musique qui leur évoque de la tristesse et de la joie. Même que pour la joie, comme vous serez à la maison, vous allez pouvoir chanter et danser en même temps. Cela est parfait pour une décharge total d’émotions. D’ailleurs, à ce sujet, je vous recommande très fortement ce site pour des astuces méditatives pour vos enfants.

Pour des idées de chansons tristes, vous pouvez aller voir mes articles sur la tristesse: ici.

C’est à vous!

Racontez-nous votre rentrée, comment ça s’est passé? comment avez vous géré? Et vos enfants? Partageons nos astuces ensemble!

D’ici là, je vous souhaite du bonheur, de la sagesse et des rythmes boléro.

Résoudre les conflits à travers la musique

Comment faire quand on n’est pas d’accord avec l’autre? Nos enfants se disputent entre eux, et ils sont parfois très violents. Mais nous, comment sommes-nous quand on se dispute? Peut-on résoudre des conflits à travers la musique?

Combien de fois vous êtes-vous senti à fleur de peau quand vous visitez vos beaux-parents, ou pire, vos parents? Vous êtes-vous déjà disputé avec votre frère ou sœur pour un désaccord? 

Selon votre histoire, vous avez envie de quitter les lieux le plus vite possible, vous avez envie d’être agressif avec eux, ou carrément tous les tuer…

Les relations entre les êtres sont tellement complexes. 

Tellement nécessaires pourtant.

Toutefois, les techniques de communication, de relation avec l’autre, ne sont pas au point.

Nous avons beau avoir internet, le téléphone, Skype et Whatsapp, nous ne savons toujours pas communiquer. 

Selon le Bouddhisme, l’autre est notre miroir: quand on voit quelque chose de négatif chez l’autre, c’est le négatif qu’on n’aime pas en nous. A condition que nous osions regarder ce miroir. Pour les points positifs c’est tout aussi vrai.

Cela fait un moment que je vois dans les forums et groupes de discussions, les mauvaises ententes entre les familles, les différentes générations, entre les fratries, entre voisins, entre syndicats et gouvernement, etc.

Mais aujourd’hui j’ai décidé de regarder un peu plus profondément ce miroir.

Juste pour voir…

Miroir, miroir, qui est la plus belle du royaume?

Tout a commencé avec la violence de mon plus jeune enfant.

Il n’a que deux ans et demie, donc sa gestion de la colère est vraiment très mauvaise. Puis, il a un modèle extra qui est sa sœur, qui lui a montré des trucs qui ne lui seraient pas venus à l’esprit s’il avait été le premier… Les avantages d’être le deuxième.

Le fait est qu’il n’arrête pas de traiter de méchant à tout le monde, il refuse tout d’un bloc tout le temps. Il crie quand il est contrarié, il donne des coups de pieds, frappe, mord et griffe. 

La total quoi…

Et vous savez quoi?

Nous en avons marre.

Alors ça explose à tout va, partout. Il y a des reproches à gauche et à droite. “Que tu l’éduques mal. Que tu ne l’éduques pas. Que tu es trop agressif. Que tu fais mal les choses.” Et bla bla bla et bla.

Vous connaissez la chanson. Je suis sûr que vous la connaissez.

Du coup je pris ma distance, et je me suis mise à réfléchir. Car il vaut mieux prendre une respiration et avoir un peu de distance pour y voir plus clair.

Mon enfant c’est moi

Les enfants sont le plus grand et magnifique miroir que nous avons. Et quand ils sont petits c’est encore plus flagrant.

Alors je me pose avec mon stylo, et j’écris tout ce qui me gène chez les autres. Tout ce que je perçois comme négatif. Les conflits que j’ai à l’intérieur qui sont reflétés à l’extérieur. Cette violence qui sort de mon enfant doit aussi sortir de moi. J’observe. Même si je n’aime pas.

Car pour trouver une solution l’observation s’impose.

Suite à l’écriture de toutes les causes de mes émotions, en utilisant une technique Gestalt de décharge, les idées s’éclaircissent.

Et si la violence de mon enfant venait de tout ce désaccord profond? La confusion qui peut causer le fait d’avoir des adultes qui ne sont pas d’accord entre eux. Les repères qui sont diffuses. Cela peut devenir insupportable. Surtout pour un petit de deux ans.

C’est ainsi que je respire, et je cherche une réponse dans la matière qui m’a plus accompagné dans ma vie: la musique.

Heal my world

Peu d’artistes ont réussi mieux à réunir autant de personnes et autant d’origines ou philosophies ou pensées politiques que Michael Jackson.

Je me souviens qu’un jour j’étais à Haussmann-Saint Lazare en train d’attendre le RER E. Il y avait plein de monde, comme toujours à Paris, mais pas comme en heure de pointe. Juste comme d’habitude.

Puis, tout d’un coup Heal the world résonne dans les hauts parleurs de la gare.

Au départ j’étais obnubilé par la chance que j’avais d’entendre cette chanson encore une fois. Ensuite je levais la tête et… TOUT LE MONDE CHANTAIT! 

Il n’y avait pas de visage qui ne chantait pas! Alors, chacun pour soi. Et personne n’avait l’air de s’en rendre compte. Mais on était tous ensemble, tous d’accord.

C’était tellement beau.

Du coup aujourd’hui je me suis souvenu de cette anecdote. Une solution pourrait venir de là. Car nous pouvons nous focaliser sur les désaccords. Mais nous pouvons aussi nous focaliser sur ce que nous sommes d’accord.

La chose dont nous sommes tous d’accord est qu’on veut le bonheur de nos enfants et le nôtre. C’est les méthodes qui différent…

Chanter pour dédramatiser

Je vous ai déjà parlé de cette technique de chanter pour chaque événement conflictif avec votre enfant. Méthode qui fonctionne très bien, mais j’avoue, nous ne sommes pas toujours dans le “mood” (l’humeur) de chanter. D’ailleurs si vous voulez en savoir plus sur cette astuce, vous pouvez lire mon article sur le quotidien ou sur une journée en musique.

Mais, même si on est fatiguée ou énervés, nous pouvons chanter alors ce que l’on ressent. Cela a double fonction: se défouler, casser avec la lutte de pouvoir qui peut s’organiser entre vous et votre enfant. 

Cela peut marcher avec les conflits que vous pouvez avoir avec les membres de votre famille ou belle-famille. Non pas de leur chanter ce que vous ressentez, mais de vous isoler et le faire de plein cœur. Si vous êtes instrumentiste vous pouvez faire de même avec votre instrument. Si c’est la danse ou la peinture que vous préférez, allez-y. Le tout est de “cracher le venin” en sûreté, dédramatisant la situation.

J’ai remarqué que quand je le fais, mes enfants se calment avec moi. Comme un bon miroir…

Frapper en rythme

Les musiciens les plus calmes sont souvent les batteurs. Bah oui, pas besoin de s’énerver eux… ils ont des battons et des tams tams sur qui se défouler! 🤣

Blague appart, il y a un exercice de communication avec des percussions qui adorent les enfants, et éclatent les adultes.

On s’assie en ronde, chacun avec une percussion quelconque, et on joue d’abord au chef d’orchestre pour bien se centrer dans le groupe. Un chef joue quelque chose, et les autres doivent suivre. Le chef tourne jusqu’à ce que tout le monde ait été chef.

La suite est de jouer les émotions que l’on ressent. Un chef joue, et les autres essayent de l’accompagner. Cette fois-ci ce n’est pas de l’imitation, mais de l’accompagnement. A nouveau, le chef change jusqu’à ce que tout le monde ait passé.

Je ne pense pas que ce soit un exercice bienvenu au repas de Noël, mais vous pouvez toujours essayer. Résoudre les conflits familiaux à travers la musique dans les réunions de famille doit être trop beau. Mais perso, je n’ose pas du tout le proposer. Par contre, si jamais vous le faites, n’hésitez pas à l’enregistrer et nous l’envoyer. Cela va nous inspirer très certainement! 🤣

Conclusion (oui, je n’ai pas trouvé de titre plus cool… désolée)

💖 Nous voulons tous le bonheur, mais nous avons tous de différents concepts du bonheur, et de voies différentes pour y arriver.

💖 La musique peut calmer ou énerver les masses, mais c’est un excellent moyen de communication non verbale pour s’exprimer en toute sûreté.

💖 Les enfants reflètent vos états d’âme. Si jamais ils ne vont pas bien sans raison apparente (cela ne vient pas de l’école, d’une maladie ou situations qui leur est arrivé), regardez-vous: ça va bien, vous?

💖 Si jamais vous avez vraiment besoin d’aide extérieur, je peux peut-être vous aider. Contactez-moi ici.

Surtout, n’hésitez pas à partager ce que vous avez pensé de l’article, vos techniques pour résoudre des conflits, et les chansons qui vous aident à prendre du recul pour y voir plus clair!

D’ici là, je vous souhaite du bonheur, de la sagesse, et du rythme samba.

 

 

Chanter les émotions 3/3

Il vous manquent des chansons sur la colère et la tristesse pour vos enfants? Chanter les émotions vous plaît?

Voici le dernier article de la série “chanter les émotions” et aussi le dernier article de mon défi “comment aborder les émotions à travers la musique”.

Après vous avoir dévoilé ma chanson sur la peur. Alors pour commencer, je vous propose comme promis, la chanson que j’ai composée sur la colère:

C’est une chanson très facile à réaliser, et les enfants en général adhèrent complètement. Il faut juste rajouter des gestes, et ne pas hésiter à se lâcher dans les cris!! Ça décharge bien 😉 

Ensuite, une chanson qui a bien fait pleurer mes enfants… comme quoi, elle est vraiment triste:

Accompagnée tout simplement avec xylophone, ce sont les accords de A (la) mineur et D (ré) majeur 9, puis le refrain F (fa) majeur et E (mi) mineur.

C’est la fin!!!!

 

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Je suis si heureuse!

J’ai fini mon défi!!!!

 

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Alors c’est la fiesta!

Cela n’a pas toujours été facile. Surtout qu’au début je m’étais fixé un article par jour, puis je me suis soulagé en espaçant à un par semaine…

Ce sujet me tenais vraiment à cœur, et j’ai appris énormément des choses. 

Avant tout, j’ai gagné en expérience. Je suis vraiment contente de l’avoir fait.

Le Bilan

Le travail sur les émotions est une profonde introspection. On ne peut pas apprendre aux enfants ce que l’on ne sait soit même. Alors il faut pour le bien être de tous qu’on apprenne à gérer les émotions. 

Mais pour les gérer nous devons d’abord les connaître. Les aborder comme si elles étaient des nouvelles connaissances. Les accueillir avec bienveillance, patience et compassion. Les comprendre et réaliser leur véritable essence.

Les émotions sont éphémères, mais elles peuvent endommager énormément si on ne prête pas attention.  Nous ne sommes pas nos émotions, et nous avons énormément du mal à voir ça. Du coup, on a tendance à voir nos enfants à travers ces émotions là.

Mais elles ne sont qu’une tempête qui passera…

Pour ma part, j’ai commencé ce voyage il y a longtemps, et j’en ai pour encore un petit bout de chemin. Mais j’adore la sagesse que j’en tire.

Surtout…

J’adore savoir que devenir une meilleure personne pour mes enfants et tous ceux qui m’entourent est une possibilité réelle. 

Je ne peux que vous inviter à parcourir cette aventure avec moi!

En musique biensûr 😉

Du bonheur, de la sagesse, et du rythme techno, car là, je fais la fête!!!!!

Chanter les émotions 2/3 (musique et peur)

Saviez-vous que mettre une musique pour accompagner une chose qui nous fait peur nous aide à la surmonter?

Je l’ai vérifié aujourd’hui même.

Dans l’appartemment juste au dessus de chez moi il y a des travaux. Et je ne sais pas ce qu’ils sont en train de rénover, mais on dirai que notre plafond va s’effondrer d’une minute à l’autre.

Ou alors, que de dinosaures sont venus vivre au dessus de chez nous…

Parfois, le bruit qu’il y a me rappelle aux pas de Jurassic Park

 

Du coup mon petit a peur…

Il ne me lâche pas d’une semelle… Alors que d’habitude il joue tout seul sans problèmes. 

C’est une peur animal qu’il ressent. 

Je le sais, car si je me laisse guider par mon instinct (mon cerveau reptilien comme on aime l’appeler), je le prends et je pars en courant.

Heureusement je sais ce que c’est. Ma partie rationnelle gagne la partie et j’essaye tout simplement d’expliquer à mon fils que tout va bien. Que de toutes façons je serai là pour le protéger.

Mais lui dire cela a, à peu près, le même effet que quand vous essayez de raisonner un chien qui entend des feux d’artifices ou des tonnerres: AUCUN.

 

Du coup j’ai eu une idée.

Je me suis souvenu que pendant mes périodes de peur irrationnel, ce qui m’aidait était de mettre une musique qui me rassure ou me fasse oublier la source de ma peur.

Cela a eu l’effet escompté.

Je vous ai proposé lors d’un article précédant, des chansons pour accompagner différentes émotions. Mais c’étaient des chansons trouvés par internet.

Aujourd’hui je vous propose une chanson composée par moi… 😱😉😊

Tout est expliqué dans la vidéo.

Dites moi ce que vous en pensez… Vos questions… et surtout: est-ce que ça a plu à vos enfants?

Si c’est le cas n’hésitez pas à partager et de vous abonner à ma chaîne. Je suis en train de préparer le 3ème article de cette volée avec des chansons originelles sur la colère et la tristesse. Et les chansons sortent avant l’article!

D’ailleurs nous sommes au 29ème article du défi “comment aborder les émotions à travers la musique”… la semaine prochaine ce sera le dernier!! Tenez-vous prêt pour la fiesta!!!

D’ici là, je vous souhaite du bonheur, de la sagesse et un rythme cha cha cha.

Photo by Marcovdz

Musicothérapie et émotions


Interview Violetta Donini

Bienvenue à un nouvel podcast sur la musicothérapie et les émotions.

Pour écouter le podcast clikez sur play. Pour le télécharger il suffit de faire clic droit et enregistrer.

En dessous la transcription de l’interview.

Bonjour, je suis Eirene de Petit Doremi, aujourd’hui je vais vous présenter ma première interview de la musicothérapeute Violetta Donini qui est également professeur de piano et d’éveil musical. En espérant que cela vous plaise!

E: Déjà je voulais savoir un petit peu ta présentation? Qui tu es? Qu’est- ce que tu fais?

V: Je m’appelle Violetta, je suis pianiste, professeur de musique et musicothérapeute. J’ai la double casquette éducative et thérapeutique.

E: ça fait longtemps que tu es professeur d’éveil musical?

V: Oui, une dixaine  d’années.

E: D’accord. Est- ce que depuis que tu fais les deux (musicothérapie et éveil musical) ça t’arrive de mélanger les deux?

V: Non, justement ça a clarifié dans ma tête les différences entre l’éducatif et le thérapeutique. Les objectifs éducatifs et thérapeutiques ne sont pas les mêmes. Donc, évidemment selon l’endroit où je suis et selon ce que je fais, si je suis dans un cours d’éveil musical je vais être appelé à enseigner la musique , enseigner les bases de la musique et tout ça dans un esprit ludique  et bien être aussi. Mais mon but ne sera pas thérapeutique. C’est à dire que je n’aurais pas pensé à chaque élève dans un but thérapeutique. 

Alors que dans les institutions, quand je travaille en tant que musico-thérapeute, un vrai projet thérapeutique est pensé, et on n’est pas sur des objectifs éducatifs ni sur des objectifs d’apprentissage. Au contraire on utilise les instruments comme un médiateur thérapeutique, mais en aucun cas on utilise l’instrument pour leur apprendre des bases musicales.

Evidemment les deux peuvent se regrouper par moments mais pour moi ça a plus clarifié la différence entre les deux situations finalement.

Après il se peut, il est déjà arrivé qu’on demande qu’il y est de la confusion entre les deux. Par exemple en thérapie souvent les parents me disent “ah! ils vont en cours de musique!” et la je dois clarifier que ce n’est pas un cours. Pareil en éveil musical dès fois on peut demander “ce serait bien qui ait un objectif de bien être, etc”. Je dis oui, mais, ce ne sera pas de la thérapie.

E: justement, est-ce que tu pourrais nous donner une petite définition de la musicothérapie

V:  parce-que justement c’est important de clarifier qu’est-ce que c’est la musicothérapie,  parce qu’il y a tellement de confusion dans le domaine. Et des charlatans aussi.

Donc pour la définition de la musicothérapie je pense que le mieux c’est d’en lire une, qui a mon avis est assez complète. C’est la définition qui se trouve sur le site de la Fédération Française de la Musicothérapie.

La Musicothérapie est une pratique de soin, de relation d’aide, d’accompagnement, de soutien ou de rééducation, utilisant le son et la musique sous tous leurs formes comme moyen d’expression, de communication, de structuration et d’analyse de la relation. 

Donc ce qui est le plus important à retenir c’est vraiment aussi que, donc on est dans le soin bien sûr, et qu’on utilise le son et pas que la musique, en fait.  La musique ce serait presque restrictif. On utilise le son, le sonore dans toutes ses formes. Cela peut être  avec des instruments bien sûr, mais ça peut être aussi avec la table, le mur, la chaise. Cela ce sont des choses, que même en éveil musical on peut utiliser. Pas besoin d’avoir des super instruments pour faire de l’éveil musical. Par exemple.

E: Je voulais savoir aussi, car on est dans le cadre de comment aborder les émotions à travers la musique, et je voulais profiter de ta présence  pour savoir quelle était la différence entre aborder et gérer.

V: A mon sens, gérer une émotion c’est quelque chose qui se fait sur le long terme, quelque chose qui  ne s’apprend pas forcément dans le cadre éducatif d’un éveil musical.  On n’a pas le temps en tant que prof d’éveil musical de s’occuper de chaque émotion de chaque enfant surtout si c’est dans les écoles (maternelles). Je sais que nous avons eu toutes les deux cette expérience là, où on avait quinze enfants par classe. Bien sûr apprendre à gérer une émotion dans un cadre éducatif c’est compliqué.

Mais, évidemment on peut les aborder. Mais, à mon sens, si l’enfant a vraiment un problème de gestion d’une émotion ça se travaillera plutôt d’un setting thérapeutique plus qu’à l’école. A l’école on est dans une optique d’apprentissage. Je dis école mais ça peut être aussi des cours d’éveil musical privés.

Après on peut aborder les émotions aussi bien dans le cadre thérapeutique que dans le cadre éducatif. Aborder ce serait faire des activités autour des émotions pour pouvoir travailler, dans notre cas, avec des instruments. 

E: Comment, en musicothérapie, on aborde les émotions, et comment est-ce qu’en éveil musical on aborde les émotions?

V: Dans le premier cas ce sera un objectif thérapeutique, pensé dans un suivi avec une équipe disciplinaire en général. Alors qu’à l’école ou dans un cadre éducatif en général ce sera: pour aborder les émotions, on va faire quelque chose aussi. Evidemment on les aborde dans les deux cas. C’est juste pas le même objectif.

E: Est-ce que, ça t’arrive, depuis que tu as fait des études de musicothérapie, de, par exemple quand tu trouves un groupe qui est agité de trouver des exercices nouveaux qui pourrait leur faire décharger ce qu’ils ont, pour pouvoir après mieux suivre ton cours.

V: Je ne sais pas. Ce que je peux dire, qu’en tant que prof j’ai changé, parce que j’ai changé moi aussi de part ma formation. Peut-être que j’essaye plus d’intégrer les problématiques des enfants, malgré moi, je ne peux pas m’en empêcher. Peut-être je suis un peu moins exigeante si je vois quelque chose que j’aurais identifié, et qui n’aurait pas été identifié par l’entourage. 

Par exemple, je donne des cours de piano actuellement, et dans le passé il m’est arrivé de découvrir que j’avais une élève qui était dyslexique, alors que ça ne m’avait pas été dit par l’entourage, par la famille, et là j’étais un peu plus armé pour pouvoir adapter mon enseignement à cet enfant. Mais c’est vraiment au cas par cas. Dans son cas je savais que si je mettais une partition en plus grand ça l’aiderait. Je pense pas qu’avant j’aurais eu accès à ce genre de  technique.

Dans ma tête j’essaie vraiment de différencier le thérapeutique de l’éducatif. Avant je pense, bon, ça c’est personnel, j’avais plus tendance à tout mélanger, et je ne pense pas que ce soit bon pour l’enfant ou l’élève d’être trop dans le thérapeutique malgré eux.  Donc, maintenant j’essaie plus de différencier ma place et selon les circonstances.

E: est-ce que la musique pourrait être un bon moyen d’évacuation des émotions réprimés ou des choses réprimés qu’on aurait dans la journée même?

V: Je suis tout pour l’expression musical et l’expression même dans le corporel, ou quelque chose qui mélange l’expression en général. Je pense qu’il y a beaucoup à faire avec ça. Effectivement il y a l’éducation musical: l’idée d’emmener la musique et l’expression musical, entre autres, à l’école. Je pense que c’est une très très bonne chose et effectivement si on pouvait avoir des cours d’expression musicale, plutôt que des cours. Même le terme d’éveil musical, c’est bien déjà, parce qu’on éveil. Mais l’éveil musical existe (que) à la maternelle. 

Le but c’est de l’expression. Est-ce que ça permettrait de résoudre tout ce qu’il se passe en ce moment, toutes les tensions? Je ne pense pas. Parce que je pense que c’est un problème de fond, d’organisation scolaire, des moyens financiers, des profs qui n’ont pas suffisamment de moyens, d’aide, etc. Donc ça c’est autre chose. C’est un autre discours.

Mais je pense que bien sûr si on pouvait déjà une idée d’assouplir l’enseignement musical je pense que ce serait une bonne chose. Il ne faut pas oublier que la musique est quelque chose d’accessible à tous. Et pas tous les enfants qui font de la musique vont être concertistes.  Et ce n’est pas parce qu’ils ne vont pas être concertistes qui ne vont pas avoir non plus un bon niveau.

Après au Conservatoire c’est autre chose, parce qu’il y a une sélection. Car il y a des moyens, là aussi, limités, donc il faut bien qu’ils sélectionnent d’une certaine façon pour pouvoir avoir les élèves qu’ils ont. Mais il y a une telle demande que c’est un peu, et c’est subventionnée par ailleurs, donc c’est compréhensible qu’il y ait des critères d’excellence.   

Je ne pense pas que ce soit bon pour la musique qu’il y ait que ça.

Après, pour répondre à ta question sur la décharge, c’est aussi tout une question. Est-ce qu’on se défoulant on va résoudre quelque chose? Je ne sais pas non plus. Parce que la décharge c’est une chose, mais après il y a ce qu’il y a derrière. Cela peut être apaisant un certain temps, mais ça dépends pour qui, et ça dépends comment. 

Plus dans l’histoire de parler d’expression musicale j’aime bien cette idée là.  Où justement un travail des émotions peut être possible. Et d’autres choses aussi, mais c’est de ça qu’on parlait aussi. L’histoire de se défouler et que ça apaiserait les tensions, je pense que oui.

Je pense qu’à l’école, et au fur et à mesure des niveaux la place pour l’expression individuelle de chaque personne est réduite, faute de moyens, faute de temps, faute de plein de choses. Mais c’est vrai que s’il y avait des temps plus marqués, d’expression ou avec des gens qui sont formés, pas forcément des musicothérapeutes. Ce n’est pas du tout de la musicothérapie, encore une fois. Mais, oui, a ne peut être que bon, je pense, pour les enfants.

E: est-ce que tu aurais un conseil à donner aux parents?

V: pour le travail autour des émotions? tu veux que je te parle de ça?

E: oui. Comment aborder les émotions pour les parents des enfants de 0 à 6 ans.

V: A mon sens, ce qui est important sur un travail autour des émotions c’est de pouvoir les nommer. Identifier les émotions serait une première étape. Si c’est possible bien sûr. Si ce n’est pas possible, justement, ça peut être un axe possible qui peut être intéressant aussi. 

En utilisant les instruments on peut se dire: sur quel instrument on pourrait représenter la colère? Avec le tambour? Alors, comment on fait la colère avec cet instrument?  ah, on tape très fort. Et sinon, la joie, comment tu ferais? Ah, bah, tiens, les cymbales pour toi c’est très fort, c’est très gai. Ou un autre instrument, ce sont des exemples, bien sûr.

Et le calme, comment tu ferais un état de calme? Tu le montrerais avec quel instrument? Et bah, tiens, avec le bâton de pluie, pourquoi pas? etc.

On peut utiliser différents instruments, pour dire, cet instrument là peut représenter telle émotion. C’est un exercice.

Après on pourrait se dire, tiens, on va se raconter une histoire avec ces instruments. Qu’est-ce qu’on pourrait faire en premier? Donc, c’est calme, après c’est la colère, après c’est de la joie et c’est de la peur, enfin, toutes les émotions qui auront été identifiés au préalable. Cela peut être aussi une façon de les aborder sans utiliser uniquement les mots.

Une autre chose intéressante que j’ai déjà faite aussi c’est d’utiliser le même instrument, pour exprimer des émotions différentes. On pourrait dire bah, tiens, le tambour, si je tape dessus très fort qu’est-ce que ça représente, par contre si je le caresse doucement, qu’est-ce que ça fait? Par contre si je tapote? Voilà, il y a plein de choses qu’on peut faire avec le même instrument.

Cela peut aussi  aborder des aspects plus créatifs. Avec un instrument qu’est-ce qu’on peut faire? C’est intéressant. Finalement c’est comme une personne, la même personne peut avoir différentes émotions. Je schématise bien sûr. C’est juste pour donner quelques exemples de détournement par les instruments pour pouvoir mieux parler des émotions. Les aborder.

Je pense que l’important c’est de pouvoir les identifier et pouvoir en parler. Déjà si on pouvait arriver à faire ça avec son propre enfant ou l’enfant qu’on garde si c’est une assistante maternelle, ça peut être très intéressant. Et après avoir des moments ludiques, où on s’amuse tout simplement avec les instruments. Ou ça peut être tout simplement, si c’est un enfant très petit de 3-4 ans qui tape très fort sur un instrument, on peut dire: “ah je vois que tu es en colère,  et puis tiens, ça qu’est-ce que c’est?”. Enfin, voilà.  Ce sont quelques pistes, quelques idées. 

E: super! Merci beaucoup Violetta.

N’hésitez pas à commenter ce que vous en avez pensé, à liker et à partager.

Du bonheur, de la sagesse, et un tempo allegro.