Je suis ton miroir

Le jugement, le regard qu’on ressent de l’autre peuvent être mortels. Gérer le regard des autres devient, alors, un besoin vital.

Mais il y a aucun avertissement dessous chaque commentaire qu’on reçois. 

Pourtant…

Cela peut être aussi mortel, voir plus, qu’une cigarette, une bouteille d’alcool ou manger 5 kilos de sucre raffiné pur (puah! si vous arrivez à manger ça, je vous dis quand même chapeau! au delà de la crise de diabète que vous pouvez avoir, il faut le faire tout de même…).

Regardez les nouvelles récentes, que nous avons eu par les médias, d’adolescents et préadolescents qui se suicident suite à un cyber-bulling (des milliers de jeunes qui vous écrivent des jugements négatifs à votre égard à travers les différents réseaux sociaux comme whatsapp et snapchat), ou à un bulling (des appels téléphoniques anonymes, des lettres menaçantes, des moqueries constantes des camarades de classe) tout court. 

Ressentez toute cette peur que vous avez à chaque fois que vous voulez faire quelque chose qui sort de l’ordinaire (comme chanter et jouer avec votre enfant dans la rue, par exemple). Voyez à quel point cela vous ronge, vous supprime toute énergie créatrice que vous puissiez avoir à l’intérieur de vous.

Gérer le regard de l’autre est un vaste sujet qui a été traité par tous les domaines. Car le regard de l’autre est le début de notre prison.

Alors, quand Sarah, du blog Multipassionnés épanouis m’a proposé de participer à son Carnaval d’Articles sur le sujet, je me suis jeté à l’eau, peu importe ce que diront les autres!!

A la limite de la paranoïa

Mmm… quel titre! A la fois accrocheur, intrigant et… bouleversant!

Oui, peut-être. Pourtant, souvent nous sommes en train de jouer à l’équilibriste dans la limite de cette maladie psychiatrique. Alors, plus qu’un titre, c’est une réalité.

On nous a toujours dit: attention! la limite est très fragile! 

C’est vrai: elle est très fragile.

“Qu’est ce qui vont dire les voisins en te voyant habillée comme ça?” (oui, c’est toujours à une femme qu’on pose cette question là… nous n’avons pas évolué encore… désolée…)

“Oh là là, mon enfant fait une crise en public, les gens vont se dire qu’il est capricieux à cause de moi!” “Si je lui cri les gens vont dire que je suis trop cruelle, autrement si je ne le gronde pas ils vont dire que je suis trop laxiste, enfin, si je lui parle calmement et fermement ils vont dire qu’il n’en a pas eu pour son compte…”

“Tu as vu comment il m’a regardé? On dirait qu’il ne m’aime pas!”

“Maman, j’ai peur que mes copains se moquent de moi… Maman, ils disent que je ne suis pas joli.e/sympa/intelligent.e”, etc.

Le regard de l’autre est une chose tellement, mais tellement subjective. Et, en même temps, elle occupe tellement, mais tellement de place dans notre petit cerveau…

Qu’est ce que c’est ce truc barbare dont on se souci tant? Mais on l’oublie quand on est avec la bonne personne, comme dirait Ed Sheeran.

(Très pop je suis aujourd’hui 🤣)

La cruelle réalité

La vérité est que malgré qu’on vit la plupart de notre vie dans le regard de l’autre, et bien, l’autre, et bah, c’est pareil…

Nous jugeons énormément l’autre, car on se juge soi-même, et les autres nous jugent car ils se jugent eu mêmes, et ainsi de suite.

C’est une roue sans fin, c’est une roue sans fin, C’EST UNE ROUE SANS FIIIIIIIIIN!!!!!

La cruelle vérité est qu’on s’en contrefiche royalement de ce que l’ON pense des autres.

Pourquoi?

Car vous n’êtes pas ce que les autres pensent que vous êtes, et les autres ne sont pas ce que vous pensez qu’ils sont.

Nous sommes des êtres bien plus complexes, et bien plus simples à la fois.

L’artiste est un exemple visible très parlant. Mettons comme exemple Michael Jackson. Qui est Michael Jackson? Combien de rumeurs avez-vous entendu sur lui, d’idées, de jugements vous avez-vous fait sur lui? Savez-vous combien sont vrais? Quelle preuve avez-vous?

Moi la seule chose que je sais est qu’il était un excellent musicien, danseur et chanteur. Le reste… bah, il me manque de preuves…

Donc, on s’en fiche de ce qu’on pense des autres ou vice-versa.

Mais… on continue à y penser, une et une autre fois… à croire qu’on aime se faire du mal…

La quête

Alors, comment gérer cet illusion de que les autres vont penser quoi que ce soit sur nous? Comment aider nos enfants à gérer ce problème qui ont à partir de 4 ans?

Surtout, comment font tous ces fous de musiciens, qui se mettent en scène, comme ça, sans leur importer (du moins en apparence, car en vérité… s’ils sont comme moi, ça leur importe et beaucoup), avec ces fringues toutes bizarres, ces comportements extraordinaires et jouent comme si c’était leur dernier jour?

Oui, d’accord, il y a les drogues… mais pas que… (je vous rappelle que les drogues sont très mauvaises pour la santé mental et physique, et illicites. Je ne les recommande pas du tout. Je me délie de toute responsabilité si jamais vous en prenez, suite à cette vidéo… 😂 Mais j’espère que vous avez dépassé les années 70 il y a longtemps, et que vous êtes comme la nouvelle génération, drogué aux écrans… moins marrant certes… mais licite 🤣. Enfin,  non, je n’espère pas ça, j’espère plutôt que vous traitez votre corps et votre esprit avec beaucoup de respect et d’harmonie, et que vous n’êtes accro à rien… Et la je vais fermer cette parenthèse car elle devient vraiment trop longue… toutes mes excuses de cette énorme aparté…).

Et bien c’est simple: pendant ces moments là d’exposition, pendant ce temps où ils jouent, ils sont complètement présents sur l’instant même. Ils profitent de chaque son, de chaque sensation. C’est comme une méditation active, où il n’y a pas le temps de réfléchir à quoi que ce soit.

Avez-vous déjà expérimenté ça?

Si la réponse est oui: je vais vous faire une autre question: qu’est ce que vous ÉTIEZ à ce moment là? qu’est ce qui ÉTAIENT les autres?

Si la réponse est non: QUOI????? mais faites quelque chose bon sang! un truc qui vous passionne, oubliez-vous!! c’est urgent!!! (ok, ok, ça y est, je me suis énervée… je respire, je me calme… c’est bon, je vais pouvoir continuer…)

Etre présents grâce à la musique en bénéfice des enfants

Avez-vous remarqué que souvent on voit chez les autres, ce que l’on voit en nous? Réfléchissez, prenez le temps… 

De la même manière que l’on ne peut donner ce que l’on n’a pas. On ne peut pas voir chez l’autre ce qu’on ne voit pas chez nous, même si c’est infime.

“Il est égoïste!” Je me crois égoïste?

C’est une mauvaise personne!” Me croirais-je une mauvaise personne?

Alors pour se sortir de tous ces jugements qui ne servent à rien? ni à personne, apprenons à être PRÉSENTS.

Vos enfants sont présents la plupart de leur journée. Quand ils jouent aux voitures, ils sont en train de jouer aux voitures, et non pas en train de se disputer avec la maîtresse. Au moment de dessiner, ils pensent au dessin, et non pas à ce qu’ils planifient faire demain.

Nous devrions faire de même, avec eux.

Quelle meilleure activité que jouer de la musique pour être présents?

Nous allons rentrer en transe grâce au chant.

Mais, vous êtes sûr?

Alors, pour toutes ces idées qui vont surgir, je le sens, je vais les balayer une par une.

  • Non, vous ne chantez pas faux. Oui, je sais, je ne vous ai pas entendu. Mais j’insiste, vous ne chantez pas faux. C’est votre voix qui exprime plein de choses à guérir. Ça viendra.
  • Vous avez peur. Ok. Vous n’êtes pas à la place de Bobby Mc Ferrin, tout seul face à des milliers de personnes… Alors prenez les choses avec plus de calme. Et même si vous étiez dans le même cas de figure que lui, et bien, vous voyez bien qu’il n’en est pas mort…
  • La voix tremble quand vous chantez en public. Cela arrive les premières 10-15 minutes. Après ça passe.
  • Vous ne savez pas quoi faire. C’est normal, j’y viens!

Trans vocal en famille

Si vous le pouvez, prenez un instrument mélodique, qui ne soit pas soufflant, que vous ayez chez vous: xylophone, clavier, guitare, cloches, etc. Rien de tout ça? Prenez un verre en verre et une cuillère. Remplissez le verre jusqu’à arriver à une note qui vous plaît bien. Puis, frappez dessus avec la cuillère.

Jouez un rythme régulier: cela peut être des noires ou des croches, si vous savez ce que c’est, ou ce que vous sentez si vous n’en avez aucune idée.

Ensuite, une fois bien imprégné de cette note, vous allez chanter par dessus. Ce que vous sentez.

Invitez vos enfants à chanter avec vous d’un geste. Ils suivront avec plaisir.

Si vous sentez des jugements arriver ou des idées limitantes surgir dans votre pensée, fermez les yeux, et revenez à cette note.

Laissez partir toutes ces idées, ces pensées négatives à votre égare avec votre voix. Sortez les mauvaises expériences, les tensions. Entendez vos tripes chanter. Si vous le pouvez, entendez les tripes de vos enfants sortir.

Finissez l’expérience quand vous le voulez, ou alors quand les voisins montent vous supplier de vous arrêter…

Dans tout les cas, une fois que vous arrêtez, vous allez prendre conscience de ce que vous ressentez, de ce que vous êtes, et de ce que sont vos enfants.

C’était agréable? Déplaisant? Votre tête était-elle chargée? S’est-elle bien vidée?

Partagez avec nous votre expérience!

Vous pouvez trouver d’autres alternatives dans cet article.

Comment je fais tous les jours?

Pour mieux gérer le regard des autres, vous devez pratiquer le fait d’être présent le plus souvent possible.

L’avantage de cet exercice est qu’il évolue à chaque fois que vous le faites. Il laisse libre cours à vos créativités. C’est reposant.

N’hésitez pas à le refaire dés que vous le pouvez. Même que vos enfants voudront le refaire.

Vous aurez le double gain de réaliser une activité avec vos enfants, et vous relaxer et relâcher.

Petit à petit, vous vous laisserez moins emporter par la pensée: “qu’est ce qui vont penser les autres?”

Quels sont vos astuces pour gérer le regard des autres?

Partagez-les avec nous dans les commentaires!

Je vous souhaite du bonheur, de la sagesse, et un rythme candombe.

Eveil musical avec des enfants autistes

La musique est faite pour TOUT le monde. 

Peu importe votre âge, votre culture ou votre classe sociale. Votre QI ou votre niveau d’études. La musique convient à tous, et est utile pour tous.

J’ai eu la chance d’avoir plusieurs “genres” d’élèves: des quartiers et des styles de vie différents, avec des goûts musicaux très variés. Certains n’avaient même pas de culture musical: ils n’écoutaient pas de la musique.

Toutes ces personnes ont réussi a trouver leur bonheur dans la musique.

Un beau jour, j’ai eu l’immense chance et bonheur d’animer un petit groupe d’enfants autistes.

Aujourd’hui j’ai envie de vous partager cette expérience.

Un projet qui démarre

Quand le projet de donner des ateliers d’éveil musical à un petit groupe d’enfants autistes s’est concrétisé, la première chose que je me suis dis, c’est que j’allais me documenter.

En effet je ne suis qu’une prof de musique et musicienne, mais pas une professionnel psychologique ni psychomotricienne, ni rien qui s’apparente. 

Surtout à l’époque, où je n’avais pas encore passé mon certificat pour être coach parental.

Fort heureusement, il y a un truc qui me passionne de faire: c’est de me documenter.

Le hic, quand j’ai commencé mes recherches, c’était qu’il y avait un genre d’autiste par individu. Je me suis rendu compte que me renseigner sur ce “trouble mental” comme apparemment on l’appelle, était un peu comme vouloir me renseigner sur l’humanité. 

J’ai découvert qu’un autiste n’était pas forcément quelqu’un qui est ailleurs, super intelligent, incapable de sociabiliser, et toutes ces idées reçues qu’on a des personnes autistes.

Cette découverte je l’avais déjà faite quand j’ai gardé un enfant autiste des années auparavant, et quand j’ai eu des élèves qui avaient ce trouble.

Comment définir ce trouble?

Selon l’Inserm “les troubles du spectre de l’autisme (TSA) résultent d’anomalies du neurodéveloppement. […] Ils se manifestent par des altérations dans la capacité à établir des interactions sociales et à communiquer, ainsi que par des anomalies comportementales, en particulier une réticence au changement et une tendance à la répétition de comportements ou de discours.”

Dans mon expérience, les enfants présentant ces troubles avaient en commun un moyen d’apprentissage différent que les enfants sans ces troubles.

En approfondissant mes recherches sur le sujet, j’ai découvert également qu’ils ont développé plus l’hémisphère droit du cerveau que le gauche. Du coup ils apprennent mieux à travers des images et sons, que par le langage. 

Comme les tous petits, il faut privilégier le jeux et le langage non parlé pour qu’ils expérimentent et acquièrent l’information. Mais toujours d’après mon expérience, les enfants autistes vont “mémoriser” ce qui a été enseigné plus vite, voir, tout de suite. Bien sûr, à condition que ce soit lié à des images.

J’ai vu la différence, par exemple, quand je leur ai appris les figures rythmiques. 

Depuis quelques années j’avais fait des cartons avec des différentes figures rythmiques, auxquelles j’associé un mot et un mouvement. Cela marchait très bien pour les petits à partir de 3 ans, après quelques séances (1 à 3 mois environs). Mais avec les enfants autistes cela a été mémorisé tout de suite. C’était impressionnant.

Particularités

Je vous avoue que le premier jour d’atelier j’étais hyper nerveuse. Je ne savais pas du tout à quoi m’attendre. Surtout qu’on nous mettent en gare de toutes les choses qu’il peuvent arriver. Mais bien-sûr, ça, c’est juste le pire des tableaux! 

J’avais un garçon avec un sérieux handicap physique et une oreille absolue passionné de la musique, un autre qui ne parlais pas (mais il chantait!) avec une mémoire visuelle hors du commun et l’autre qui avait toutes ses facultés. Cela aussi me stressais, car je ne les connaissais pas, alors je ne savais pas de quoi ils étaient capables. Je ne voulais pas ni qu’ils s’ennuient, ni que ce soit frustrant pour eux.

Mais mon stress était en vain.

Un atelier d’éveil musical normal s’est déroulé sans aucune difficulté.

Les particularités que j’ai rencontré:

  • l’enthousiasme en puissance: quand ils aimaient quelque chose ils l’exprimaient fois dix, et c’était super agréable.
  • la passion: ils étaient très à l’écoute, demandants, même si, dû à leur trouble, ils me demandaient souvent la même chose.
  • des enfants très touchants: qui expriment leurs émotions de manière pure, malgré leur âge. Et je suis consciente que cela ne doit pas être facile à vivre tous les jours. Vu qu’avec les petits c’est difficile, mais ça passe à un moment donné, alors qu’avec eux ça ne passe pas… je ne sais pas s’ils arrivent à gérer leurs émotions un jour… mais ça c’est à voir avec un professionnel.

Le handicap physique n’a jamais posé des soucis. Le manque de langage parlé n’a pas posé des soucis. Le fait que j’ai un surdoué de la musique ça n’a pas posé de soucis.

Surtout on a passé des super moments. 

Quoi faire dans des ateliers de musique pour enfants autistes?

Comme je vous le disais avant, je n’ai pratiquement rien changé à mes habitudes. 

Les enfants que j’ai eu, même ceux que j’avais eu comme élèves auparavant, aiment ce que tous les enfants aiment.

La musique est un super exutoire pour eux, car c’est un moyen de communication non verbal idéal. 

A condition qu’on ne cherche pas de résultats (tout comme avec tous les enfants, d’ailleurs, chacun son rythme), on a des très bons résultats.

Alors si vous voulez mettre en place des ateliers de musique avec des enfants autistes, n’hésitez plus!! Et si vous voulez un coup de pouce, c’est par ici!

Racontez moi vos expériences avec des enfants autistes ou autre handicap dans les commentaires: qu’avez vous mis en place? quels étaient vos difficultés? quelles ont été vos joies? 

Puis à très bientôt!

Je vous souhaite du bonheur, de la sagesse et des rythmes soul.

 

Résoudre les conflits à travers la musique

Comment faire quand on n’est pas d’accord avec l’autre? Nos enfants se disputent entre eux, et ils sont parfois très violents. Mais nous, comment sommes-nous quand on se dispute? Peut-on résoudre des conflits à travers la musique?

Combien de fois vous êtes-vous senti à fleur de peau quand vous visitez vos beaux-parents, ou pire, vos parents? Vous êtes-vous déjà disputé avec votre frère ou sœur pour un désaccord? 

Selon votre histoire, vous avez envie de quitter les lieux le plus vite possible, vous avez envie d’être agressif avec eux, ou carrément tous les tuer…

Les relations entre les êtres sont tellement complexes. 

Tellement nécessaires pourtant.

Toutefois, les techniques de communication, de relation avec l’autre, ne sont pas au point.

Nous avons beau avoir internet, le téléphone, Skype et Whatsapp, nous ne savons toujours pas communiquer. 

Selon le Bouddhisme, l’autre est notre miroir: quand on voit quelque chose de négatif chez l’autre, c’est le négatif qu’on n’aime pas en nous. A condition que nous osions regarder ce miroir. Pour les points positifs c’est tout aussi vrai.

Cela fait un moment que je vois dans les forums et groupes de discussions, les mauvaises ententes entre les familles, les différentes générations, entre les fratries, entre voisins, entre syndicats et gouvernement, etc.

Mais aujourd’hui j’ai décidé de regarder un peu plus profondément ce miroir.

Juste pour voir…

Miroir, miroir, qui est la plus belle du royaume?

Tout a commencé avec la violence de mon plus jeune enfant.

Il n’a que deux ans et demie, donc sa gestion de la colère est vraiment très mauvaise. Puis, il a un modèle extra qui est sa sœur, qui lui a montré des trucs qui ne lui seraient pas venus à l’esprit s’il avait été le premier… Les avantages d’être le deuxième.

Le fait est qu’il n’arrête pas de traiter de méchant à tout le monde, il refuse tout d’un bloc tout le temps. Il crie quand il est contrarié, il donne des coups de pieds, frappe, mord et griffe. 

La total quoi…

Et vous savez quoi?

Nous en avons marre.

Alors ça explose à tout va, partout. Il y a des reproches à gauche et à droite. “Que tu l’éduques mal. Que tu ne l’éduques pas. Que tu es trop agressif. Que tu fais mal les choses.” Et bla bla bla et bla.

Vous connaissez la chanson. Je suis sûr que vous la connaissez.

Du coup je pris ma distance, et je me suis mise à réfléchir. Car il vaut mieux prendre une respiration et avoir un peu de distance pour y voir plus clair.

Mon enfant c’est moi

Les enfants sont le plus grand et magnifique miroir que nous avons. Et quand ils sont petits c’est encore plus flagrant.

Alors je me pose avec mon stylo, et j’écris tout ce qui me gène chez les autres. Tout ce que je perçois comme négatif. Les conflits que j’ai à l’intérieur qui sont reflétés à l’extérieur. Cette violence qui sort de mon enfant doit aussi sortir de moi. J’observe. Même si je n’aime pas.

Car pour trouver une solution l’observation s’impose.

Suite à l’écriture de toutes les causes de mes émotions, en utilisant une technique Gestalt de décharge, les idées s’éclaircissent.

Et si la violence de mon enfant venait de tout ce désaccord profond? La confusion qui peut causer le fait d’avoir des adultes qui ne sont pas d’accord entre eux. Les repères qui sont diffuses. Cela peut devenir insupportable. Surtout pour un petit de deux ans.

C’est ainsi que je respire, et je cherche une réponse dans la matière qui m’a plus accompagné dans ma vie: la musique.

Heal my world

Peu d’artistes ont réussi mieux à réunir autant de personnes et autant d’origines ou philosophies ou pensées politiques que Michael Jackson.

Je me souviens qu’un jour j’étais à Haussmann-Saint Lazare en train d’attendre le RER E. Il y avait plein de monde, comme toujours à Paris, mais pas comme en heure de pointe. Juste comme d’habitude.

Puis, tout d’un coup Heal the world résonne dans les hauts parleurs de la gare.

Au départ j’étais obnubilé par la chance que j’avais d’entendre cette chanson encore une fois. Ensuite je levais la tête et… TOUT LE MONDE CHANTAIT! 

Il n’y avait pas de visage qui ne chantait pas! Alors, chacun pour soi. Et personne n’avait l’air de s’en rendre compte. Mais on était tous ensemble, tous d’accord.

C’était tellement beau.

Du coup aujourd’hui je me suis souvenu de cette anecdote. Une solution pourrait venir de là. Car nous pouvons nous focaliser sur les désaccords. Mais nous pouvons aussi nous focaliser sur ce que nous sommes d’accord.

La chose dont nous sommes tous d’accord est qu’on veut le bonheur de nos enfants et le nôtre. C’est les méthodes qui différent…

Chanter pour dédramatiser

Je vous ai déjà parlé de cette technique de chanter pour chaque événement conflictif avec votre enfant. Méthode qui fonctionne très bien, mais j’avoue, nous ne sommes pas toujours dans le “mood” (l’humeur) de chanter. D’ailleurs si vous voulez en savoir plus sur cette astuce, vous pouvez lire mon article sur le quotidien ou sur une journée en musique.

Mais, même si on est fatiguée ou énervés, nous pouvons chanter alors ce que l’on ressent. Cela a double fonction: se défouler, casser avec la lutte de pouvoir qui peut s’organiser entre vous et votre enfant. 

Cela peut marcher avec les conflits que vous pouvez avoir avec les membres de votre famille ou belle-famille. Non pas de leur chanter ce que vous ressentez, mais de vous isoler et le faire de plein cœur. Si vous êtes instrumentiste vous pouvez faire de même avec votre instrument. Si c’est la danse ou la peinture que vous préférez, allez-y. Le tout est de “cracher le venin” en sûreté, dédramatisant la situation.

J’ai remarqué que quand je le fais, mes enfants se calment avec moi. Comme un bon miroir…

Frapper en rythme

Les musiciens les plus calmes sont souvent les batteurs. Bah oui, pas besoin de s’énerver eux… ils ont des battons et des tams tams sur qui se défouler! 🤣

Blague appart, il y a un exercice de communication avec des percussions qui adorent les enfants, et éclatent les adultes.

On s’assie en ronde, chacun avec une percussion quelconque, et on joue d’abord au chef d’orchestre pour bien se centrer dans le groupe. Un chef joue quelque chose, et les autres doivent suivre. Le chef tourne jusqu’à ce que tout le monde ait été chef.

La suite est de jouer les émotions que l’on ressent. Un chef joue, et les autres essayent de l’accompagner. Cette fois-ci ce n’est pas de l’imitation, mais de l’accompagnement. A nouveau, le chef change jusqu’à ce que tout le monde ait passé.

Je ne pense pas que ce soit un exercice bienvenu au repas de Noël, mais vous pouvez toujours essayer. Résoudre les conflits familiaux à travers la musique dans les réunions de famille doit être trop beau. Mais perso, je n’ose pas du tout le proposer. Par contre, si jamais vous le faites, n’hésitez pas à l’enregistrer et nous l’envoyer. Cela va nous inspirer très certainement! 🤣

Conclusion (oui, je n’ai pas trouvé de titre plus cool… désolée)

💖 Nous voulons tous le bonheur, mais nous avons tous de différents concepts du bonheur, et de voies différentes pour y arriver.

💖 La musique peut calmer ou énerver les masses, mais c’est un excellent moyen de communication non verbale pour s’exprimer en toute sûreté.

💖 Les enfants reflètent vos états d’âme. Si jamais ils ne vont pas bien sans raison apparente (cela ne vient pas de l’école, d’une maladie ou situations qui leur est arrivé), regardez-vous: ça va bien, vous?

💖 Si jamais vous avez vraiment besoin d’aide extérieur, je peux peut-être vous aider. Contactez-moi ici.

Surtout, n’hésitez pas à partager ce que vous avez pensé de l’article, vos techniques pour résoudre des conflits, et les chansons qui vous aident à prendre du recul pour y voir plus clair!

D’ici là, je vous souhaite du bonheur, de la sagesse, et du rythme samba.

 

 

Les instruments à vent (comment les aborder 3/3)

Comment aborder les instruments à vent avec votre enfant? 

Voilà la famille d’instruments qui me manquais. J’ai laissé longtemps de côté ma trilogie sur les instruments de musique. Mais aujourd’hui j’ai enfin décidé d’en finir.

Si vous voulez voir les autres articles sur les instruments, vous pouvez cliquer ici pour les percussions, et ici pour les cordes.

En effet c’est la troisième famille d’instruments qu’on apprendra à aborder, et la dernière. Cela est important de voir toutes les familles pour avoir une idée de toutes les possibilités que l’on a, à l’heure de choisir un instrument. 

Souvent on se limite à montrer les instruments les plus connus comme la guitare et le piano, en oubliant complètement ces instruments.

Ils sont pourtant des bons outils pour apprendre à respirer, car pour les jouer, en exception des instruments comme l’accordéon ou l’orgue, nous avons besoin de notre souffle. Du coup ils nous exigent d’avoir une conscience de notre corps plus importante que les autres familles. Même si, pour bien jouer les autres instruments, il faut aussi savoir bien respirer. Pour les instruments à vent, comme leur nom l’indique, la respiration correcte est obligatoire.

C’est aussi à la fois ma famille de prédilection, et de rejet en même temps. Je suis chanteuse, donc je joue un instrument à vent et j’adore le son des cuivres, de la clarinette, de la flûte traversière et à bec. Mais j’ai aussi beaucoup de mal à en jouer… paradoxal, non?

Instrument à vent: qu’est-ce que c’est?

Selon Wikipédia, les instruments à vent sont des instruments de musique “dont le son est produit grâce aux vibrations d’une colonne d’air provoquées par le souffle d’un instrumentiste (flûte, trompette… ), d’une soufflerie mécanique (orgue, accordéon) ou d’une poche d’air (cornemuse, veuze… ).”

Pour les identifier je demande toujours aux enfants: est-ce qu’il a besoin d’air pour sonner? si oui, c’est un instrument à vent, si non, ce ne l’est pas. Aussi simple que ça. 

Vraiment?

Non, ce n’est pas toujours aussi simple de reconnaître qu’un instrument est à vent ou pas. Car les apparences trompent, même dans la musique!

Traditionnellement on classe ces instruments en plusieurs clans: celle des bois, celles en cuivre, les voix, et les mécaniques.

Au contrario de ce qu’on pourrait comprendre des noms des catégories, cela n’a rien à avoir avec le matériel qu’on a utilisé pour construire ces instruments. En effet, ils sont classés selon leur mode de production de son. 

Les bois sont les instruments à vent dont le son est produit par vibration d’une anche ou à travers un biseau“, selon Wikipédia. Alors que les cuivres sont les instruments dont leur son vient des lèvres de l’instrumentiste. Les voix sont les instruments qui sont dans notre gorge, bah oui… aussi simple que ça… pour une fois… Puis les mécaniques qui utilisent une combinaison de systèmes comme l’orgue de Barbarie.

Ok. Tout ça sonne très bien, mais… c’est quoi tout ça?

Définition pour petits apprentis (et grands, avouons-le 😋)

 

Voici un lexique qui nous vient droit des profondeurs du dictionnaire Larousse (tout ce qui se trouve entre guillemets)  avec une traduction spécial Petit Doremi pour celles qui sont en langage trop-dur-pour-un-enfant :

Vibration: “mouvement d’oscillation rapide, modulation d’un son, d’un timbre”. Pour l’illustrer voici en images:

Dans la vidéo ce sont des cordes qui vibrent, mais le son fait pareil avec l’air. C’est la vibration de la membrane que nous avons dans l’ouïe produite par l’air qui fait le son. Cette membrane nous l’appelons tampon. La voici en images:

La membrane appelé tampon étant la flèche qui indique le numéro 2, juste avant l’escargot qui est l’oreille interne.

Vous  pouvez les montrer facilement aux petits avec un élastique ou juste une feuille, que vous ferez vibrer, pour produire un son. 

Anche: “Languette de roseau, de bois ou de métal, dont les vibrations produisent le son dans les instruments à vent.” Vous pouvez les voir ici.

Biseau: “Pièce de bois ou de métal taillée en plan incliné, placée dans l’embouchure de la flûte à bec ou de certains jeux de l’orgue et qui provoque la mise en vibration de la colonne d’air contenue dans le tuyau.” En gros c’est comme une anche, mais fixe… On ne trouve pas de lamelle dedans. Ce sera la forme qui fera la différence des sons.

Vous pouvez montrer aux enfants, pour illustrer un peu mieux le biseau, en soufflant dans différentes bouteilles avec des embouchures différentes. Ce n’est pas exactement ça, mais ça fait comprendre un peu mieux aux petits!

Super! Avez-vous survécu? Vous êtes toujours là? Voici une petite vidéo pour vous encourager à continuer à lire:

Mesdames et messieurs, voici les noms des instruments!

 

Le moment tant attendu est arrivé. Voici les instruments à vent par famille:

Les bois

 

La flûte à bec, si aimé des générations et des générations en France. Pourtant un instrument pas facile à jouer, ou du moins, ce n’est pas facile d’en sortir un joli son, mais quand on y arrive, il est tellement beau!

La flûte de pan: ensemble de tuyaux sonores de différentes tailles, on en trouve dans tous les continents.

La flûte traversière: voici un exemple (en plus du trombone) avec Solehya que j’ai interviewé ici.

Quena:

La harmonica:

L’accordéon: instrument où l’on ne doit pas souffler mais avoir une bonne indépendance de membres.

Le bandonéon: 

Pour la clarinette ce sera my friend Tony qui vous fera une démonstration:

Le saxophone:

Le haut-bois: plus connu dans Pierre et le Loup comme le chat…

Pour finir avec les bois, je vous présente le basson (le craint Grand Père en Pierre et le Loup). D’ailleurs, cette vidéo vous explique très bien l’instruments et les anches:

Ensuite vient la famille des cuivres , et je commencerai par la trompette:

Du coup je ne peux pas éviter de vous mettre Miles! De loin mon préféré… 😊

Ensuite le cornet à bouquin:

Le didgeridoo:

L’olifant: vous allez entendre l’instrument le plus mélodieux qui existe dans cette planète, bonne écoute! (D’ailleurs, dans les commentaires je veux savoir combien de temps avez vous écouté cette vidéo 😉)

Je finirai la présentation des soufflants par les mécaniques.

Voici le limonaire:

Et l‘orgue de Barbarie!

Voici donc les instruments à vent. Bien sûr cela ne vous exempte pas d’aller à la cité de la Musique quand vous êtes sur Paris et voir tous ces instruments et les autres familles en vrai. Le musée est super bien fait, et souvent vous avez des musiciens qui présentent leur instrument en plus. C’est une excellente idée de sortie avec les petits, et les moins petits aussi!

Puis, il ne faut pas oublier les concerts! Bientôt j’ouvrirai une rubrique spectacle musical pour petits où vous pourrez découvrir tous les instruments mais en condition réelle!

Pour se soutenir avec des livres, vous pouvez tester Noumba, que les tout petits adorent:

Ou alors, vous avez la flûte enchanté:

Pour connaître la cornemuse:

En espérant qu’avec cet article vous savez un peu plus des instruments à vent, et que vous avez suffisamment des pistes pour les aborder avec vos petits!

Dites-moi quelles autres idées avez-vous eu pour les aborder en commentaires!

Je vous souhaite du bonheur, de la sagesse et du rythme cha cha cha.

 

 

Comptines du monde pour enfants

Les comptines du monde pour enfants vous attirent? Vous ne savez pas comment les aborder avec vos enfants?

Dans cet interview Sandra Ellama vous dit tout sur les comptines du monde pour enfants et l’importance qu’elles peuvent avoir dans la vie de votre petit.

Vous pouvez écouter l’interview ci-dessus en cliquant sur play, ou vous pouvez voir la transcription ci-bas.

Bonjour je suis Eirene de Petit Doremi, bienvenue!

E: Bonjour Sandra comment ça va?

S: Bonjour Eirene ça va très bien, bonjour Eirene, et toi, j’espère que tu vas bien?

E: ça va, merci! Sandra Ellama tu es musicienne, tu joues de la flûte traversière. Tu es aussi auteur-compositeur. Est-ce que tu pourrais nous dire les projets que tu as?

S: J’ai en tant que flûtiste traversière j’ai un projet sur la musique réunionnaise. Le style c’est Gamaloya, qui s’appelle Solehya (le groupe). Le deuxième projet qui s’appelle Dez’akor davan qui est un style nawa et réunion.

Puis après j’ai d’autres petits projets comme musique classique et musiques actuelles, avec un quatuor des flûtes traversières, une fanfare de musique réunionnaise. Je joue aussi dans un cirque avec des Colombiens.

Après je suis flûtiste dans d’autres projets, comme la chanson française avec Solveig et musique brésilienne Riviera.

E: Tu es aussi prof de flûte traversière et d’éveil musical.

S: Oui, aussi d’atelier ado et de formation musical.

E: tu travailles où?

S: je travaille à l’EDIM, une école qui est à Cachan? J’ai aussi mon association pour tout ce qui est stage qui s’appelle Kiffer en musique.

E: tu fais des stages de musique du monde pour les petits?

S: Voilà, pour les 3-6 ans. Des stages de musique du monde à l’EDIM et dans les écoles primaires et maternelles.

E: pourquoi te semble important d’enseigner des chansons étrangères ? les comptines du monde?

S: c’est pour permettre aux enfants d’avoir une ouverture sur des styles qui n’entendent pas forcément à la radio ou chez eux. Pour les emmener dans un autre monde, parce que les enfants utilisent beaucoup l’imaginaire. Ils sont très créatifs, donc, pour les emmener dans un pays qui ne connaissent pas par le biais de la musique, le rythme et la langue.

E: est-ce que le fait d’apprendre des chansons étrangères ça donne une ouverture d’esprit en plus, selon toi?

S: oui. Parce qu’en plus d’apprendre la chanson, mon objectif c’est d’expliquer aux enfants d’expliquer comment les enfants vivent là bas. A quoi servent les chansons, qu’est ce qu’elles racontent. Quand je fais des chansons sur la Réunion, qui est mon nid d’origine, j’explique aux enfants pourquoi ils chantaient ça, dans quelle époque c’était chanté. Je trouve que c’est bien qu’ils voient d’autres modes de vie d’enfant, d’autres cultures. 

E: qu’est-ce que c’est la musique du monde? Pourquoi on l’appelle comme ça?

S: pourquoi on l’appelle musique du monde, bonne question. Toutes les musiques sont des musiques du monde, de toutes façons même la musique française c’est de la musique du monde. C’est la musique des différentes cultures, différentes origines, différentes ethnies, différents pays. 

E: est-ce que les petits sont réceptifs à cette musique là, même s’il ne comprennent pas la langue?

S: oui. Très réceptifs. Parce que justement l’enfant, surtout les 3-4 ans, et 5 ans, ils aiment inventer des mots. Ils aiment parler dans leur propre langue parfois. Si on les écoute bien ils aiment inventer des mots, pas parler français. C’est amusant pour eux. Ils sont très réceptifs surtout si on emmène ces chansons par le biais d’histoires qui concernent ces chansons, oui ils sont réceptifs. 

E: comment tu fais pour apprendre ces comptines du monde aux petits justement, quels astuces pourrais tu donner à de non musiciens?

S: Quelques astuces pour apprendre des chansons du monde c’est la danse d’abord. Danser sur ces chansons, faire écouter l’enfant les chansons. Voir leur réactions. Normalement tout ce qui est chanson du monde les enfants, pas tous mais en majorité, adorent danser.  Donc, je fais écouter les chansons, ils dansent dessus. Je raconte l’histoire en français de ce qu’elle raconte cette chanson. Ensuite lentement je chante la chanson. Afin qu’il puissent répéter après moi les mots. 

Des chansons très simples pour les enfants de trois ans. Il ne faut pas aussi que ce soit avec beaucoup de paroles. Des chansons simples qui parlent de l’amitié qui est du Mali. Ça s’appelle Amiyé. Ça fait: ami, ami, amiyé. Donc le fait déjà de dire “ami” c’est déjà français. Donc il faut simplement ramener le yé. C’est facile. Ce sont des astuces de prononciation, d’accentuation et surtout expliquer aux enfants  de quoi parle la chanson. Donc ça, la danse et le rythme.

L’astuce pour le rythme c’est utiliser des mots français. Par exemple quand j’enseigne la musique knawa, la musique Belbère, d’Algérie et Maroc. Quand on dit le rythme (écouter le podcast pour avoir le rythme) tac tacatac, tac tacatac que font les karcabout. Je dis aux enfants: “vous mangez des bonbons? ” “oui!” “vous connaissez les fraises Tagada?” “oui!” “Fraises tagada, fraises tagada”. Pour les 5-6 ans on dit ça, ou même pour les tout petits, on dit des mots qu’ils connaissent, qu’ils voient tous les jours, qu’ils mangent. Surtout les bonbon ça marche bien, très très bien. 

E: est-ce que les langues étrangères ne risquent pas de confondre les petits qui ne maîtrisent pas encore le français? JE pense notamment aux tous petits, ceux qui rentrent à l’ecole en petite section. 

S: Non parce que c’est quelque chose de ponctuel. Ce n’est pas une langue qu’ils vont entendre parler toute la journée chez eux. C’est un problème qu’on rencontre à la Réunion. Pour les enfants Réunionnais. Où chez nous, pas moi parce que mes parents parlent le Français, mais dans les familles purement Réunionnaises qui parlent la langue Réunionnaise, à la maison le Français ce n’est pas du tout la langue que les  parents maîtrisaient, ils parlent que Réunionnais, et à l’école c’est Français. Donc là oui ça crée un déséquilibre pour l’enfant. Mais là comme c’est des stages ponctuels ça ne va déranger ou changer quoi que ce soit, ni influencer, ni déséquilibrer l’enfant dans l’apprentissage de la langue Française. Ce ne sera pas une langue maternelle pour eux. 

Et aussi ça n’aura pas d’influence ni de déséquilibre,  parce que je pense que les enfants sont des éponges. On peut leur apprendre ce qu’on veut, ils vont enregistrer. Mais si ce n’est pas quelque chose de récurrent, ce n’est pas de tous les jours, ils vont même oublier. 

E: Est-ce que les rythmes sont trop difficiles?

S: Pour l’enfant rien n’est difficile si on aborde ça de manière ludique. Sous forme de jeux. Comme je l’ai dit tout à l’heure, apprendre un rythme qui est très complexe pour les adultes, il suffit de mettre un nom de bonbon dessus et les enfants vont avoir ce rythme. Comme les triolets, c’est très dur, il suffit de dire, pas les triolets, j’avais fait un rythme latin: la clave. J’ai dit aux enfants on pense à chocolat, gâteaux, chocolat, gâteaux. Parce que dans la chanson ça parlais de chocolat et des gâteaux. Donc par les biais des mots que les enfants connaissent, qui comprennent, on peut tout leur faire apprendre. Les enfants sont des éponges. 

E: est-ce que l’adulte doit savoir parler la langue pour apprendre à chanter la chanson avec le petit?

S: Non. Moi il y a plein de chansons que je chante que j’ai les traductions, mais je ne parle pas cette langue, je ne maîtrise pas cette langue. Il suffit de pouvoir le prononcer phonétiquement par une transcription phonétique est suffisante. Avoir le texte écris dans la langue. Il n’y a pas besoin d’apprendre cette langue puisque la musique knawa, la musique brésilienne, la musique réunionnaise, il faudrait avoir toutes ces cultures, toutes ces langues. Donc non, non, ce n’est pas obligé. 

E: est-ce que c’est bien de traduire ces chanson pour savoir ce qu’elle disent?

S: oui, c’est bien parce que ça permet de mettre la chanson dans leur contexte. Et puis bien sûr on choisit des chansons pour les enfants, donc ce sont des chansons qui soit racontent une histoire de conte, soit qu’il racontent une vie d’un enfant dans un pays. C’est important qu’ils connaissent. Pour les 3-5 ans, moi ce que je conseille c’est de le faire sous forme d’histoire. 6 ans on peut leur expliquer en disant cette chanson ça raconte cet histoire là, même eux il faut l’introduire sous forme d’histoire. Ça permet de faire une introduction à la chanson.

E: est-ce que c’est fondamentale de traduire les comptines du monde pour apprendre la chanson?

S: de traduire? fondamentale, non. Puisqu’on va utiliser surtout l’oralité, la chanson au niveau auditif, au niveau de l’audition. Pour pouvoir la chanter, pouvoir transmettre les émotions que la chanson donne. Ce n’est pas la traduction qui va à apporter ça. Ce qui est important dans cette traduction c’est de pouvoir faire l’histoire autour de cette chanson. Mais traduire pour apprendre la chanson, non. C’est vraiment pour voir le contexte de la chanson et voir ce qu’elle raconte. 

E: où est-ce qu’on peut te trouver Sandra? où peut-on te trouver en tant que prof et en tant que musicienne?

S: on peut me retrouver sur le site de Solehya. Sur YouTube vous pouvez voir des vidéos, des audios. Sur Facebook, Soundcloud.